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Trouver la mesure du bien-être

Des écoliers de Port-au-Prince, en Haïti. L’éducation de la population d’un pays est un des facteurs dont devrait tenir compte une mesure du bien-être des peuples qui irait au-delà des indices économiques habituels.
Photo : Agence Reuters
Des écoliers de Port-au-Prince, en Haïti. L’éducation de la population d’un pays est un des facteurs dont devrait tenir compte une mesure du bien-être des peuples qui irait au-delà des indices économiques habituels.
L'OCDE, la Commission européenne, l'ONU ainsi que d'autres grandes institutions internationales ont convenu, en fin de semaine, de travailler ensemble à la mise au point de nouveaux instruments de mesure du bien-être des peuples qui iraient au-delà des indicateurs économiques habituels.

«Parce que nous mesurons le PIB par habitant, nous pensons savoir si les gens sont satisfaits ou non», a déclaré samedi Angel Gurria, secrétaire général de l'Organisation de coopération et de développement économiques, en tombée de rideau du 2e Forum mondial de l'OCDE sur les statistiques, les connaissances et les politiques qui s'est tenu pendant quatre jours à Istanbul, en Turquie. «En fait, dans quelle mesure les dirigeants sont-ils informés de ce que veulent, ressentent et croient les gens?», a-t-il poursuivi avant d'en appeler à la mesure, puis à la promotion «du progrès des sociétés sous toutes ses formes» grâce à un ensemble d'indicateurs clés tenant compte des facteurs économiques comme l'emploi, la productivité et le pouvoir d'achat, mais aussi de la santé, de l'éducation ou encore de l'environnement.

Dans une déclaration commune, l'OCDE, l'ONU, la Commission européenne, l'Organisation de la conférence islamique et la Banque mondiale en ont également appelé aux experts, politiciens et organisations de chaque pays à définir avec la population ce que «le progrès veut dire au XXIe siècle [...] afin de produire des informations fiables et rigoureuses permettant de se faire une idée commune du niveau de bien-être dans la société et de son évolution au fil du temps».

On espère en arriver à des indicateurs suffisamment ressemblants pour permettre la comparaison entre pays. On cite, en exemple, le système d'indicateurs adopté aux Nations unies pour les Objectifs du millénaire. On s'engage à aider les pays pauvres à avoir les capacités financières et techniques de faire ces mesures.

«En cette ère d'information, le bien-être dépend en partie du caractère transparent et imputable de la politique publique, ont affirmé les signataires de la Déclaration d'Istanbul. L'accès à des indicateurs statistiques sur la réalité économique, sociale et environnementale, ainsi que leur diffusion auprès des citoyens peut contribuer à la promotion d'une bonne gouvernance et à l'amélioration des processus démocratiques.»

Le premier forum de l'OCDE sur le sujet s'était tenu à Palerme en 2004. Sa seconde édition a attiré près de 1000 participants. On y a constaté un malaise grandissant dans le monde à l'égard de la façon généralement utilisée pour mesurer le progrès. Des économistes et statisticiens de partout y ont comparé leurs nouvelles méthodes et indicateurs.

Parmi les diverses idées à l'étude, l'OCDE envisage la création d'un site Internet de deuxième génération comme celui de l'encyclopédie interactive Wikipedia ou celui de la vidéothèque ouverte YouTube. Le site viserait à rendre accessible au plus grand nombre possible ce que l'on sait sur la qualité de vie dans les différents pays. Il servirait aussi de lieu de discussion et de débat sur la meilleure façon d'améliorer ces indicateurs.

Nouvel indice canadien cet automne

Ses agences de statistiques de réputation internationale ont valu au Canada d'être l'un des pays aux avant-postes de cette démarche visant à mettre au point un nouvel indice du degré de bonheur des nations.

«Lorsque je regarde le monde aujourd'hui, je sens souvent que la politique publique est de moins en moins en contact et en résonance avec les valeurs essentielles des citoyens», a déclaré samedi, lors de la conférence de clôture, Roy Romanow. L'ancien premier ministre de la Saskatchewan est l'un des initiateurs d'un projet visant à définir un «indice canadien du mieux-être».

Selon lui, le réchauffement climatique, l'avenir de notre système de santé, la diversité culturelle et la mondialisation sont autant d'enjeux qui obligent nos gouvernements et toute la société à s'adapter. «Nous savons que ce que nous comptons, mesurons et rapportons forge souvent notre perception à savoir si nous améliorons notre qualité de vie, si nous travaillons à un monde meilleur pour nous, les générations à venir, et ce que nous devons changer. Mais trop souvent, nous mesurons notre degré de bien-être à l'aune d'indicateurs économiques bien trop étroits.»

Le futur indice canadien devrait, par exemple, couvrir sept domaines ayant chacun leur série d'indicateurs. Ces sept domaines en question sont: le niveau de vie, l'emploi du temps, la santé, l'environnement, l'éducation, la vie communautaire et l'engagement civique. Le dévoilement du premier rapport d'évaluation est prévu cet automne.
 
 
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  • Marc Tremblay - Inscrit
    4 juillet 2007 09 h 14
    Roy Romanow n'en est pas à sa première erreur
    Ce politicien soutient que les principaux enjeux de ce siècle sont : le réchauffement climatique, la mondialisation, l'avenir de notre système de santé et la diversité culturelle. Je pense que le principal enjeu de notre siècle et pour notre avenir en tant que Terriens est que 2 milliards de gens crèvent de faim, 3 milliards ont peine à survivre et les 2 autres comme les Occidentaux sont repus, pour ne pas dire gavés. Ce constat constitue une véritable mégabombe atomique qui menace notre avenir.

    La mondialisation: elle peut se dompter, dans la mesure où on laisse pas les multinationales sauvages tout accaparer; le système de santé Parle t'il de celui des pays occidentaux ou du Canada?. Il faut pas oublier que, par exemple, au Québec, où le budget est de 25 milliards de $, la moitié va en bureaucratie pas très utile. Le réchauffement climatique: peu importe si c'est un phénomène naturel ou si c'est la faute des humains( mettons que c'est 50%-50%), il y a des solutions. La diversité culturelle: elle est sauvée grâce à la France et surtout au Québec. heureusement, il parle de l'éducation, car elle constitue une donne importante.

    M.Romanow a contribué à détériorer les relations Québec-Canada, n'ayant comme son acolyte Trudeau, jamais reconnu que le Canada est constitué de deux nations, à part les Amérindiens. Est-il encore le bon personnage pour proposer et faire accepter des mesures pour améliorer le sort de notre planète?. Je ne demande qu'à être convaincu.

    Marc Tremblay
    Québec
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  • Jean-Pierre Aubry - Abonné
    4 juillet 2007 09 h 46
    Le PIB une mesure importante mais limitée
    Dans nos sociétés, nous utilisons beaucoup trop le Produit Intérieur Brut (PIB) comme une mesure de performance. Cette statistique mesure la valeur économique de ce que nous produisons, mais elle est peu utile pour mesurer le bien-être de la population.

    Le naufrage de l'Exxon Valdez peut engendrer une augmentation du PIB parce que des ressources sont utilisées et payées pour nettoyer les plages. Un feu de forêt peut lui aussi engendrer une augmentation du PIB parce que le gouvernement paie des personnes et utilise de l'équipement pour l'éteindre. Une hausse de la criminalité peut elle aussi engendrer une hausse du PIB parce que la population et les entreprises paient davantage de ressources à un prix élevé pour se protéger. Pourtant, dans ces trois exemples nous observons une baisse dans la qualité de notre environnement.

    Nous avons besoin que d'autres statistiques s'ajoute au PIB pour mesurer l'apport de divers facteurs à notre bien-être et à notre richesse collective, mesure de la qualité de l'air et de l'eau, mesure de l'évolution du stock de nos ressources naturelles, mesures liées à la santé de la population, mesure du niveau de sécurité de la population...

    Je ne peux qu'applaudir la décision des gouvernements de faire plus de recherche dans ce domaine.

    Jean-Pierre Aubry
    Président du Comité des politiques publiques
    Association des économistes québécois
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  • l poisson - Inscrite
    4 juillet 2007 11 h 58
    Erreur non-corrigée de 0.1% de l'IPC de 2001 à 2006: PAS GRAVE
    Au Canada on devrait être statistiquement heureux de vivre dans le "plusse meilleur" pays.
    Avec notre mythologie confédérative canadienne faite de péréquation, de paiements de transfert avec ou sans désiquilibre fiscal et tout le "tralala", pas étonnant que nos agences de statistiques se soient acquises une réputation internationale.
    En fait c'est peut-être notre candeur collective qui devrait faire notre réputation. Surtout au Québec.
    Ainsi sous-estimer officiellement l'IPC de 0,1% durant 5 ans c'est pas grave. J'aimerais connaître la réaction du milieu des affaires si l'IPC avait été surestimé...
    Voici comment Radio-Canada rapportait cette erreur dans une placide émission économique de la première chaîne. Aucune mention à ma connaissance au bulletin d'information alors qu'on nous rabat mensuellement les oreilles avec "le" taux d'inflation (en évitant soigneusement de faire écho aux fréquentes modifications dites méthodologiques):

    "Statistiques Canada a admis avoir mal calculé l'inflation au pays depuis cinq ans. L'erreur totale est d'un dixième de point. (...)
    La Banque du Canada a réitéré sa confiance en l'organisme, mais certains économistes ont émis des réserves.
    Cette erreur de calcul provient d'une mauvaise programmation informatique qui a faussé les données sur les chambres d'hôtel. On pensait que leur prix moyen de location avait diminué, mais c'est plutôt le contraire.
    Or, l'erreur a été assez importante pour fausser l'indice des prix à la consommation (IPC), sous-estimé de 0,1% entre 2001 et 2006.
    L'écart n'a pas été assez important pour fausser les taux d'intérêt. Rappelons que la Banque du Canada utilise entre autres l'IPC pour établir ses taux.
    Toutefois, l'index est aussi utilisé pour calculer les hausses salariales, les pensions alimentaires, etc. Ainsi, on devra corriger la formule. Toutefois, pour ne pas semer la pagaille, il n'y aura pas de révision rétroactive des conventions collectives basées sur l'IPC, car le coût social serait trop énorme.
    Dans le domaine hôtelier, entre 2001 et 2006, Statistiques Canada parlait d'une baisse des prix de 16%. En réalité, ce serait plutôt une hausse de 32%. L'Association des hôteliers est toujours à étudier les chiffres pour voir si elle doit renoncer à certaines hausses de tarifs. "

    Goebbels aimerait sans doute se réincarner en statisticien.
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  • Gabriel RACLE - Inscrit
    4 juillet 2007 16 h 38
    Bonheur et bien-être
    « Ses agences de statistiques de réputation internationale ont valu au Canada d'être l'un des pays aux avant-postes de cette démarche visant à mettre au point un nouvel indice du degré de bonheur des nations », écrit donc Éric Desrosiers dans cet article : « Trouver la mesure du bien-être ». Est-ce possible?

    Il ne faudrait pas confondre bien-être et bonheur. Le bien-être, qui consiste à être bien, peut être assuré dans une société par tout un ensemble de facteurs externes à une personne : un environnement sain, une éducation accessible et solide, des emplois disponibles, des services de santé adéquats, un cadre social ouvert, tolérant, non discriminatoire, la stabilité politique, la croissance économique, une véritable démocratie, la liberté d'expression, de religion, etc. La liste peut être longue et l'on conçoit qu'il soit possible de raffiner des indicateurs qui donnent une idée plus précise du bien-être que la société apporte aux citoyens qui s'y trouvent. Avec de tels indicateurs, l'action politique des gouvernements peut s'organiser en vue d'assurer même un mieux-être à ses citoyens.

    Mais cela n'assure pas forcément le bonheur des citoyens, Car, si le bien-être est une notion collective, sociale, le bonheur est une notion individuelle et relève de la personne. Le bonheur d'une personne résulte de ses actions, de ses attitudes, et non d'éléments extérieurs. « Il ne dépend pas des conditions externes, mais plutôt de la façon dont elles sont interprétées », comme le fait remarquer Mihaly Csikszentmihalyi dans « Vivre. La psychologie du bonheur » (Robert Laffont). « Un événement favorable ne rend pas nécessairement heureux et un événement défavorable ne rend pas nécessairement malheureux. C'est la façon d'interpréter ces événements qui compte : on peut éprouver de l'angoisse ou de la frustration après avoir gagné de l'argent (« le fisc ne va-t-il pas m'en prendre la plus grande partie » ou « si j'avais eu plus de chance j'en aurais gagné le double »...) ; on peut éprouver de la joie après un grave accident (« ah, je suis toujours vivant et mes projets ne sont pas remis en cause !) »
    Une nation peut donc offrir à ses citoyens le meilleur bien-être possible, et il est souhaitable qu'elle le fasse. On pourrait alors parler d'une nation prospère, heureuse même, avec d'ailleurs des variations considérables selon les groupes sociaux, si tant est qu'il ne s'agisse pas d'une utopie. Mais, dans les études qui ont pu être faites, on n'a jamais établi de corrélation entre le produit intérieur brut (PIB) d'un pays et le nombre de ses ressortissants qui se déclarent heureux.
    Mesurer le bien-être des peuples, comme voudraient le faire de meilleure façon, grâce à des nouveaux indicateurs, l'OCDE, la Commission européenne, l'ONU et d'autres grandes institutions internationales, est une chose utile et nécessaire, pour fournir aux gouvernements un instrument d'évaluation de leurs politiques. Mais de-là, à mesurer le bonheur d'une nation et surtout de ses citoyens, c'est tout autre chose. La psychologie du bonheur n'entre pas encore dans les statistiques et n'est pas prête d'y figurer.
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