États-unis - La crise de l'immobilier pourrait frapper du côté des marchés
21 juin 2007
Actualités économiques
Photo : Agence Reuters
Une fermeture des deux hedge funds du courtier Bear Stearns pourrait avoir de grandes conséquences pour Wall Street et les investisseurs, alors même que les Bourses affichent une santé éclatante.
Washington — La crise de l'immobilier américain, qui semblait indolore au vu de ses faibles répercussions sur la consommation, pourrait menacer l'économie sur un autre front: celui des marchés financiers.
Deux fonds spéculatifs américains se trouvent aujourd'hui dans une situation très délicate après avoir investi massivement dans les prêts immobiliers à risque (dits «subprime»). Selon le Wall Street Journal d'hier, ces deux hedge funds du courtier Bear Stearns, qui détenaient il y a peu un portefeuille évalué à 20 milliards $US, pourraient tout bonnement fermer, victimes de la chute de la valeur des titres adossés aux emprunts immobiliers.
Une fermeture «pourrait avoir de grandes conséquences pour Wall Street et les investisseurs», met en garde le quotidien, alors même que les Bourses affichent une santé éclatante.
Cette affaire vient brutalement rappeler que la crise de l'immobilier, qui dure depuis plus d'un an, pourrait affaiblir l'économie par des chemins détournés.
Les économistes s'étaient félicités de voir que les difficultés du secteur n'arrivaient pas à faire dérailler la consommation des ménages, premier moteur de la croissance. Ils craignaient que les ménages, par pessimisme et par manque de moyens, ne réduisent leur train de vie. Mais la menace semble s'être déplacée.
La crise du secteur est surtout concentrée sur le segment des emprunteurs à risque, ces ménages les plus fragiles financièrement qui se sont vu accorder des prêts providentiels aux riches heures de la bulle immobilière. À coup de taux ajustables et de montages acrobatiques, une large partie de la population a pu emprunter. Les créanciers, de leur côté, étaient poussés à prêter à tour de bras par les marchés de plus en plus friands de placements risqués — mais juteux.
On se rend compte aujourd'hui des dangers de ces pratiques. Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Rodrigo Rato, s'est inquiété mardi de la «sous-estimation de l'ampleur des risques par certains participants» et de l'«oubli téméraire des risques par certains autres».
L'affaire se complique du fait que l'argent investi sur ces marchés est en très grande partie emprunté ailleurs, d'où le danger d'un effet boule de neige.
Pour que la crise se digère en douceur, il faudrait que le secteur immobilier se rétablisse progressivement. Les économistes y croyaient il y a quelques semaines, mais les derniers indicateurs ont douché leur enthousiasme.
La confiance des constructeurs de logements est tombée en juin au plus bas en seize ans, le stock de logements invendus ne cesse de gonfler, et les taux d'emprunt sur trente ans ont bondi de plus d'un demi-point en cinq semaines. Cela «laisse penser que l'investissement dans la pierre va continuer de baisser et contribue aux inquiétudes sur la viabilité des crédits "subprime" émis récemment», affirment les analystes de Goldman Sachs dans une note.
Le président de la banque centrale, Ben Bernanke, avait lui aussi mis en garde début juin contre une crise durable. «Nous risquons de voir une hausse des défauts de paiements et des faillites cette année et l'année prochaine, au fur et à mesure des ajustements des prêts immobiliers "subprime"», avait-il affirmé.
Deux fonds spéculatifs américains se trouvent aujourd'hui dans une situation très délicate après avoir investi massivement dans les prêts immobiliers à risque (dits «subprime»). Selon le Wall Street Journal d'hier, ces deux hedge funds du courtier Bear Stearns, qui détenaient il y a peu un portefeuille évalué à 20 milliards $US, pourraient tout bonnement fermer, victimes de la chute de la valeur des titres adossés aux emprunts immobiliers.
Une fermeture «pourrait avoir de grandes conséquences pour Wall Street et les investisseurs», met en garde le quotidien, alors même que les Bourses affichent une santé éclatante.
Cette affaire vient brutalement rappeler que la crise de l'immobilier, qui dure depuis plus d'un an, pourrait affaiblir l'économie par des chemins détournés.
Les économistes s'étaient félicités de voir que les difficultés du secteur n'arrivaient pas à faire dérailler la consommation des ménages, premier moteur de la croissance. Ils craignaient que les ménages, par pessimisme et par manque de moyens, ne réduisent leur train de vie. Mais la menace semble s'être déplacée.
La crise du secteur est surtout concentrée sur le segment des emprunteurs à risque, ces ménages les plus fragiles financièrement qui se sont vu accorder des prêts providentiels aux riches heures de la bulle immobilière. À coup de taux ajustables et de montages acrobatiques, une large partie de la population a pu emprunter. Les créanciers, de leur côté, étaient poussés à prêter à tour de bras par les marchés de plus en plus friands de placements risqués — mais juteux.
On se rend compte aujourd'hui des dangers de ces pratiques. Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Rodrigo Rato, s'est inquiété mardi de la «sous-estimation de l'ampleur des risques par certains participants» et de l'«oubli téméraire des risques par certains autres».
L'affaire se complique du fait que l'argent investi sur ces marchés est en très grande partie emprunté ailleurs, d'où le danger d'un effet boule de neige.
Pour que la crise se digère en douceur, il faudrait que le secteur immobilier se rétablisse progressivement. Les économistes y croyaient il y a quelques semaines, mais les derniers indicateurs ont douché leur enthousiasme.
La confiance des constructeurs de logements est tombée en juin au plus bas en seize ans, le stock de logements invendus ne cesse de gonfler, et les taux d'emprunt sur trente ans ont bondi de plus d'un demi-point en cinq semaines. Cela «laisse penser que l'investissement dans la pierre va continuer de baisser et contribue aux inquiétudes sur la viabilité des crédits "subprime" émis récemment», affirment les analystes de Goldman Sachs dans une note.
Le président de la banque centrale, Ben Bernanke, avait lui aussi mis en garde début juin contre une crise durable. «Nous risquons de voir une hausse des défauts de paiements et des faillites cette année et l'année prochaine, au fur et à mesure des ajustements des prêts immobiliers "subprime"», avait-il affirmé.
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