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Fini la croissance continue, dit le p.-d.g. de Loto-Québec

La société d'État dévoile un bénéfice en baisse de 9 %

21 juin 2007  Actualités économiques
Dans son rapport annuel, le p.-d.g. de Loto-Québec, Alain Cousineau, réclame la tenue d’un débat public sur l’accroissement du jeu illégal, un phénomène qui priverait l’État «de revenus légitimes importants».
Photo : Jacques Nadeau
Dans son rapport annuel, le p.-d.g. de Loto-Québec, Alain Cousineau, réclame la tenue d’un débat public sur l’accroissement du jeu illégal, un phénomène qui priverait l’État «de revenus légitimes importants».
Pour la première fois de son histoire, Loto-Québec a vu ses revenus annuels baisser en 2006-07, en raison surtout de la nouvelle Loi sur le tabac et du retrait de quelques centaines d'appareils de loterie vidéo.

Dans le rapport annuel de la société dévoilé hier, le président-directeur général de Loto-Québec, Alain Cousineau, en a aussi profité pour réclamer la tenue d'un débat public sur l'accroissement du jeu illégal.

Au cours de l'exercice terminé le 31 mars, le chiffre d'affaires de la société d'État a atteint 3,8 milliards, en baisse de 5,4 % par rapport à l'année précédente. Le bénéfice net a reculé encore plus, s'établissant à 1,5 milliard, une chute de 9 %.

«L'ère de la croissance continue est révolue», a déclaré M. Cousineau dans le rapport annuel. Cela faisait cinq ans que la progression du chiffre d'affaires était inférieure à celle de l'inflation, a fait remarquer M. Cousineau. «À force de frayer avec des taux de croissance aussi faibles, il était quasi inévitable que nous nous retrouvions un jour en zone négative», a-t-il noté, en soulignant que le marché du jeu avait atteint sa «maturité».

Les loteries vidéo

Ce sont les revenus du secteur des loteries vidéo qui ont le plus diminué, se chiffrant à 1,1 milliard, en baisse de 15,5 %. Du côté des loteries traditionnelles, les revenus ont régressé de 5,4 %, pour s'établir à 3,8 milliards. Les nouvelles dispositions de la Loi sur le tabac comptent pour près des trois quarts (72 %) de la baisse des revenus des loteries vidéo. Le reste (28 %) est imputable au retrait de 737 appareils dans des «quartiers économiquement fragiles», dans le cadre de la politique de «gestion responsable» de Loto-Québec.

Au 31 mars, il y avait 12 779 appareils de loterie vidéo répartis en 2905 sites. Les futurs Ludoplex, ces salons de jeu qui ouvriront leurs portes cet automne à Trois-Rivières et Québec, contribueront en bonne partie à faire passer le nombre total d'appareils à 13 570 d'ici un an.

Fait intéressant, l'interdiction généralisée de fumer dans les lieux publics a beaucoup moins nuit aux bingos de Loto-Québec. Les revenus de ce secteur n'ont baissé que de 1,2 % pour atteindre 39,4 millions, et ce, malgré une baisse de l'assistance de 11 % enregistrée depuis l'entrée en vigueur de la nouvelle Loi sur le tabac, le 31 mai 2006. Par contre, les sommes versées aux organismes sans but non lucratif titulaires d'une licence de bingo ont chuté de 4,4 %, pour atteindre 10,9 millions.

Quant aux revenus provenant des casinos de Loto-Québec, ils sont demeurés à peu près stables, à 758,2 millions.

Pour compenser la baisse de son chiffre d'affaires au Québec, la société misera de plus en plus, à l'avenir, sur ses activités internationales, encore embryonnaires. En 2006-07, la filiale Casino Mundial a tiré un bénéfice net de 8,8 millions de sa participation de 35 %, qui lui a coûté 80 millions en mars 2006, dans Moliflor Loisir, le troisième plus important exploitant de casinos en France.

Dans le rapport annuel, Alain Cousineau n'a pas manqué d'attirer une nouvelle fois l'attention sur la progression du jeu illégal, faisant particulièrement référence aux paris sportifs illicites, aux sessions de poker organisées et aux jeux d'argent sur Internet. «Le phénomène [prive] l'État de revenus légitimes importants, a-t-il relevé. Ce constat nous fait conclure à l'urgence d'une réflexion éclairée et d'une action concertée.»

Cela fait quelques mois que Loto-Québec tente d'obtenir le feu vert de Québec pour offrir le jeu Texas Hold'Em dans ses casinos, notamment pour contrer les séances clandestines.

La société d'État aura versé un dividende de 1,4 milliard au gouvernement du Québec en 2006-07, une baisse de 146 millions (9,5 %) en regard de l'exercice précédent. En ajoutant les 76,8 millions déposés dans divers comptes gouvernementaux à des fins précises et les 85,5 millions versés au ministère du Revenu à titre de taxe sur le capital et de taxe de vente (TVQ), les contributions de Loto-Québec à l'État auront atteint près de 1,6 milliard en 2006-07.
 
 
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