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L'aéronautique abat ses cartes vertes

21 juin 2007  Actualités économiques
Le Bourget — Industriels de l'aéronautique et compagnies aériennes réunies au salon du Bourget font assaut de vertus écologiques depuis le début de la semaine et s'engagent à réduire de 50 % les émissions de gaz polluants du transport aérien dans les vingt prochaines années.

De leur côté, les responsables de l'Union européenne visent une action coordonnée sur la conception des appareils et sur une meilleure gestion du trafic aérien, économisant les temps d'attente et de carburant afin d'obtenir un transport aérien «vert» dans la lutte contre le changement climatique.

Sur ce terrain, le salon s'est ouvert sur l'annonce d'un accord entre l'UE et l'administration de l'aviation civile américaine, pour coordonner les programmes de modernisation du contrôle aérien.

Mardi, tandis que Boeing annonçait que son 787 Dreamliner était «l'avion le plus vert du monde» du fait de son aérodynamisme et de la légèreté de ses matériaux composites, l'électronicien Thales, leader des radars et des équipements de contrôle aérien faisait valoir sa contribution.

Selon son directeur des systèmes aériens, Alexandre de Juniac, «les techniques de gestion du trafic aérien [ATM] peuvent bientôt soulager le goulot d'étranglement des aéroports, permettre, en accord avec les gouvernements, de réduire les distances entre avions, améliorer les trajectoires de vol et d'approche». «Tous ces outils peuvent permettre une économie de 10 à 15 % dans les 20 ans qui viennent», a-t-il dit.

Un flou

Tous les interlocuteurs présents au Bourget s'accordent sur une réduction des nuisances de 50 % en 20 ans, mais il règne encore un certain flou sur la part du travail des constructeurs et motoristes, celle des gestionnaires de l'espace aérien, comme sur la part actuelle du transport aérien dans les émissions totales de CO2: 2 %, 3 % ou 4 %?

Louis Gallois, président d'Airbus, annonçait la semaine passée que le constructeur comptait «réduire les émissions de ses avions de 50 % en 20 ans» et ajoutait que «l'industrie doit faire tout ce qu'elle peut pour éviter que la contribution du transport aérien aux émissions mondiales de CO2 passe de 2 à 3 %».

Ce «2 %» est souvent évalué au Bourget à 2,5 %, à 3 %, voire 4 % des émissions de gaz à effet de serre, comme dans une étude de la commission européenne citée hier par le commissaire européen à la Science et à la Recherche, Janez Potocnik.

Venu fêter le programme Cleansky conclu la semaine passée avec les industriels européens, le commissaire a rappelé que ce programme de 1,6 milliard d'euros financé à parité par les deux parties, supposait une action coordonnée. Son interlocuteur industriel Alain Garcia, conseiller de Louis Gallois, a justement expliqué devant quelques journalistes que la «coordination» impliquait «d'évaluer plus précisément la situation».

Selon lui, «les émissions de CO2 du transport aérien représentent environ 2,5 % des émissions totales. Le trafic devrait doubler dans les 20 ans, mais nos efforts permettront de limiter la part du transport aérien à 4 % des émissions totales en 2025».

Les dirigeants de Boeing se sont déclarés prêts à la rencontre proposée la semaine dernière par Louis Gallois à tous les industriels.

Seul bémol dans cet enthousiasme vert, le p.-d.g. du grand loueur d'avions américain ILFC Steven Udvar-Hazy a estimé que les industriels doivent aussi «s'unir pour expliquer leur rôle très minoritaire dans la pollution, faute de quoi ils verront une augmentation de la taxation de l'aviation et des heures de limitation du transport aérien».
 
 
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