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Procès Black: place aux derniers plaidoyers

19 juin 2007  Actualités économiques
Chicago — Une procureure fédérale s'est montrée particulièrement sévère envers l'ex-magnat de la presse Conrad Black et d'autres dirigeants de Hollinger International dans son plaidoyer final hier, affirmant qu'ils avaient «volé 60 millions $US» à leurs actionnaires et tenté de couvrir leurs traces à l'aide de faux documents.

«Ce sera votre travail de révéler au grand jour que cette histoire n'est qu'un mensonge», a rappelé aux jurés la procureure adjointe des États-Unis, Julie Ruder, dans son plaidoyer final, entamant ainsi la dernière étape du procès pour fraude que subit Black depuis trois mois.

«Nous ne sommes pas ici parce que quelqu'un a fait une erreur, nous ne sommes pas ici parce que quelqu'un a oublié de mettre les points sur les i», a poursuivi la procureure, pendant que Black la regardait sans donner signe d'émotion. Selon elle, les quatre coaccusés «ont consciemment décidé de s'emparer d'une partie des profits de la compagnie».

Les accusations

Black, âgé de 62 ans, ainsi que trois de ses anciens collègues, sont accusés d'avoir empoché 60 millions $US qui auraient normalement dû aller aux actionnaires de Hollinger International lors de la vente de centaines de journaux canadiens et américains qui appartenaient à l'entreprise.

Les coaccusés ont reçu des millions de dollars en échange de la promesse que Hollinger ne lancerait pas de nouveaux journaux sur les marchés des publications qu'il vendait pour éviter de faire concurrence aux nouveaux propriétaires. Ces indemnités de «non-concurrence» sont répandues dans l'industrie des journaux mais les procureurs affirment que l'argent aurait dû aller aux actionnaires.

Hollinger a bien reçu la plus grande partie de l'argent, mais une part de la somme est allée à Black et à d'autres dirigeants ainsi qu'à deux compagnies canadiennes détenues par Black.

Les coaccusés de Black sont les anciens vice-présidents de Hollinger, Jack Boultbee et Peter Atkinson, ainsi que le conseiller Mark Kipnis. Comme Black, Boultbee et Atkinson sont canadiens. Kipnis est un avocat de Chicago.

Black, Boultbee et Atkinson se sont partagé les indemnités de non-concurrence, lesquelles sont exemptes d'impôts au Canada. Kipnis est accusé d'avoir facilité les transactions. Black et ses coaccusés affirment n'avoir rien fait d'illégal.

La juge américaine Amy St. Eve a prévu que les plaidoyers finaux s'étireront sur toute la semaine. Les délibérations du jury devraient commencer la semaine prochaine.
 
 
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