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Conférence de Montréal - Le Canada devrait favoriser l'actionnariat à long terme, dit Desmarais

19 juin 2007  Actualités économiques
Paul Desmarais veut éviter que les fleurons de l’économie canadienne ne soient systématiquement emportés par des intérêts étrangers.
Photo : Jacques Nadeau
Paul Desmarais veut éviter que les fleurons de l’économie canadienne ne soient systématiquement emportés par des intérêts étrangers.
Face à l'explosion des fonds spéculatifs, le Canada devrait songer à instaurer des mesures incitatives pour favoriser l'actionnariat à long terme, a estimé hier le cochef de la direction de Power Corporation, Paul Desmarais Jr.

À l'occasion d'un atelier de la Conférence de Montréal, qui s'est ouverte hier, l'homme d'affaires a convenu que ces fonds étaient devenus incontournables et même utiles à l'économie mondiale, malgré leurs objectifs à court terme.

M. Desmarais s'est toutefois inquiété de la montée en puissance des fonds spéculatifs «militants», qui cherchent à influencer la direction des entreprises dont ils prennent le contrôle afin d'accroître leurs rendements. «Je suis un défenseur des actionnaires à long terme. Je crois qu'ils ont un important rôle à jouer dans notre économie», a déclaré l'homme d'affaires aux journalistes.

Protéger les fleurons de l'économie canadienne

Comme l'ont exprimé plusieurs autres dirigeants d'entreprises au cours des derniers mois, Paul Desmarais veut éviter que les fleurons de l'économie canadienne ne soient systématiquement emportés par des intérêts étrangers. Mais au lieu de prôner une intervention directe de l'État pour limiter les prises de contrôle, il préconise des mesures fiscales et réglementaires visant les actionnaires.

M. Desmarais a rappelé qu'en France, les actionnaires peuvent être récompensés d'une exemption d'impôt ou de droits de vote additionnels s'ils conservent pendant au moins cinq ans les actions d'une entreprise.

«Je ne sais pas si [ça doit passer par] une loi ou un incitatif de gouvernance, mais il y a peut-être des innovations à faire, a précisé Paul Desmarais Jr. Je pense que le Canada devrait réfléchir davantage sur les bénéfices que les sociétés [ouvertes] peuvent amener au pays. Et il y a des bénéfices.»

Le dirigeant de Power a par ailleurs suggéré la mise en place d'une règle qui forcerait les sociétés cotées en Bourse à constituer un comité indépendant de la direction et des principaux actionnaires pour étudier toute offre de rachat.

Pour faire ses propositions, M. Desmarais s'est inspiré des idées mises de l'avant par l'Institut sur la gouvernance d'organisations privées et publiques (HEC-Concordia) dont le président du conseil, Yvan Allaire, était aussi présent à la Conférence de Montréal.

Outre l'idée de favoriser l'actionnariat à long terme, l'Institut attire l'attention sur l'importance d'inscrire dans les lois l'obligation pour les conseils d'administration de protéger non seulement le profit à court terme des actionnaires, mais aussi l'intérêt à long terme des entreprises.






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