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Conférence de Montréal - Le FMI surveillera davantage les politiques de changes

19 juin 2007  Actualités économiques
Une jeune fille devant un bureau de change à Hong Kong. L’annonce du FMI tombe à pic pour les États-Unis, qui depuis des mois souhaitent que la Chine réévalue le yuan — même si M. Rato a réfuté que ces recommandations visent spécifiquement P
Photo : Agence France-Presse
Une jeune fille devant un bureau de change à Hong Kong. L’annonce du FMI tombe à pic pour les États-Unis, qui depuis des mois souhaitent que la Chine réévalue le yuan — même si M. Rato a réfuté que ces recommandations visent spécifiquement P
Washington — Pour la première fois en trente ans, le Fonds monétaire international (FMI) a renforcé son cadre de surveillance des politiques de changes dans le monde, un sujet explosif alors que les tensions entre Chine et États-Unis montent sur la sous-évaluation du yuan.

Dans un document rendu public hier, le FMI a tracé les grandes lignes de quatre principes de base et affiné les facteurs pouvant déclencher un examen par le Fonds de la politique de changes d'un pays membre. Ces règles «indiquent clairement aux pays membres comment ils doivent conduire leur politique de changes, et ce qui est acceptable ou non pour la communauté internationale», a affirmé Rodrigo Rato, le directeur général du FMI, dans un discours à Montréal.

La plus novatrice des quatre recommandations est de dire qu'«un pays membre doit éviter les politiques de changes provoquant une instabilité externe», selon le document publié après ces consultations qui ont eu lieu vendredi. Les autres principes réaffirment notamment la mise en garde contre toute manipulation des taux de change visant à s'arroger un avantage compétitif.

Le Fonds a aussi détaillé la définition des facteurs pouvant l'amener à examiner la politique de changes d'un pays membre. Il a établi sept «indicateurs», notamment l'«intervention prolongée et à grande échelle sur le marché des changes», un taux de change «ne correspondant fondamentalement pas à ce qu'il devrait être», ou encore des déséquilibres commerciaux «importants et prolongés».

Un document plus précis, détaillant notamment les modalités de mise en oeuvre, doit être publié d'ici jeudi, a indiqué un responsable du FMI sous couvert d'anonymat. Avec ce dépoussiérage, le Fonds cherche à obtenir de ses membres le droit de leur faire des recommandations plus larges en matière de politique économique et monétaire.

«Ces changements constituent la première révision majeure du cadre de surveillance en quelque 30 ans», a affirmé M. Rato. Lorsque les principes de base avaient été établis en 1977, le FMI visait surtout les taux de change favorisant les déséquilibres commerciaux. Mais depuis les problématiques ont évolué et elles concernent surtout les monnaies liées à une autre devise à un taux de change sur- ou sous-évalué, et les déséquilibres des comptes courants, a souligné M. Rato.

Le secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson, s'est félicité de la révision entreprise par le Fonds, qui «envoie un message fort sur le fait que le FMI va remettre la surveillance des taux de change au coeur de ses missions». L'annonce du FMI tombe à pic pour les États-Unis, qui depuis des mois souhaitent que la Chine réévalue le yuan — même si M. Rato a réfuté que ces recommandations visent spécifiquement Pékin.

«Cela ne s'applique pas seulement aux pays qui ont une balance commerciale excédentaire, cela s'applique aussi aux pays déficitaires. Vous ne devez pas lire cette politique dans un sens», a-t-il affirmé. Les États-Unis affichent un déficit commercial abyssal envers la Chine et les Américains sont de plus en plus nombreux à accuser Pékin de maintenir sa monnaie à un niveau artificiellement bas pour doper ses exportations.

Mercredi dernier, les tensions sont montées d'un cran avec la présentation d'un projet de loi visant à punir les pays aux monnaies sous-évaluées. Les États-Unis se sont jusqu'à présent toujours refusés à accuser officiellement la Chine de manipuler sa monnaie. Mais le projet de loi abaisse et élargit les critères utilisés pour juger un pays coupable de manipulation. Il met aussi en place un calendrier de mesures de rétorsion, allant jusqu'à la saisie du FMI ou de l'Organisation mondiale du Commerce.






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