Les patrons américains roulent sur l'or
Aux États-Unis, la moitié des p.-d.g. ont touché plus de 8,3 millions de dollars l'an dernier
13 juin 2007
Actualités économiques
Photo : Agence France-Presse
Terry Semel, le p.-d.g. de Yahoo!, est la patron le mieux payé aux États-Unis, avec une rémunération totale de 71,7 millions l’an dernier, selon la méthode de calcul utilisée par Associated Press. Sa rémunération provient essentiellement des ac
New York — Sur près de 400 grands patrons américains, la moitié a touché plus de 8,3 millions de dollars américains l'an dernier, selon les calculs de l'agence Associated Press.
Au total, les p.-d.g. de 386 entreprises du «Standard and Poor's 500» (S&P 500), indice prenant en compte 500 sociétés jugées représentatives de l'état de l'économie américaine, ont perçu 4,16 milliards l'an dernier, selon l'analyse par AP des données fournies au premier trimestre de cette année par ces entreprises. La moitié ont perçu plus de 8,3 millions mais certains gagnent beaucoup, beaucoup plus.
Terry Semel, le p.-d.g. de Yahoo!, actuellement à la traîne derrière Google en termes de croissance de bénéfices et de performances boursières, arrive en tête avec une rémunération totale de 71,7 millions l'an dernier, selon la méthode de calcul utilisée par AP.
C'est plus de deux fois et demie ce qu'a gagné cette année Alex Rodriguez des Yankees de New York, le joueur de baseball le mieux payé. C'est bien plus aussi que n'empochent des stars d'Hollywood comme Brad Pitt ou Leonardo DiCaprio (20 millions de dollars, plus 20 % des recettes brutes).
Terry Semel était suivi par deux patrons de l'industrie énergétique, Bob Simpson de XTO Energy, avec 59,5 millions, et Ray Irani d'Occidental Petroleum avec 52,8 millions. Les dix patrons qui ont gagné le plus ont chacun touché au moins 30 millions chacun en 2006.
Sur les 386 compagnies de la liste d'AP, seuls six patrons ont perçu moins de 1 million. Et le plus «modeste», James Sinegal de Costco Wholesale, possède toutefois 2,4 millions d'actions maison, d'une valeur de 1,3 milliard de dollars, et des options sur 1,2 million de titres supplémentaires.
La méthode de calcul d'AP, établie avec les conseils des consultants financiers de Pearl Meyer & Partners et Mercer Human Resource Consulting, additionne entre autres salaires, primes, avantages en nature, valeur estimée des actions et des stock-option... Ce n'est pas la même formule que celle de la SEC, la commission des opérations boursières américaine.
Mais quelle que soit la formule utilisée, l'exemple du p.-d.g. de Yahoo! illustre une tendance récente aux États-Unis: son salaire (250 000 $US) et les primes en liquide ne représentent qu'une petite partie de sa rémunération, qui provient essentiellement des actions ou stock options qu'il a reçues.
Selon le Service de recherche du Congrès, les p.-d.g. gagnent en moyenne 179 fois le salaire moyen, contre 90 fois en 1994. Si le salaire horaire minimum fédéral avait progressé au même rythme, il s'élèverait aujourd'hui à 22,61 $US, or il passera à 5,85 $US de l'heure le 24 juin...
Cadeaux gratuits
Vols privés gratuits, excursions en bateau, voitures avec chauffeurs, clubs sélect, systèmes d'alarme pour le domicile... alors que leur rémunération a augmenté, les p.-d.g. américains les mieux payés continuent également à bénéficier gracieusement de nombreux avantages annexes. Ainsi, pour les 386 entreprises du S&P relevées précédemment, le montant de leurs «autres rémunérations» a atteint 169,2 millions l'an dernier. Tous les extras offerts aux patrons sont considérés comme des revenus imposables par les autorités américaines, mais de nombreuses sociétés payent la note fiscale qui en découle, ce qui constitue un cadeau supplémentaire.
Pour la première fois cette année, les investisseurs ont une meilleure vue d'ensemble de ces à-côtés. En vertu d'une nouvelle réglementation, les entreprises américaines doivent en effet révéler les avantages d'un coût supérieur à 10 000 $US, alors qu'auparavant ce plafond était beaucoup plus élevé.
Un avantage très courant est la mise à disposition d'avions de l'entreprise pour un usage personnel. Michael Jeffries, p.-d.g. d'Abercombie and Fitch, est un de ceux qui en a le plus profité l'an dernier, effectuant pour 776 000 $US de vols.
L'ancien p.-d.g. du groupe Starwood Hotels and Resorts, Steven Heyer, a de son côté cumulé pour 866 000 $US en frais de déplacement entre son domicile d'Atlanta et le siège de l'entreprise à New York. Sa société ne considère pas toutefois le transport en avion, la mise à disposition d'une voiture avec chauffeur à New York et les séjours dans des hôtels new-yorkais comme des avantages personnels.
Les produits des entreprises peuvent également constituer des gratifications non négligeables. Le manufacturier Goodyear offre jusqu'à deux jeux de pneus par an à ses dirigeants tandis que le groupe Reynolds distribue des cigarettes et du tabac à mâcher. Le p.-d.g. du brasseur Anheuser-Busch a lui droit à de la bière gratuite.
Les dirigeants de la société Brunswick peuvent utiliser les bateaux fabriqués par la firme pour des opérations de marketing ou pour un usage personnel «afin de mieux connaître le produit». Ils peuvent aussi obtenir des produits de l'entreprise d'une valeur de 15 000 $US par an.
Dans certaines entreprises, les dirigeants peuvent aussi obtenir de l'argent en échange de leur temps de vacance non utilisé. Ronald Sugar, p.-d.g. de Northtrop Grumman, a reçu l'an dernier 49 000 $US pour cette raison, son salaire total s'élevant à 18,6 millions.
Si la pratique des avantages annexes se maintient globalement, quelques entreprises y mettent un frein. Le vice-président de Ford pour les Amériques, Mark Fields, ne pourra plus utiliser l'avion de l'entreprise pour des déplacements privés à son domicile le week-end. De tels voyages ont coûté à Ford 517 000 $US en 2006. M. Fields pourra cependant voyager aux frais de l'entreprise sur des vols commerciaux, y compris en première.
Au total, les p.-d.g. de 386 entreprises du «Standard and Poor's 500» (S&P 500), indice prenant en compte 500 sociétés jugées représentatives de l'état de l'économie américaine, ont perçu 4,16 milliards l'an dernier, selon l'analyse par AP des données fournies au premier trimestre de cette année par ces entreprises. La moitié ont perçu plus de 8,3 millions mais certains gagnent beaucoup, beaucoup plus.
Terry Semel, le p.-d.g. de Yahoo!, actuellement à la traîne derrière Google en termes de croissance de bénéfices et de performances boursières, arrive en tête avec une rémunération totale de 71,7 millions l'an dernier, selon la méthode de calcul utilisée par AP.
C'est plus de deux fois et demie ce qu'a gagné cette année Alex Rodriguez des Yankees de New York, le joueur de baseball le mieux payé. C'est bien plus aussi que n'empochent des stars d'Hollywood comme Brad Pitt ou Leonardo DiCaprio (20 millions de dollars, plus 20 % des recettes brutes).
Terry Semel était suivi par deux patrons de l'industrie énergétique, Bob Simpson de XTO Energy, avec 59,5 millions, et Ray Irani d'Occidental Petroleum avec 52,8 millions. Les dix patrons qui ont gagné le plus ont chacun touché au moins 30 millions chacun en 2006.
Sur les 386 compagnies de la liste d'AP, seuls six patrons ont perçu moins de 1 million. Et le plus «modeste», James Sinegal de Costco Wholesale, possède toutefois 2,4 millions d'actions maison, d'une valeur de 1,3 milliard de dollars, et des options sur 1,2 million de titres supplémentaires.
La méthode de calcul d'AP, établie avec les conseils des consultants financiers de Pearl Meyer & Partners et Mercer Human Resource Consulting, additionne entre autres salaires, primes, avantages en nature, valeur estimée des actions et des stock-option... Ce n'est pas la même formule que celle de la SEC, la commission des opérations boursières américaine.
Mais quelle que soit la formule utilisée, l'exemple du p.-d.g. de Yahoo! illustre une tendance récente aux États-Unis: son salaire (250 000 $US) et les primes en liquide ne représentent qu'une petite partie de sa rémunération, qui provient essentiellement des actions ou stock options qu'il a reçues.
Selon le Service de recherche du Congrès, les p.-d.g. gagnent en moyenne 179 fois le salaire moyen, contre 90 fois en 1994. Si le salaire horaire minimum fédéral avait progressé au même rythme, il s'élèverait aujourd'hui à 22,61 $US, or il passera à 5,85 $US de l'heure le 24 juin...
Cadeaux gratuits
Vols privés gratuits, excursions en bateau, voitures avec chauffeurs, clubs sélect, systèmes d'alarme pour le domicile... alors que leur rémunération a augmenté, les p.-d.g. américains les mieux payés continuent également à bénéficier gracieusement de nombreux avantages annexes. Ainsi, pour les 386 entreprises du S&P relevées précédemment, le montant de leurs «autres rémunérations» a atteint 169,2 millions l'an dernier. Tous les extras offerts aux patrons sont considérés comme des revenus imposables par les autorités américaines, mais de nombreuses sociétés payent la note fiscale qui en découle, ce qui constitue un cadeau supplémentaire.
Pour la première fois cette année, les investisseurs ont une meilleure vue d'ensemble de ces à-côtés. En vertu d'une nouvelle réglementation, les entreprises américaines doivent en effet révéler les avantages d'un coût supérieur à 10 000 $US, alors qu'auparavant ce plafond était beaucoup plus élevé.
Un avantage très courant est la mise à disposition d'avions de l'entreprise pour un usage personnel. Michael Jeffries, p.-d.g. d'Abercombie and Fitch, est un de ceux qui en a le plus profité l'an dernier, effectuant pour 776 000 $US de vols.
L'ancien p.-d.g. du groupe Starwood Hotels and Resorts, Steven Heyer, a de son côté cumulé pour 866 000 $US en frais de déplacement entre son domicile d'Atlanta et le siège de l'entreprise à New York. Sa société ne considère pas toutefois le transport en avion, la mise à disposition d'une voiture avec chauffeur à New York et les séjours dans des hôtels new-yorkais comme des avantages personnels.
Les produits des entreprises peuvent également constituer des gratifications non négligeables. Le manufacturier Goodyear offre jusqu'à deux jeux de pneus par an à ses dirigeants tandis que le groupe Reynolds distribue des cigarettes et du tabac à mâcher. Le p.-d.g. du brasseur Anheuser-Busch a lui droit à de la bière gratuite.
Les dirigeants de la société Brunswick peuvent utiliser les bateaux fabriqués par la firme pour des opérations de marketing ou pour un usage personnel «afin de mieux connaître le produit». Ils peuvent aussi obtenir des produits de l'entreprise d'une valeur de 15 000 $US par an.
Dans certaines entreprises, les dirigeants peuvent aussi obtenir de l'argent en échange de leur temps de vacance non utilisé. Ronald Sugar, p.-d.g. de Northtrop Grumman, a reçu l'an dernier 49 000 $US pour cette raison, son salaire total s'élevant à 18,6 millions.
Si la pratique des avantages annexes se maintient globalement, quelques entreprises y mettent un frein. Le vice-président de Ford pour les Amériques, Mark Fields, ne pourra plus utiliser l'avion de l'entreprise pour des déplacements privés à son domicile le week-end. De tels voyages ont coûté à Ford 517 000 $US en 2006. M. Fields pourra cependant voyager aux frais de l'entreprise sur des vols commerciaux, y compris en première.
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