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Citigroup dévoile sa restructuration: 17 000 personnes seront congédiées

Le plus gros groupe financier américain veut «supprimer les doublons» de son organigramme

12 avril 2007  Actualités économiques
La première banque mondiale a dévoilé hier une réorganisation visant la réduction d’un peu plus de 6 % des effectifs, sur environ 275 000 personnes employées dans une centaine de pays.
Photo : Agence France-Presse
La première banque mondiale a dévoilé hier une réorganisation visant la réduction d’un peu plus de 6 % des effectifs, sur environ 275 000 personnes employées dans une centaine de pays.
New York — Le géant bancaire américain Citigroup va supprimer environ 17 000 emplois et en délocaliser près de 10 000 autres dans le cadre de la première restructuration d'envergure de son histoire et pour diminuer ses coûts de fonctionnement.

La première banque mondiale a dévoilé hier une réorganisation visant la réduction d'un peu plus de 6 % des effectifs, sur environ 275 000 personnes employées dans une centaine de pays. Ajoutées aux délocalisations, elles permettront à Citigroup de «supprimer les doublons» de son organigramme.

Les suppressions vont toucher toutes les divisions, depuis les quartiers généraux aux petits bureaux, en passant par les fonctions d'encadrement et d'exécution. Citigroup va créer des services transversaux, pour les ressources humaines et le juridique notamment, et centraliser plusieurs dépenses.

Les suppressions se feront «essentiellement par des licenciements plutôt que par des départs naturels», a précisé le directeur financier Robert Druskin, «car nous ne pouvons compter sur le facteur temps pour atteindre nos objectifs» sachant que «les départs volontaires n'interviennent pas forcément dans les domaines d'économies que nous avons identifiés».

Quant aux «transferts de postes», ils se feront «vers des régions à moindres coûts», selon la banque, qui n'a voulu citer aucun pays en particulier, alors que la presse américaine évoque l'Inde et la Pologne.

Près de la moitié de ces transferts se feront au sein d'un même pays, le reste étant des délocalisations d'un pays à un autre, a-t-on précisé chez Citigroup. Ils se feront pour les deux tiers lors de départs naturels des employés actuels, a-t-on également indiqué de même source.

Le groupe prévoit d'incrire au total plus de 1,5 milliard de dollars de charges exceptionnelles cette année pour financer cette restructuration. Mais ces efforts pour «affiner le groupe», selon les termes de la direction, permettront de dégager 4,6 milliards d'économies à l'horizon 2009, dont 2,1 milliards cette année.

«Avoir une approche agnostique», «changer radicalement la manière dont nous menons nos activités et dont nous gérons nos dépenses»: le p.-d.g. de Citigroup Charles Prince a insisté hier sur la nécessité de repenser la culture d'entreprise, alors que le groupe cherche depuis le début de l'année les moyens de redresser sa rentabilité.

La démarche est inédite pour Citigroup, qui n'a cessé de croître depuis une dizaine d'années pour devenir une banque intégrée offrant toute la gamme des services financiers, de la banque de détai à la banque d'investissements.

Le groupe était sous la pression des investisseurs depuis plusieurs mois, alors que l'action Citigroup, qui plafonne autour des 50 $, est jugée moins performante que les actions des banques concurrentes.

Fin février, le groupe avait pris une première mesure en remplaçant la directrice financière et chef de la stratégie Sally Krawcheck, pour la remplacer par Gary Crittenden, un ancien d'American Express.

De l'avis de plusieurs analystes, ce qui a fait la force de Citigroup, un colosse bâti à coup d'acquisitions et qui a pu résister aux périodes économiques difficiles grâce à la diversification de ses activités, était aussi sa faiblesse: trop grand nombre de niveaux hiérarchiques et de bureaux, perte d'efficacité.

La restructuration était accueillie froidement par le marché mercredi: l'action Citigroup perdait 1,68 % à 51,52 $ à la Bourse de New York vers 16H20 GMT.

«Les mesures de réductions de coûts représentent une étape majeure, mais ne peuvent pas amener le groupe au plus haut», juge Patrick O'Hare, analyste pour le site financier Briefing.com. «In fine, les actionnaires veulent voir une meilleure croissance des revenus et des bénéfices plus élevés», résume-t-il.
 
 
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