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1,13 $ le litre d'essence - Après l'aubaine, le plein prix

À Montréal, les automobilistes payaient hier environ 1,13 $ le litre d’essence, une augmentation de plus de 10 ¢ par rapport à lundi. L’explication la plus répandue? Les détaillants vendaient à perte depuis quelques jours et un rééquilibrage
Photo : Jacques Nadeau
À Montréal, les automobilistes payaient hier environ 1,13 $ le litre d’essence, une augmentation de plus de 10 ¢ par rapport à lundi. L’explication la plus répandue? Les détaillants vendaient à perte depuis quelques jours et un rééquilibrage
La hausse soudaine du prix de l'essence observée hier constitue un rattrapage après quelques jours d'aubaines relatives à la pompe, ont affirmé hier les observateurs de l'industrie pétrolière, dont un selon qui l'augmentation aurait même pu survenir dès la semaine dernière.

À Montréal, les automobilistes payaient hier environ 1,13 $ le litre d'essence, une augmentation de plus de 10 ¢ par rapport à lundi. La région de Québec a connu une hausse de 5 ¢, l'essence grimpant là aussi à 1,13 $. L'explication la plus répandue? Les détaillants vendaient à perte depuis quelques jours et un rééquilibrage soudain est venu mettre fin à la guerre des prix.

«Les gens oublient qu'on faisait le plein, ce week-end, à 1,01 $ alors que le prix coûtant, tel que calculé par la Régie de l'énergie, est d'environ 1,04 $», a dit hier Carol Montreuil, porte-parole de l'Institut canadien des produits pétroliers, qui représente les pétrolières. Autrement dit, le prix de vente des détaillants était inférieur à ce qu'aurait coûté, au prix du marché, le remplacement de leurs réservoirs. «Donc, les gens faisaient une bonne affaire. [...] Mais évidemment, on se rappelle toujours plus les hausses que les baisses.»

La Régie de l'énergie publie régulièrement ce qu'elle appelle le prix minimum estimé (PME). Il s'agit d'une estimation de ce que coûte, pour un détaillant, l'acquisition de l'essence auprès d'une raffinerie de même que le transport et les taxes. Pour la semaine du 2 au 9 avril, le PME pour la région de Montréal est de 103,5 ¢. À Québec, il est de 102 ¢. Pour imaginer le prix à la pompe, il faut ajouter quelques cents pour les coûts de fonctionnement de la station d'essence.

Cet écart entre le PME et le prix à la pompe, soit la marge du détaillant, est en hausse. Alors que la moyenne montréalaise se situait à 3,5 ¢ depuis un an, elle se situait en mars à 6 ¢. Hier, elle était de 10 ¢. À Québec, la moyenne des 12 derniers mois est de 5,5 ¢ alors que l'écart pour mars seulement est de 6,6 ¢ le litre, a indiqué la Régie.

Le prix à la pompe est déterminé par le cours du pétrole brut et celui du gallon d'essence, tous deux sur le Nymex à New York. Alors que le cours du brut est déterminé par la demande mondiale et la géopolitique, celui de l'essence repose sur les capacités de l'industrie du raffinage. Dans les deux cas, la spéculation est aussi un facteur.

Plusieurs spécialistes sont d'avis que la fermeture de dizaines de raffineries dans les années 80 et 90 a fait en sorte qu'il en résulte aujourd'hui une rareté artificielle qui gonfle les prix. Puisque les raffineurs sont souvent ceux qui exploitent les réseaux de stations d'essence, l'accroissement de la demande depuis quelques années a fait exploser les profits.

Une porte-parole du CAA-Québec a affirmé hier que l'organisme perçoit une augmentation «notable» des marges de raffinage depuis le début du mois dernier. «On sait que le printemps amène son lot de travaux d'entretien et de changements de recettes dans les raffineries, ce qui a un effet sur le prix», a dit Sophie Gagnon. «Mais les marges bougent et on est en droit de se poser des questions, à savoir si on n'en profite pas pour nous refiler des petites hausses.»

Auteur et pourfendeur des grandes pétrolières, Frédéric Quintal percevait lui aussi hier un effet de rééquilibrage entre le prix coûtant et le prix de vente. «Je l'attendais même vendredi dernier», a-t-il dit.

M. Quintal est cependant plus intrigué par le cours de l'essence sur le Nymex, qu'il trouve élevé pour ce temps-ci de l'année. Le gallon d'essence touchait 2,13 $US la semaine dernière. «On est dans la période la plus tranquille. Pas vraiment de production de mazout, période tranquille en consommation d'essence. J'ai l'impression que les spéculateurs s'en donnent à coeur joie avec la dispute entre la Grande-Bretagne et l'Iran.»

Ces tensions ont fait bondir les cours de l'or noir, qui ont atteint un sommet depuis sept mois à Londres dans la nuit de lundi à hier, à 69,58 $US. Hier, ils se repliaient légèrement à Londres à 68,38 $US et à 65,16 $US à New York.

***

Avec l'Agence France-Presse
 
 
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  • Robert Henri
    Inscrit
    mercredi 4 avril 2007 07h31
    Des bandits, les pétrolières et le gouvernement
    Les pétrolière, c'est connu, sont voraces, plus particulièrement à la veille d'un long congé, mais il y a pire. Cette maudite confédération dont on nous rabat les oreilles depuis 1864, c'est de la foutaise pour nous dominer, nous Québécois mais aussi toutes lre provinces plus pauvres de l'est, des maritimes. Avoir une réelle confédération, l'Alberta partagerait tous les profits du pétrole avec l'emsemble du Canada et pas seulement la péréquation. Il y avait et il y aura toujours un déséquilibre fiscal ici tant et aussi longtemps que le Québec n'en sera pas sorti. Ensuite, il y en aura encore un, mais nous n'en souffriront plus. Le pétrole canadien devrait obligatoirement être vendu ici au prix d'ici et non aux prix du marché international. Et les constructeurs automobiles devraient être obligés de ne construire que des voitures écoénergétiques de qualité à des prix abordables.

  • André Chamberland
    Inscrit
    mercredi 4 avril 2007 09h55
    Vite une vraie alternative
    Propre, silencieuse, ne dépendant pas du pétrole et des spéculateurs, l'auto électrique doit se tailler une plus grande place dans notre vie.

    Les gouvernements de tous les niveaux, les syndicats, les groupes populaires, les organismes sociaux, les écologistes, etc., doivent unir leurs efforts pour sensibiliser le public mais aussi pour passer à l'action concrète.

    Par exemple, les villes devraient avoir seulement des véhicules électriques dans leurs flottes municipales, le transport local en commun, les taxis, les trains locaux devraient tous devenir magnétiques ou électriques.

    Tout est question de valeurs sociales et de volonté. Encourager financièrement les producteurs de tels véhicules et les citoyens acheteurs de tels véhicules nous aiderait grandement dans la réduction des GES, de la dépendance au pétrole, de la pollution par le bruit.

    L'installation par les villes et les entreprises de parcs de stationnements avec prises électriques avec compteurs pour la recharge rendrait la possession de tels autos plus alléchantes pour ceux qui utilisent leur véhicule seulement pour se rendre au travail et dans leur région de résidence.

    Il faut passer d'une dépense politique sans valeur sociale à un investissement durable.

    André Chamberland
    Artiste peintre et philosophe temporel
    Lévis QC

  • David Champagne
    Abonné
    mercredi 4 avril 2007 13h40
    Re: Des bandits, les pétrolières et le gouvernement
    Il faudrait en fait nationaliser tous les segments de l'industrie pétrolière et faire de même avec l'industrie automobile. Nous serions du coup assurés du contrôle de ces deux marchés, ce qui nous permettrait d'atteindre les objectifs de M. Henri.

    Tant qu'à s'y mettre, l'État doit aussi s'appliquer à anéantir tout ce qui ressemble à une grosse entité commerciale/industrielle vorace; les médias, l'agro-alimentaire, la technologie, les finances: le gouvernement doit s'assurer de neutraliser le pouvoir politique et économique de tout ce qui a un chiffre d'affaires de plus d'1M$ en partitionnant les entités menaçantes et en assignant les parties résultantes à des regroupements d'employés ou à des organes gouvernementaux.

    Ensuite, je propose que nous nous retirions de l'ALÉNA et de l'OMC pour mieux nous allier à Fidel Castro et Hugo Chavez dans notre lutte contre le libre marché.

    Joignez-vous à nous, Camarades !

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