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Rudolf Giuliani vole au secours de WorldCom

Le groupe en faillite bénéficiera de l'image d'homme intègre de l'ex-maire de New York

20 novembre 2002  Actualités économiques
Washington — Rudolph Giuliani, l'ancien maire de New York devenu l'idole des Américains depuis les attentats du 11 septembre, veut aider à sauver le groupe de télécommunications en faillite WorldCom.

Celui que tous appellent «Rudy» et qui s'est reconverti dans le monde des affaires après son départ fin décembre dernier de la mairie de New York s'est associé à un gros investisseur américain pour récolter des fonds afin de racheter une partie de la dette de WorldCom, a-t-on appris hier auprès de la société de conseil en gestion créée par M. Giuliani. «Giuliani Partners travaille avec MatlinPatterson Global Advisors pour les aider dans leurs efforts vis-à-vis de WorldCom», a indiqué la société dans un communiqué de quatre lignes.

La société de M. Giuliani n'a pas donné de précisions sur la nature de son «travail» mais, selon le Wall Street Journal, David Matlin, un des fondateurs de la société d'investissements en obligations MatlinPatterson, veut lever plus d'un milliard de dollars pour acquérir des obligations WorldCom.

Giuliani Partners, installée à New York dans de luxueux bureaux surplombant Times Square, met notamment à la disposition de ses clients son impressionnant carnet d'adresses.

David Matlin, qui aurait déjà acheté pour plus de 300 millions de dollars de dettes du groupe de télécommunications, pourrait devenir l'un des plus gros créanciers de WorldCom et ensuite, grâce à ce levier, faire nommer Rudolph Giuliani au poste de président du conseil d'administration, affirme le quotidien financier. «Rudy», baptisé aussi «maire de l'Amérique» pour le courage et la détermination montrés dans le sillage des attaques terroristes contre le World Trade Center, s'est refusé à tout commentaire.

Le Wall Street Journal avait affirmé dès lundi que le nouveau p.-d.g. de WorldCom, Michael Capellas, souhaitait rencontrer M. Giuliani pour le faire entrer au conseil d'administration du groupe et même lui proposer le poste de président. «Nous allons voir si nous avons un rôle pour Giuliani. Nous avançons et cherchons à rassembler un conseil d'administration composé de personnalités de niveau mondial», a déclaré Michael Capellas, ex-numéro deux de Hewlett Packard nommé vendredi patron de WorldCom.

Le héros de l'Amérique n'a pas parlé mais Giuliani Partners a souligné son souhait «de faire une contribution positive pour WorldCom, ses employés et ses clients», en travaillant notamment «sur un modèle de gouvernement d'entreprise que le groupe pourrait utiliser lorsqu'il sortira de la faillite».

WorldCom, deuxième groupe américain de télécommunications longue distance, s'est placé en juillet dernier sous la protection de la loi sur les faillites à la suite de la découverte de manipulations comptables dépassant les neuf milliards de dollars. Il s'agit de la plus grosse banqueroute de l'histoire américaine.

Redresser l'image

L'arrivée de M. Giuliani à WorldCom serait la bienvenue pour redresser l'image du groupe sérieusement ternie par les scandales. À défaut d'une grande expérience du monde des affaires, l'ex-maire de New York apporterait, outre ses relations, son image d'homme intègre. Avant même de diriger New York, M. Giuliani, alors procureur fédéral de Manhattan, s'était fait connaître pour sa lutte acharnée contre la mafia.

Michael Capellas a promis de faire sortir «aussi rapidement que possible» de la faillite le géant des télécommunications, en bâtissant un WorldCom nouveau fondé avant tout sur l'intégrité de sa direction. La participation de «Rudy» au sauvetage de WorldCom lui donnerait encore un peu plus de popularité et davantage de «carrure» dans l'attente d'un très probable retour à une carrière politique.
 
 
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