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Ferdinand Piëch, richissime descendant de la famille Porsche avec des rêves de grandeur

27 mars 2007  Actualités économiques
Ferdinand Piëch est en passe de réaliser son grand rêve de créer un géant allemand de l’automobile, en liant Volkswagen et Porsche.
Photo : Agence France-Presse
Ferdinand Piëch est en passe de réaliser son grand rêve de créer un géant allemand de l’automobile, en liant Volkswagen et Porsche.
Francfort — À presque 70 ans, le richissime descendant de la famille Porsche, Ferdinand Piëch, est en passe de réaliser son grand rêve de créer un géant allemand de l'automobile, en liant Volkswagen et Porsche.

«Les pièces du puzzle s'assemblent vers une image d'ensemble. Et cette image, c'est le rêve de toute une vie de [...] Ferdinand Piëch», soulignait l'éditorialiste du Stuttgarter Zeitung hier, après l'annonce par Porsche de sa montée à 30,9 % du capital de Volkswagen, considéré comme le premier pas vers une lente mais sûre prise de contrôle du groupe.

Pour tous les observateurs, aucun doute possible, c'est bien cet Autrichien, lié le 17 avril 1937 à Vienne, qui tire les ficelles. Véritable homme fort de Volkswagen, il a réussi l'an passé à se défaire du président du directoire Bernd Pischetsrieder pour le remplacer par un fidèle, Martin Winterkorn.

Avec les représentants du personnel et ceux de Porsche de son côté, il est assuré de conserver son poste à la tête du conseil de surveillance de Volkswagen. Il a ainsi les mains complètement libres pour poursuivre son grand dessein: créer un géant allemand de l'automobile sous l'égide de Porsche et de VW, ou une Deutschland AG (Allemagne inc.) de carrure mondiale.

Parallèlement, il travaille à l'assemblage d'un nouveau numéro un européen des poids lourds, réunissant l'allemand MAN et le suédois Scania — deux groupes dont VW est le principal actionnaire — et la division camions du groupe de Wolfsburg.

Et ce au moment où le grand concurrent Daimler, qui avait racheté Chrysler il y a près de neuf ans pour se transformer en Welt AG (Monde inc.), s'apprête à faire machine arrière en cherchant à se séparer de sa filiale américaine lourdement déficitaire.

Ferdinand Piëch «est parvenu à survivre, grâce à un esprit combatif, une intelligence acérée et une bonne dose de brutalité», poursuit le Stuttgarter Zeitung, citant la vaste affaire de corruption qui secoue le groupe depuis plus d'un an et qui a conduit à la condamnation de l'un des fidèles de Piëch, l'ancien directeur des ressources humaines Peter Hartz.

La famille

Ferdinand Piëch a baigné dès son plus jeune âge dans l'automobile. Sa mère Louise est la fille de Ferdinand Porsche, fondateur du constructeur des bolides de sport du même nom et créateur, à la demande du régime nazi, de la «Coccinelle» de Volkswagen. Son père Anton Piëch, avocat de profession, a dirigé un temps l'usine de Volkswagen à Wolfsburg pendant la Deuxième Guerre mondiale.

La famille Piëch est aujourd'hui, aux côtés de la famille Porsche, copropriétaire du groupe éponyme.

Ingénieur de formation, Ferdinand Piëch entame sa carrière chez Porsche, à Stuttgart. À partir de 1972, il entre chez Audi où il se forge une réputation de redoutable dirigeant. Il parvient à redresser le constructeur, ce qui lui vaut d'accéder en 1993 à la tête de la maison mère en plein marasme Volkswagen.

Il parvient là aussi à redresser la barre. Et pour réaliser son rêve de hisser Volkswagen parmi les grands de l'automobile, il l'engage dans une diversification coûteuse, en rachetant au prix fort la marque britannique Bentley notamment. Il a toujours pris soin de préserver la tradition «sociale» et de cogestion au sein du constructeur, que Bernd Pischetsrieder cherchait à briser.

Il a d'ailleurs laissé à ce dernier et à son bras droit Wolfgang Bernhard la paternité du plan d'assainissement en cours chez VW, qui va se solder par la suppression de quelque 20 000 emplois en Allemagne d'ici 2009. Un plan qui commence à porter ses fruits aujourd'hui. Mais les deux hommes ont dû partir.
 
 
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