Corruption - Le patron de Total est placé en garde à vue
22 mars 2007
Actualités économiques
Photo : Agence Reuters
Sur cette photo prise le 14 février dernier à Paris, Christophe de Margerie présente les prévisions de Total pour l’année 2007. Soupçonné de corruption, le patron du géant pétrolier a été arrêté hier.
Paris — Le patron du quatrième groupe pétrolier mondial Total, Christophe de Margerie, a été placé en garde à vue hier à Paris dans le cadre d'une affaire concernant des soupçons de corruption en Iran et au Cameroun.
Selon des sources proches du dossier, le haut dirigeant était interrogé dans les locaux de la brigade financière sur le contrat signé en 1997 par Total avec la société pétrolière nationale iranienne NIOC.
Le contrat concernait l'exploitation — par un joint-venture réunissant Total, le russe Gazprom, et le malaisien Petronas — d'une partie du champ gazier South Pars, au large de l'Iran.
Deux autres responsables de Total, premier groupe français en termes de chiffre d'affaires et de capitalisation boursière, devaient également être entendus par les enquêteurs hier: le directeur financier Robert Castaigne et le patron de la filière gaz Philippe Boisseau.
Cette enquête avait été ouverte en décembre et avait été confiée aux juges Philippe Courroye et Xavière Simeoni.
Dans cette affaire, des fonds, dont la trace a été retrouvée en Suisse, auraient été versés de façon illicite par des dirigeants du pétrolier français à des décideurs iraniens, entre 1996 et 2003, en vue de s'assurer l'obtention du marché gazier iranien.
Près de 100 millions de francs suisses (environ 90 millions de dollars) auraient transité sur deux comptes, selon la même source. Une partie de ces fonds a été bloquée par les autorités helvétiques.
M. de Margerie était directeur Moyen-Orient à l'époque des faits.
Au Cameroun
Parallèlement, une information judiciaire a été ouverte début février pour «blanchiment» à la suite d'une enquête préliminaire ouverte le 8 janvier sur des soupçons de «corruption d'agents publics étrangers» dans l'exploitation et la commercialisation du pétrole au Cameroun.
Les investigations avaient été lancées, dans cette affaire pouvant viser potentiellement Total, à la suite d'une dénonciation en novembre 2006 de Tracfin, la cellule antiblanchiment du ministère de l'Économie et des Finances.
Les enquêteurs n'interrogeront pas M. de Margerie sur ce sujet, selon une source proche du dossier. À ce jour, ils disposent uniquement de soupçons sur des mouvements de fonds suspects sur le compte d'un fonctionnaire camerounais en France.
M. de Margerie et plusieurs autres dirigeants ou anciens dirigeants du groupe sont déjà mis en examen pour «complicité d'abus de biens sociaux et complicité de corruption d'agents publics étrangers» dans l'affaire Pétrole contre nourriture en Irak sous le régime de Saddam Husseïn.
Des flux financiers issus du groupe pétrolier auraient été destinés à favoriser l'obtention de pétrole en Irak.
Dans ce dossier, le magistrat a découvert en 2005 que des Français étaient susceptibles d'avoir touché des commissions dans le cadre de violations de l'embargo onusien sur le pétrole imposé à l'Irak entre 1996 et 2003.
Le géant pétrolier s'est dit «confiant dans le fait que la justice établira l'absence d'infraction».
La nouvelle affaire survient alors que Total se trouve depuis le 12 février sur le banc des prévenus au procès concernant le naufrage en décembre 1999 du pétrolier Erika qui avait provoqué une catastrophe écologique majeure en polluant 400 km de côtes françaises.
Selon des sources proches du dossier, le haut dirigeant était interrogé dans les locaux de la brigade financière sur le contrat signé en 1997 par Total avec la société pétrolière nationale iranienne NIOC.
Le contrat concernait l'exploitation — par un joint-venture réunissant Total, le russe Gazprom, et le malaisien Petronas — d'une partie du champ gazier South Pars, au large de l'Iran.
Deux autres responsables de Total, premier groupe français en termes de chiffre d'affaires et de capitalisation boursière, devaient également être entendus par les enquêteurs hier: le directeur financier Robert Castaigne et le patron de la filière gaz Philippe Boisseau.
Cette enquête avait été ouverte en décembre et avait été confiée aux juges Philippe Courroye et Xavière Simeoni.
Dans cette affaire, des fonds, dont la trace a été retrouvée en Suisse, auraient été versés de façon illicite par des dirigeants du pétrolier français à des décideurs iraniens, entre 1996 et 2003, en vue de s'assurer l'obtention du marché gazier iranien.
Près de 100 millions de francs suisses (environ 90 millions de dollars) auraient transité sur deux comptes, selon la même source. Une partie de ces fonds a été bloquée par les autorités helvétiques.
M. de Margerie était directeur Moyen-Orient à l'époque des faits.
Au Cameroun
Parallèlement, une information judiciaire a été ouverte début février pour «blanchiment» à la suite d'une enquête préliminaire ouverte le 8 janvier sur des soupçons de «corruption d'agents publics étrangers» dans l'exploitation et la commercialisation du pétrole au Cameroun.
Les investigations avaient été lancées, dans cette affaire pouvant viser potentiellement Total, à la suite d'une dénonciation en novembre 2006 de Tracfin, la cellule antiblanchiment du ministère de l'Économie et des Finances.
Les enquêteurs n'interrogeront pas M. de Margerie sur ce sujet, selon une source proche du dossier. À ce jour, ils disposent uniquement de soupçons sur des mouvements de fonds suspects sur le compte d'un fonctionnaire camerounais en France.
M. de Margerie et plusieurs autres dirigeants ou anciens dirigeants du groupe sont déjà mis en examen pour «complicité d'abus de biens sociaux et complicité de corruption d'agents publics étrangers» dans l'affaire Pétrole contre nourriture en Irak sous le régime de Saddam Husseïn.
Des flux financiers issus du groupe pétrolier auraient été destinés à favoriser l'obtention de pétrole en Irak.
Dans ce dossier, le magistrat a découvert en 2005 que des Français étaient susceptibles d'avoir touché des commissions dans le cadre de violations de l'embargo onusien sur le pétrole imposé à l'Irak entre 1996 et 2003.
Le géant pétrolier s'est dit «confiant dans le fait que la justice établira l'absence d'infraction».
La nouvelle affaire survient alors que Total se trouve depuis le 12 février sur le banc des prévenus au procès concernant le naufrage en décembre 1999 du pétrolier Erika qui avait provoqué une catastrophe écologique majeure en polluant 400 km de côtes françaises.
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