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Airbus: la tension monte avant l'annonce du plan de restructuration

Les salariés du groupe sont appelés à se mobiliser mardi, afin de dénoncer une «gigantesque réorganisation transnationale»

17 février 2007  Actualités économiques
Les salariés allemands, qui craignent de payer le plus lourd tribut aux restructurations, se soucient notamment de l’avenir du site d’Airbus à Hambourg, jugé en partie responsable des problèmes industriels qui ont conduit aux retards de livraison
Photo : Agence Reuters
Les salariés allemands, qui craignent de payer le plus lourd tribut aux restructurations, se soucient notamment de l’avenir du site d’Airbus à Hambourg, jugé en partie responsable des problèmes industriels qui ont conduit aux retards de livraison
Paris — Airbus doit lever le voile mardi sur les grandes lignes d'un vaste plan de restructuration qui suscite l'inquiétude dans les rangs politiques et syndicaux tant en France qu'en Allemagne, où l'on craint ses conséquences sociales et industrielles.

Le comité européen d'Airbus, structure de concertation entre la direction du groupe et les organisations syndicales européennes, doit se réunir mardi matin pour prendre connaissance du plan.

Le p.-d.g. de l'avionneur européen, Louis Gallois, devrait ensuite tenir une conférence de presse afin de livrer les premiers détails de «Power8».

Ce plan de restructuration vise à économiser cinq milliards d'euros d'ici à 2010 puis deux milliards par an, afin de compenser les surcoûts liés aux retards de l'avion géant A380, ainsi que la faiblesse du dollar face à l'euro qui mine la compétitivité du constructeur aéronautique.

Après en avoir annoncé les objectifs début octobre, la direction d'Airbus a pris quatre mois pour peaufiner les modalités de ce programme, qui prévoit réduction de coûts et réorganisation industrielle.

«L'ambiance est de plus en plus tendue», confiait-on hier de source syndicale.

Le syndicat CGT d'EADS a appelé les salariés du groupe à se mobiliser mardi, afin de dénoncer une «gigantesque réorganisation transnationale» qui «préoccupe fortement tous les salariés».

Airbus, qui emploie 56 000 personnes, a reconnu qu'il y aurait «des suppressions d'emplois», via des «mesures d'âge» et une réduction de l'emploi intérimaire ou des contrats à durée déterminée.

Le constructeur compte notamment économiser 30 % sur ses frais de fonctionnement, et devrait ainsi resserrer les structures de direction de ses filiales nationales (France, Allemagne, Espagne et Grande-Bretagne), et tailler dans un certain nombre de fonctions administratives et financières.

La restructuration impliquera aussi un recours accru à la sous-traitance, pour les tâches ne relevant pas du «coeur de métier» d'Airbus. De sources concordantes, le plan prévoit de ramener la part produite en interne de 65 % à 50 %.

Certains des 16 sites européens pourraient donc fermer ou être vendus, tout en héritant de contrats de longue durée avec l'avionneur.

Le plan d'Airbus devrait enfin déboucher à terme sur une nouvelle répartition du travail entre sites de production européens.

Les salariés allemands, qui craignent de payer le plus lourd tribut aux restructurations, se soucient notamment de l'avenir du site d'Airbus à Hambourg, jugé en partie responsable des problèmes industriels qui ont conduit aux retards de livraisons de l'A380.

Selon de persistantes rumeurs, non confirmées, le principal site allemand d'Airbus pourrait devoir renoncer à sa part de production de l'A380 au profit de Toulouse, qui hériterait en outre de l'assemblage du nouveau long-courrier A350. En échange, Hambourg hériterait de l'assemblage de tous les avions monocouloirs de gamme A320.

Le dossier est politiquement sensible et la tâche délicate pour les dirigeants d'Airbus, un groupe où les intérêts industriels ont toujours dû composer avec les fiertés nationales.

Les politiques allemands sont déjà montés au créneau, le ministre de l'Économie conservateur Michael Glos indiquant qu'il allait tout faire pour que les restructurations n'interviennent pas «au détriment des sites allemands», avant de menacer de retirer des contrats de défense à EADS.

Louis Gallois a également dû défendre son projet de restructuration auprès du premier ministre français Dominique de Villepin et de la chancelière allemande Angela Merkel, qui exigent tous deux une répartition équilibrée des charges entre les pays.
 
 
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