Pâtes et papiers - Abitibi-Consolidated et Bowater fusionnent pour survivre
«Il faut que les usines redeviennent profitables»
Photo : Agence Reuters
L’annonce de la fusion entre Abitibi-Consolidated et Bowater est une bonne nouvelle pour Montréal, puisque l’entreprise y aura son siège social et son bureau de direction. Ce choix semble avoir été plutôt mal reçu à Greenville en Caroline du S
Abitibi-Consolidated et Bowater, deux importantes entreprises nord-américaines dans les pâtes et papiers et les produits forestiers qui, au cours des sept derniers trimestres, ont totalisé des pertes de 840 millions $CAN, ont annoncé leur intention de fusionner, ce qui leur permettrait, prévoient-elles, d'obtenir des synergies de 295 millions. «Je pense qu'on reviendra dans le noir», a déclaré David Paterson, actuel grand patron de Bowater et qui deviendra président et chef de la direction d'AbitibiBowater, nom donné à cette nouvelle entité lorsque la transaction aura été conclue au troisième trimestre de 2007.
Dans une conférence de presse donnée hier matin à Montréal John Weaver, président et chef de la direction d'Abitibi-Consolidated, et M. Paterson ont en fait reconnu que la situation était devenue intenable, notamment par suite des pressions du marché et des transformations de l'industrie sur le plan mondial. Depuis cinq ans, l'Amérique du Nord est devenue importatrice de pâtes et papiers alors qu'elle avait toujours été exportatrice. La Chine exporte désormais du papier de qualité. Craignez-vous sa concurrence? À cette question d'un journaliste, M. Weaver a répondu: «On en parle beaucoup chez nos clients». M. Paterson a présenté cette fusion comme «une mesure stratégique logique pour faire face aux réalités du marché actuel».
Les marchés boursiers ont réagi de façon très favorable à cette annonce de fusion. À la Bourse de Toronto, le titre d'Abitibi-Consolidated a fait un bond de 26,7 % ou de 83 ¢ pour terminer à 3,94 $, alors que celui de Bowater a grimpé de 25,6 % ou de 6,65 $ pour clôturer à 32,65 $. La valeur des actions des deux entreprises a constamment régressé depuis 2002, alors qu'Abitibi-Consolidated se négociait à plus de 14 $ et Bowater à 80 $.
L'annonce d'hier est aussi une bonne nouvelle pour Montréal, puisque AbitibiBowater y aura son siège social et son bureau de direction, un choix qui semble avoir été plutôt mal reçu à Greenville en Caroline du Sud où Bowater a son siège social et bureau de direction. M. Paterson a confirmé qu'il y aurait à terme une réduction de personnel à Greenville et a annoncé que lui-même viendrait s'installer à Montréal avec sa famille. M. Weaver lui a d'ailleurs remis un chandail du Canadien. Il y aura cependant un bureau régional pour la fabrication et les ventes à Greenville.
Hier, les deux présidents se sont limités à parler des synergies prévues de 295 millions qui proviendront de gains d'efficacité dans la fabrication, les frais généraux, les frais de vente, d'administration, la logistique et l'approvisionnement. Y aura-t-il rationalisation? Les compagnies vont continuer comme avant tant que la fusion n'aura pas été conclue. Les mesures de redressement annoncées ou en cours vont suivre leur cheminement. Toutefois, le message est très clair: «Il faut que les usines redeviennent profitables.»
Quoi qu'il en soit, AbitibiBowater sera la troisième société en Bourse en importance en Amérique du Nord dans le papier et les produits forestiers. Elle aura plus de 20 000 employés, une valeur de 9,4 milliards $CAN, 32 usines de pâtes et papiers, 35 usines de produits de bois, principalement dans l'est du Canada et le sud-est des États-Unis. Sa capacité de production sera de 11,3 millions de tonnes de papier par année et de 3,1 milliards de pieds-planches de bois d'oeuvre.
Selon les modalités de la transaction, il se s'agit pas d'une acquisition, mais plutôt d'une conversion des actions, à savoir 0,06 action d'AbitibiBowater pour une action d'Abitibi-Consolidated et de 0,52 action d'AbitibiBowater pour une action de Bowater. En conséquence, les anciens actionnaires de Bowater détiendront 52 % de la nouvelle entreprise et ceux d'Abitibi-Consolidated en auront 48 %. Les autorités réglementaires sur la concurrence canadienne et américaine doivent toutefois approuver cette fusion.
Les réactions à cette importante annonce ont été variées. L'Association des produits forestiers du Canada pense que cette fusion améliorera la compétitivité de l'industrie canadienne et son président, Avrim Lazar, s'attend à des pertes d'emplois probables. Guy Chevrette, du Conseil de l'industrie forestière du Québec, prévoit pour sa part d'autres transactions de même nature. Le Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier qui représente 150 000 travailleurs dit craindre d'autres compressions dans plusieurs communautés forestières déjà touchées et il demande au gouvernement Harper de convoquer un sommet national pour discuter de l'avenir de cette industrie. Enfin, à Québec, les ministres Raymond Bachand et Pierre Corbeil promettent d'analyser les impacts de cette consolidation.
Dans une conférence de presse donnée hier matin à Montréal John Weaver, président et chef de la direction d'Abitibi-Consolidated, et M. Paterson ont en fait reconnu que la situation était devenue intenable, notamment par suite des pressions du marché et des transformations de l'industrie sur le plan mondial. Depuis cinq ans, l'Amérique du Nord est devenue importatrice de pâtes et papiers alors qu'elle avait toujours été exportatrice. La Chine exporte désormais du papier de qualité. Craignez-vous sa concurrence? À cette question d'un journaliste, M. Weaver a répondu: «On en parle beaucoup chez nos clients». M. Paterson a présenté cette fusion comme «une mesure stratégique logique pour faire face aux réalités du marché actuel».
Les marchés boursiers ont réagi de façon très favorable à cette annonce de fusion. À la Bourse de Toronto, le titre d'Abitibi-Consolidated a fait un bond de 26,7 % ou de 83 ¢ pour terminer à 3,94 $, alors que celui de Bowater a grimpé de 25,6 % ou de 6,65 $ pour clôturer à 32,65 $. La valeur des actions des deux entreprises a constamment régressé depuis 2002, alors qu'Abitibi-Consolidated se négociait à plus de 14 $ et Bowater à 80 $.
L'annonce d'hier est aussi une bonne nouvelle pour Montréal, puisque AbitibiBowater y aura son siège social et son bureau de direction, un choix qui semble avoir été plutôt mal reçu à Greenville en Caroline du Sud où Bowater a son siège social et bureau de direction. M. Paterson a confirmé qu'il y aurait à terme une réduction de personnel à Greenville et a annoncé que lui-même viendrait s'installer à Montréal avec sa famille. M. Weaver lui a d'ailleurs remis un chandail du Canadien. Il y aura cependant un bureau régional pour la fabrication et les ventes à Greenville.
Hier, les deux présidents se sont limités à parler des synergies prévues de 295 millions qui proviendront de gains d'efficacité dans la fabrication, les frais généraux, les frais de vente, d'administration, la logistique et l'approvisionnement. Y aura-t-il rationalisation? Les compagnies vont continuer comme avant tant que la fusion n'aura pas été conclue. Les mesures de redressement annoncées ou en cours vont suivre leur cheminement. Toutefois, le message est très clair: «Il faut que les usines redeviennent profitables.»
Quoi qu'il en soit, AbitibiBowater sera la troisième société en Bourse en importance en Amérique du Nord dans le papier et les produits forestiers. Elle aura plus de 20 000 employés, une valeur de 9,4 milliards $CAN, 32 usines de pâtes et papiers, 35 usines de produits de bois, principalement dans l'est du Canada et le sud-est des États-Unis. Sa capacité de production sera de 11,3 millions de tonnes de papier par année et de 3,1 milliards de pieds-planches de bois d'oeuvre.
Selon les modalités de la transaction, il se s'agit pas d'une acquisition, mais plutôt d'une conversion des actions, à savoir 0,06 action d'AbitibiBowater pour une action d'Abitibi-Consolidated et de 0,52 action d'AbitibiBowater pour une action de Bowater. En conséquence, les anciens actionnaires de Bowater détiendront 52 % de la nouvelle entreprise et ceux d'Abitibi-Consolidated en auront 48 %. Les autorités réglementaires sur la concurrence canadienne et américaine doivent toutefois approuver cette fusion.
Les réactions à cette importante annonce ont été variées. L'Association des produits forestiers du Canada pense que cette fusion améliorera la compétitivité de l'industrie canadienne et son président, Avrim Lazar, s'attend à des pertes d'emplois probables. Guy Chevrette, du Conseil de l'industrie forestière du Québec, prévoit pour sa part d'autres transactions de même nature. Le Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier qui représente 150 000 travailleurs dit craindre d'autres compressions dans plusieurs communautés forestières déjà touchées et il demande au gouvernement Harper de convoquer un sommet national pour discuter de l'avenir de cette industrie. Enfin, à Québec, les ministres Raymond Bachand et Pierre Corbeil promettent d'analyser les impacts de cette consolidation.
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