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Goodyear: la FTQ n'accepte pas la fermeture

«Je pense que c'est une décision qui ne devrait pas être irrévocable et on va tout faire pour la faire changer», affirme Henri Massé

6 janvier 2007  Actualités économiques
Le président de la FTQ, Henri Massé, mettra sur pied un comité de survie pour relancer l’usine de Goodyear à Valleyfield. Jeudi, l’entreprise a annoncé son intention d’y cesser la production de pneus pour la transformer en un centre de fabrica
Photo : Jacques Grenier
Le président de la FTQ, Henri Massé, mettra sur pied un comité de survie pour relancer l’usine de Goodyear à Valleyfield. Jeudi, l’entreprise a annoncé son intention d’y cesser la production de pneus pour la transformer en un centre de fabrica
La Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) «n'accepte pas» la fermeture de l'usine de pneus Goodyear de Salaberry-de-Valleyfield annoncée jeudi et mettra sur pied un comité de survie pour relancer l'entreprise.

Au cours d'une conférence de presse hier sur les priorités de la centrale pour 2007, son président Henri Massé a prévenu que le secteur manufacturier «est en crise» au Québec et que le cas de Goodyear «n'est que la pointe de l'iceberg».

Jeudi, Goodyear Tire & Rubber a annoncé son intention de cesser la production de pneus à son établissement de Salaberry-de-Valleyfield, en Montérégie, pour le transformer en un centre de fabrication de caoutchouc. Environ 800 des 1000 employés de l'usine seront mis à pied. La compagnie prévoit avoir recours à 200 personnes à son usine une fois que celle-ci aura été transformée.

M. Massé a reconnu qu'il n'avait pas actuellement d'atout dans sa manche concernant la relance, mais il entend faire pression sur les deux ordres de gouvernement et envisage aussi la participation du Fonds de solidarité de la FTQ.

Entouré de travailleurs de Valleyfield, M. Massé a confié qu'il ne voulait pas à l'origine dresser un bilan de l'année 2006, parce qu'il y avait eu trop de fermetures, «des dossiers pathétiques», jusqu'à ce qu'il apprenne jeudi la décision de la multinationale américaine.

«Goodyear, c'est la pointe de l'iceberg, je suis convaincu qu'on va voir d'autres dossiers comme ça au Québec si nos gouvernements ne bougent pas, a-t-il lancé. On n'accepte pas cette fermeture, je pense que c'est une décision qui ne devrait pas être irrévocable et on va tout faire pour la faire changer.»

Il entend mettre à la disposition du comité toutes les ressources humaines et financières nécessaires, entend interpeller le maire de la municipalité et les élus, et songe même à se rendre au siège social de Goodyear aux États-Unis en compagnie du gouvernement du Québec, s'il le faut.

Il a cité en exemple l'usine de camions Paccar de Sainte-Thérèse, qui était vouée à disparaître mais qui a été relancée avec succès grâce aux efforts conjugués du syndicat et du gouvernement.

Aussi présent à la conférence de presse, le vice-président directeur du Syndicat des communications, de l'énergie et du papier (SCEP-FTQ), Clément L'Heureux, a assuré que les employés étaient «déjà prêts à trouver des solutions» et que du travail d'analyse avait déjà été accompli. Selon lui, il faudra maintenant déterminer quels sont les produits prometteurs que l'usine pourrait fabriquer et quel financement elle pourrait obtenir de la part des gouvernements pour se moderniser.

Le président de la section locale du syndicat des métallos, Clément Mallette, a pour sa part rencontré ses collègues encore «sous le choc» et inquiets, hier matin, mais il estime qu'il est «possible» de faire renaître l'entreprise, sans pouvoir promettre le succès garanti.

Enfin, le gouvernement du Québec a annoncé par voie de communiqué hier après-midi qu'il allait prendre part à un comité de relance économique mis sur pied par la Ville de Valleyfield afin d'explorer diverses solutions de rechange.

Par ailleurs, Henri Massé a réclamé la tenue en 2007 d'un sommet sur le secteur manufacturier, qui souffre d'une «crise majeure». Il a déploré l'inaction de Québec et d'Ottawa et demandé des investissements, sinon d'autres usines fermeront.

«Le gouvernement du Québec n'a rien fait et le gouvernement fédéral n'a rien fait. On n'a jamais vu le gouvernement fédéral lever le petit doigt au Québec dans les problèmes qu'on a dans le secteur manufacturier [...]. Ils sont probablement englués dans le pétrole dans l'Ouest et ne voient pas l'économie du Québec et de l'Ontario.»

Le président de la FTQ exige que des mesures de sauvegarde protègent des secteurs vulnérables tels que le vêtement, conformément aux accords internationaux. Il demande aussi la baisse des taux d'intérêt et un meilleur contrôle de la devise canadienne. Enfin, il veut que les gouvernements fassent pression sur la Chine pour qu'elle cesse le dumping, qu'elle respecte les lois commerciales et laisse flotter sa monnaie.
 
 
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