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David Emerson et la gestion de l'offre - Les agriculteurs veulent des explications

David Emerson a laissé entendre que les jours de la gestion de l’offre dans le lait, la volaille et les oe1ufs étaient comptés au pays.
Photo : Agence Reuters
David Emerson a laissé entendre que les jours de la gestion de l’offre dans le lait, la volaille et les oe1ufs étaient comptés au pays.
Les agriculteurs canadiens réclament du gouvernement Harper des explications à la suite de déclarations du ministre du Commerce international, David Emerson, laissant entendre que les jours de la gestion de l'offre dans le lait, la volaille et les oeufs étaient comptés au pays.

La Fédération canadienne de l'agriculture a fait parvenir à Ottawa une lettre exprimant son inquiétude et réclamant une rencontre dès le retour du congé des Fêtes afin de tirer l'affaire au clair.

«On sait que cela traduit le fond de la pensée de certains fonctionnaires à Ottawa, mais cela vient contredire tout ce que le gouvernement avait affirmé jusqu'à présent», a dit hier, au sujet des propos du ministre Emerson, Laurent Pellerin, premier vice-président de la Fédération et président de l'Union des producteurs agricoles du Québec (UPA). C'est inquiétant et un peu décourageant quand on pense que tous ces gens ont été rencontrés à plusieurs reprises et disaient avoir compris.»

Le ministre Emerson a déclaré cette semaine au journal The Western Producer que le Canada avait dû mettre de côté des accords commerciaux «qui étaient largement dans l'intérêt du pays» afin de ne pas froisser «la susceptibilité à courte vue» d'industries qui «sentaient qu'elles ne pouvaient pas survivre au libre-échange».

On se souviendra que la question agricole est la principale raison de l'impasse des négociations à l'Organisation mondiale du commerce et que plusieurs pays y font pression sur le Canada pour qu'il démantèle les barrières commerciales dont dépend son système de gestion de l'offre et qu'il abolisse la Commission canadienne du blé.

«Je vais probablement recevoir une volée de bois vert pour cela, avait ajouté David Emerson dans les pages du journal agricole de Saskatoon, mais je peux entrevoir le moment où nous devrons tout simplement dire à quelques secteurs récalcitrants qu'il existe des intérêts nationaux et que nous devrions travailler avec ces secteurs afin de voir s'ils peuvent, avec un soutien modeste du gouvernement, faire la transition vers un environnement concurrentiel mondial.»

Quelques heures après la publication de ces lignes jeudi, le même ministre Emerson diffusait conjointement avec son collègue de l'Agriculture, Chuck Strahl, un communiqué de presse dans lequel les deux hommes réitéraient leur appui indéfectible à la cause de la gestion de l'offre.

Maladresse ou calcul politique

«Ou c'est une maladresse épouvantable, ce dont je doute un peu, a commenté hier Laurent Pellerin, ou bien c'est une annonce faite dans l'Ouest canadien, où ce discours peut avoir un certain écho, en se disant qu'on se rétractera après dans l'est du Canada.»

Ces propos controversés arrivent alors que le gouvernement Harper vient de congédier le président de la Commission canadienne du blé, Adrian Measner, parce qu'il s'opposait à sa volonté de mettre fin au monopole de la société de la Couronne sur la mise en marché du blé et de l'orge.

Cela n'a rien pour rassurer les producteurs de lait, de volaille et d'oeufs.

Laurent Pellerin s'est toutefois dit confiant de réussir à convaincre David Emerson d'éviter de renouveler le genre d'incartade qu'il s'est offert cette semaine.

«Il faut vraiment aller au fond des choses dans cette affaire, a déclaré le président de l'UPA. On est inquiet, mais ce n'est pas la panique. Ce n'est pas la première fois que quelqu'un nous fait dans les mains sur ces questions à Ottawa.»
 
 
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