L'offensive
Rarement au cours des dernières années le gouvernement américain aura été aussi enclin qu'à l'heure actuelle à combattre le nationalisme économique chinois. Aujourd'hui et demain, une délégation de ministres et de hauts fonctionnaires dirigée par le secrétaire au Trésor, Henry Paulson, et le patron de la Réserve fédérale, Ben Bernancke, va essayer de convaincre les autorités chinoises de modifier sensiblement leurs politiques en la matière. Sinon, ont-ils déjà prévenu, des mesures de rétorsion seront adoptées, au risque de déclencher une guerre de très gros sous. Reprenons.
Trimestre après trimestre, le déficit commercial des États-Unis par rapport à la Chine ne cesse de se creuser, à tel point qu'un record succède à un autre avec une régularité de métronome. Ainsi, au terme de 2006, le passif des Américains avoisinera les 200 milliards. Et ce, parce que les responsables chinois s'évertuent à maintenir la valeur de leur monnaie, le yuan, sous sa valeur réelle.
Aux États-Unis, bien des économistes et des élus estiment que la prédilection des Chinois pour un yuan faible a eu pour conséquence de ruiner les industries du textile et de la chaussure ainsi que ce pan du secteur manufacturier voué à la fabrication de biens électroménagers. À ce vice s'en ajoute un autre: les Chinois se moquant comme d'une guigne de la propriété intellectuelle comme des obligations que supposent les brevets sur les inventions, ils sont passés maîtres dans le piratage à grande échelle de biens made in USA.
Conséquemment, l'administration Bush souhaite, voire exige que Pékin mène une réforme en profondeur des systèmes monétaire et bancaire, interdise la falsification d'objets, abatte les barrières douanières qui empêchent notamment l'exportation de produits agricoles, etc. Si tel n'est pas le cas, alors Washington demandera à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) d'étudier le contentieux et d'appliquer les règlements, en plus de demander au Congrès l'adoption de mesures protectionnistes. Ce dernier étant désormais à majorité démocrate, donc beaucoup plus protectionniste que les républicains, cela devrait se faire sans trop d'encombres.
Cela étant, il faut maintenant mettre l'accent sur certaines de ces singularités chinoises propres à freiner toute réforme. L'une d'entre elles tient, et Dieu sait si elle est importante, à la formation des cadres chinois. Dans une étude qu'il a consacrée à ce sujet, John L. Thornton, professeur d'économie à l'université Tsinghua de Pékin, souligne que contrairement à ce qui se passait auparavant, les meilleurs étudiants optent en masse, une fois leur parcours universitaire terminé, pour le secteur privé.
Ainsi, tout l'appareil d'État demeure entre les mains de carriéristes, incidemment très corrompus. Là-bas, les fonctions publiques s'achètent. Par exemple, pour être chef d'un bureau municipal d'une ville moyenne, il faut débourser 100 000 $US. Après quoi, le chef en question exige pot-de-vin sur pot-de-vin pour se rembourser et s'en mettre plein les poches. De fait, cela favorise un incroyable roulement de personnel qui a pour conséquence de freiner durablement toute réforme. Bref, ce n'est pas demain que le cours des choses va changer.
Trimestre après trimestre, le déficit commercial des États-Unis par rapport à la Chine ne cesse de se creuser, à tel point qu'un record succède à un autre avec une régularité de métronome. Ainsi, au terme de 2006, le passif des Américains avoisinera les 200 milliards. Et ce, parce que les responsables chinois s'évertuent à maintenir la valeur de leur monnaie, le yuan, sous sa valeur réelle.
Aux États-Unis, bien des économistes et des élus estiment que la prédilection des Chinois pour un yuan faible a eu pour conséquence de ruiner les industries du textile et de la chaussure ainsi que ce pan du secteur manufacturier voué à la fabrication de biens électroménagers. À ce vice s'en ajoute un autre: les Chinois se moquant comme d'une guigne de la propriété intellectuelle comme des obligations que supposent les brevets sur les inventions, ils sont passés maîtres dans le piratage à grande échelle de biens made in USA.
Conséquemment, l'administration Bush souhaite, voire exige que Pékin mène une réforme en profondeur des systèmes monétaire et bancaire, interdise la falsification d'objets, abatte les barrières douanières qui empêchent notamment l'exportation de produits agricoles, etc. Si tel n'est pas le cas, alors Washington demandera à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) d'étudier le contentieux et d'appliquer les règlements, en plus de demander au Congrès l'adoption de mesures protectionnistes. Ce dernier étant désormais à majorité démocrate, donc beaucoup plus protectionniste que les républicains, cela devrait se faire sans trop d'encombres.
Cela étant, il faut maintenant mettre l'accent sur certaines de ces singularités chinoises propres à freiner toute réforme. L'une d'entre elles tient, et Dieu sait si elle est importante, à la formation des cadres chinois. Dans une étude qu'il a consacrée à ce sujet, John L. Thornton, professeur d'économie à l'université Tsinghua de Pékin, souligne que contrairement à ce qui se passait auparavant, les meilleurs étudiants optent en masse, une fois leur parcours universitaire terminé, pour le secteur privé.
Ainsi, tout l'appareil d'État demeure entre les mains de carriéristes, incidemment très corrompus. Là-bas, les fonctions publiques s'achètent. Par exemple, pour être chef d'un bureau municipal d'une ville moyenne, il faut débourser 100 000 $US. Après quoi, le chef en question exige pot-de-vin sur pot-de-vin pour se rembourser et s'en mettre plein les poches. De fait, cela favorise un incroyable roulement de personnel qui a pour conséquence de freiner durablement toute réforme. Bref, ce n'est pas demain que le cours des choses va changer.
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