vendredi 25 mai 2012 Dernière mise à jour 22h08
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

BCE, la mal aimée de Bay Street

Déjà que les deux ne font pas très bon ménage ensemble. Or, là, Bay Street en a gros sur le coeur pour ce qui est de BCE.

Imaginez! C'est à cause de BCE et de son président Michael Sabia que les financiers de Bay Street ont vu la semaine dernière leur principale source de revenus se tarir d'une claque. En effet, Jim Flaherty, le ministre fédéral des Finances, en taxant désormais les sociétés de fiducie au même niveau que les entreprises, a reporté aux calendes grecques tous les projets d'émission de nouvelles sociétés de fiducie. Des nouvelles émissions qui ont contribué largement au pactole des courtiers en valeurs mobilières au cours des deux dernières années.

Car Michael Sabia a été vraiment celui qui a mis le gouvernement canadien devant l'absurdité de la chose, celle de l'existence des sociétés de fiducie. Telus, le principal concurrent de BCE, avait annoncé quelques semaines plutôt son intention de troquer son statut d'entreprise contre celui de société de fiducie. Le but poursuivi: une économie d'impôt annuelle de l'ordre de 600 millions.

Mis devant un tel fait, Michael Sabia n'avait pas d'autre choix que d'imiter son concurrent. Il ne pouvait laisser aller Telus seul dans cette combine visant à bénéficier d'un congé fiscal annuel de 600 millions alors que sa propre société, BCE, aurait été contrainte de verser bon an mal an 800 millions dans les coffres du fisc. Aussi a-t-il embarqué dans la parade des fiducies. Ou ça passait, ou ça cassait. Mais, il n'était pas question pour BCE de se laisser distancer par son concurrent sur une simple mais fort coûteuse question de trou fiscal. Le gouvernement n'a pas eu d'autre choix que de mettre fin au régime des sociétés de fiducie.

Cela, bien entendu, au grand déplaisir des financiers de Bay Street. Aussi, ces derniers avec leurs journaux anglophones amis n'ont-ils pas manqué de «varloper» BCE, d'autant que, le lendemain de l'annonce du ministre fédéral des Finances, le conglomérat a dévoilé ses résultats du troisième trimestre. Des profits en baisse de 35 % ont titré le jeudi matin les journaux amis de Bay Street pour bien dépeindre la déconfiture du géant des télécommunications. Une baisse qui survient alors que Rogers et Telus, des concurrents de BCE, ont tour à tour déclaré des profits nettement à la hausse.

Pauvre BCE, la mal aimée de Bay Street. Pourtant, un coup d'oeil plus attentif aux résultats du conglomérat nous révèle un tableau moins sombre qu'il n'y paraît.

D'abord, si le bénéfice net est à la baisse, c'est essentiellement à cause de frais non récurrents d'un peu plus de 200 millions. Des frais de restructuration et concernant la création de la société de fiducie Bell/Aliant Communications régionales. Corrigés de ces frais non récurrents, que nous disent alors les chiffres? Eh bien, le profit net de BCE s'établit à 496 M$ pour le troisième trimestre contre 482 millions l'an passé. Pour la période de neuf mois, le profit net atteint alors 1,6 milliard de dollars contre 1,5 milliard de dollars l'an passé.

Les fonds autogénérés se chiffrent, quant à eux, pour le troisième trimestre, à 1,28 milliard de dollars contre 1,25 milliard de dollars l'an passé et, pour la période de neuf mois, à 3,9 milliards de dollars contre 3,8 milliards de dollars l'an passé.

Donc, rien de bien tragique ici. On peut même considérer ses résultats comme corrects étant donné que BCE effectue son passage des services traditionnels en perte de vitesse vers ceux plus modernes à forte croissance. C'est ainsi que les revenus provenant de ses nouveaux services (qui sont la vidéo, la téléphonie cellulaire et Internet haute vitesse) comptent aujourd'hui pour 48 % des revenus globaux de BCE contre 44 % il y a un an. Ce passage vers les nouveaux services présente tout un défi alors que leur marge bénéficiaire est inférieure à celle des services traditionnels. Dans un tel contexte, que les marges bénéficiaires de BCE se maintiennent est en soi une bonne nouvelle.

Par ailleurs, BCE marque plusieurs points au chapitre de la solidité de son bilan et de sa structure du capital. Il y a un an, le taux d'endettement de l'entreprise frôlait 50 %. Aujourd'hui, il n'est plus que de 44,2 %, et ce, sans tenir compte de l'encaisse de la compagnie qui totalisait à la fin du troisième trimestre 2,3 milliards de dollars. À ce montant s'ajouteront bientôt deux autres milliards de dollars venant de la vente partielle de sa filiale Télésat qui deviendra une société ouverte. Le conglomérat se trouve donc en excellente position pour réduire davantage le fardeau de sa dette.

Et il y a la forte réduction du nombre d'actions en circulation survenue depuis le début de l'année. Celui-ci est passé de 921 millions à 812 millions à la fin septembre. Cette réduction du nombre d'actions se solde dans un premier temps par une économie de 150 millions par année pour ce qui est du dividende global versé à l'ensemble des actionnaires. Du coup, BCE se trouve en excellente position pour décréter une nouvelle hausse de son dividende au début de 2007 si, bien entendu, ses fonds autogénérés ne fléchissent pas au cours des prochains trimestres.

D'autre part, en ayant diminué d'autant le nombre de ses actions en circulation, BCE voit sa rentabilité par action s'accroître sensiblement. C'est ainsi qu'en 2005 la compagnie a réalisé des fonds autogénérés de près de 5,50 $ l'action. Pour l'exercice en cours, l'entreprise réalisera des fonds autogénérés de l'ordre de 5,2 milliards de dollars ou 6,40 $ l'action. Donc, en vendant comme ils l'ont fait la semaine dernière leurs actions de BCE au prix unitaire de 27,66 $, les investisseurs ont cédé leurs actions sur la base d'un multiple cours/fonds autogénérés d'à peine 4,4 fois.

***

cchiasson@proplacement.qc.ca

Classe Internet: www.proplacement.qc.ca
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012