vendredi 25 mai 2012 Dernière mise à jour 16h57
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Il y a 20 ans, c'était le «Big Bang» de la City de Londres

23 octobre 2006  Actualités économiques
Londres — Il y a 20 ans, le 27 octobre 1986, entre toasts au champagne et pannes d'ordinateurs, la dérégulation des marchés financiers, connue sous le nom de «Big Bang», inaugurait l'ère de l'argent-roi et des golden boys à la City de Londres.

Plusieurs changements modifient alors radicalement le fonctionnement de la Bourse, en premier lieu la suppression des commissions fixes qu'il fallait payer auparavant pour échanger actions, obligations et autres titres. Acheteurs et vendeurs sont désormais libres de fixer les termes des transactions. Autre modification, la division traditionnelle du travail entre brokers, courtiers passant les ordres des investisseurs, et jobbers, techniciens fixant les prix, disparaît.

La révolution est aussi technologique, avec l'introduction d'un système électronique de cotation et de salles de marché, qui remplacent la corbeille et ses tableaux noirs. Ces nouveautés suscitent la curiosité, et l'affluence des opérateurs est telle que les ordinateurs tombent en panne le matin même.

Tout cela fait rapidement baisser le coût des échanges, multiplie leur nombre et gonfle leurs montants. Onze ans après Wall Street, où la libéralisation du secteur financier était intervenue dès mai 1975, l'argent coule à flots dans la City. La première capitalisation boursière est alors la compagnie British Petroleum, avec 7,4 milliards de livres (15,5 milliards de dollars). Vingt ans plus tard, BP est toujours en tête, mais pèse 118 milliards de livres (250 milliards de dollars).

La révolution londonienne consiste aussi en la «mondialisation» de l'activité, la dérégulation levant les contrôles sur les flux de capitaux étrangers et autorisant les firmes britanniques à ouvrir 100 % de leur capital.

Changement de comportement

Elle se traduit enfin, et surtout, dans les comportements. «Le Big Bang a instauré une éthique de travail plus rigoureuse dans la City et précipité la fin de la vieille école», estime Philip Augar, ancien courtier de NatWest et de Schroders, auteur du livre La Mort du capitalisme gentleman. Dans les banques désormais, la journée commence à l'aube. À midi, les déjeuners rosbif et Claret ont cédé la place au plateau de sushis et à la bouteille d'eau. Chez Goldman Sachs, le soir, cantine et taxi sont gratuits pour les travaille-tard.

La pression augmente d'autant plus que les moyens de communication s'accélèrent, explique David Freud, arrière petit-fils de Sigmund, ancien journaliste devenu virtuose de la banque d'affaires. «Quand j'ai commencé dans le métier [en 1984], je rencontrais des clients, je dictais une note à ma secrétaire et je l'envoyais par la poste. Le délai de réponse était d'une semaine, se souvient-il. Puis dans les années 1990 est arrivé le courriel; le délai s'est raccourci à trois jours. Enfin est arrivé le BlackBerry [terminal mobile de poche], et le temps de réaction s'est réduit à trois heures.»

Mais pour ce retraité de la banque UBS, maître d'oeuvre de la privatisation d'Eurotunnel et de la mise en Bourse d'Eurodisney, la mutation des deux dernières décennies réside d'abord dans la surenchère au niveau des salaires, liée à une concurrence féroce.

Déjà mirobolants à la fin des années 1990, les primes versées dans la City s'annoncent records cette année, donnant tort à l'éditorial du Financial Times au matin du Big Bang: «Les banquiers ne pourront pas défier éternellement la loi de la gravité économique en gagnant toujours plus que leurs clients.»
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012