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Conrad Black se dit «très optimiste» au sujet de son procès

13 octobre 2006  Actualités économiques
Conrad Black s’est adressé aux membres du Empire Club of Canada, hier, à Toronto.
Photo : Agence Reuters
Conrad Black s’est adressé aux membres du Empire Club of Canada, hier, à Toronto.
Toronto — L'ancien magnat de la presse Conrad Black s'est dit «très optimiste» quant à l'issue de son futur procès aux États-Unis et il a affirmé qu'il ne craignait pas de perdre son titre britannique parce qu'il tente de regagner sa citoyenneté canadienne.

M. Black a fait ces déclarations aux journalistes, jeudi, avant de donner une allocution sur le rôle international du Canada devant des membres du Empire Club of Canada dans un hôtel du centre-ville de Toronto.

Il s'agissait de l'une de ses premières sorties publiques importantes depuis qu'il a été accusé de fraude et d'évasion fiscale aux États-Unis, l'an dernier. Selon certains observateurs, M. Black cherchait ainsi à refaire sa réputation dans son pays d'origine.

«Vous savez fort bien ce que je pense des accusations et nous irons de l'avant avec le procès», a déclaré l'homme de 62 ans aux journalistes avant son discours, rejetant toute possibilité de négociation de plaidoyer. Lorsqu'on lui a demandé de faire part de ses sentiments en ce qui regarde son procès criminel, qui doit commencer au mois de mars prochain à Chicago, il a répondu: «Très optimiste. Je connais les faits.»

M. Black était auparavant à la tête de Hollinger International, la compagnie maintenant appelée Sun-Times Media Group, mais il a été chassé à la suite d'une révolte des actionnaires vers la fin de l'année 2003. Il a remis sa démission un an plus tard environ, en novembre 2004.

Les autorités américaines l'ont accusé d'avoir pillé des millions de dollars qui appartenaient aux actionnaires de Hollinger International. Il a aussi été accusé d'évasion fiscale et d'avoir utilisé les fonds de la compagnie pour se payer un style de vie somptueux.

L'homme de 62 ans a présenté un plaidoyer de non culpabilité et il insiste pour dire qu'il n'a pas transgressé la loi. Il fait également face à une panoplie de poursuites ayant trait à son comportement à titre de président du conseil et d'administrateur général de Hollinger International.

L'homme d'affaires d'origine montréalaise a renoncé à sa citoyenneté canadienne en 2001 afin de pouvoir siéger à la Chambre des lords de la Grande-Bretagne et d'accepter le titre de «Lord Black of Crossharbour».

À l'époque, il s'était retrouvé dans une bataille juridique avec Jean Chrétien, alors le premier ministre. Celui-ci avait tenté d'empêcher la nomination, ce qui avait incité M. Black à laisser tomber sa citoyenneté canadienne. M. Black travaille toutefois à la reprendre et il a déclaré hier qu'il ne craignait pas de perdre son titre britannique.

«Tout ce que je fais, c'est ce que j'avais dit que je ferais lorsque j'y avais renoncé — qu'éventuellement, je la reprendrais, a dit Black. Il n'y a rien qui se passe pour l'instant. J'ai l'impression que vous, les gens des médias, harcelez le ministère de la Citoyenneté à tous les jours. À ma connaissance, il n'y a rien qui se passe.»

Reste que le discours de M. Black était fortement empreint d'élans de patriotisme. Il a fait un résumé de l'histoire canadienne et vanté la valeur des ressources naturelles du pays. La demande croissante des économies émergentes en Asie, surtout dans le secteur de l'énergie, amène le Canada à redéfinir son rôle à l'échelle internationale, a-t-il dit.

«Il y a beaucoup à faire. Et le Canada, sans exagérer notre potentiel, pourrait avoir une influence dans le monde», a-t-il déclaré, ajoutant que c'est la confusion totale au sein des Nations Unies et de l'OTAN. «Il ne faut pas laisser cela nous monter à la tête mais le Canada est à plusieurs égards, et à cause de son potentiel imminent, l'une des grandes puissances du monde — et je pense que nous devrons nous y habituer.»
 
 
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