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Hydro-Québec met en garde les producteurs d'énergie éolienne

Si les développeurs actuels devenaient trop gourmands, la société d'État pourrait elle-même devenir productrice

Claude Turcotte   27 septembre 2006  Actualités économiques
Le président-directeur général d’Hydro-Québec, Thierry Vandal, a promis hier une présence de plus en plus grande de la société d’État sur la place publique pour informer et sensibiliser les gens aux avantages du développement éolien au Qué
Le président-directeur général d’Hydro-Québec, Thierry Vandal, a promis hier une présence de plus en plus grande de la société d’État sur la place publique pour informer et sensibiliser les gens aux avantages du développement éolien au Qué
Hydro-Québec pourrait éventuellement investir directement dans le développement de l'énergie éolienne, si jamais les rendements qu'en retirent les promoteurs actuels devenaient déraisonnables selon «les critères rigoureux» de la société d'État.

Thierry Vandal, président-directeur général d'Hydro-Québec, a servi cet avertissement hier midi dans une conférence présentée devant quelques centaines de personnes assistant au déjeuner de l'Association de l'industrie électrique du Québec. Jusqu'à ce jour, la société d'État n'avait jamais évoqué la possibilité qu'elle devienne un producteur d'énergie éolienne au même titre que pour l'énergie hydroélectrique. Dans le contexte des remarques de M. Vandal, il faut comprendre qu'il s'agissait beaucoup plus d'un avertissement contre les abus potentiels de la part des fournisseurs d'énergie éolienne.

M. Vandal a expliqué que le souci d'Hydro-Québec était d'offrir les meilleurs prix à ses clients. Jusqu'à maintenant, selon lui, les sociétés qui ont investi dans les équipements éoliens ont réussi à obtenir des montages financiers au sein de sociétés en commandites, de fonds de revenus, d'actions accréditives, etc., qui permettent à ces investisseurs d'obtenir un rendement de 6 à 8 % sur leurs placements. Le p-d.g. considère que les promoteurs ont eu accès à des moyens de financement avantageux pour les clients de l'Hydro, tout en assumant les risques de la production éolienne. «Tant que ce sera raisonnable, et je pense que ça va continuer à être le cas, on a tout intérêt nous aussi à continuer, mais si les conditions changeaient, Hydro-Québec pourrait intervenir», a-t-il affirmé.

En conférence de presse, il a ajouté que la société d'État était «à même de comprendre l'économique et qu'elle avait les moyens de lire les rendements».

M. Vandal a mentionné que la décision de laisser le secteur privé s'occuper de l'énergie éolienne avait été prise en 1998, alors qu'il n'y avait pas vraiment de volonté politique de mettre l'accent sur cette forme d'énergie; ce choix avait ensuite été accepté par la Régie de l'énergie. Toutefois, quelques années plus tard, le nouveau gouvernement libéral a pris un virage éolien sur une grande échelle. On peut croire que la direction d'Hydro-Québec veut maintenant prévenir les coups et éviter certains abus, comme il a pu y en avoir dans le passé du côté de certains investisseurs dans les petites centrales et la cogénération.

Hydro-Québec entend par ailleurs être très actif dans le dossier éolien, notamment du côté de son réseau de transport, «où la clé est d'assurer l'intégration de toutes les éoliennes sans compromettre la fiabilité du réseau de transport», ce qui va impliquer beaucoup d'investissements en intégration de l'énergie éolienne au réseau de transport. Il annonce beaucoup d'action également du côté des modèles de prévisions météorologiques, de manière à améliorer les prévisions à court terme des apports en vent. Les divisions production et distribution de la société d'État ont signé un contrat de service d'intégration éolienne qui assure un complément de puissance et un service d'équilibrage. M. Vandal a promis une présence de plus en plus grande d'Hydro-Québec sur la place publique pour informer et sensibiliser les gens aux avantages du développement éolien au Québec, en complémentarité avec l'hydroélectricité, ce qui risquera peut-être d'être vu dans certains milieux comme un coup de pouce au gouvernement Charest à l'approche d'une période électorale.

Par ailleurs, M. Vandal a voulu dégonfler un ballon venu de Terre-Neuve voulant qu'Hydro-Québec devrait obtenir l'aval de cette province pour le développement de ses projets sur la Basse-Côte-Nord, dans le voisinage du Labrador. Le p-d.g. a affirmé que la projet de la Romaine est entièrement situé au Québec, sans aucun impact au Labrador. Il enserait de même pour le projet envisagé à plus long terme sur la rivière du Petit Mecatina. En ce qui concerne trois autres rivières auxquelles le ministre terre-neuvien a fait allusion, Hydro-Québec n'a absolument aucun projet sur ces cours d'eau.
 
 
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