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Poursuivi par l'État du Massachusetts - Le Crédit Suisse First Boston est accusé d'analyse financière biaisée

22 octobre 2002  Actualités économiques
New York — L'État du Massachusetts a porté plainte contre le Credit Suisse First Boston, une filiale du Credit Suisse accusée d'avoir biaisé son analyse financière pour s'attirer de très rentables contrats d'investissement, a annoncé hier un haut responsable de l'État.

Selon la plainte, les opérations de recherche financière — qui servent normalement de guide aux investisseurs pour établir leur portefeuille — étaient en grande partie contrôlées par la division banque d'investissement de CSFB.

L'absence d'indépendance a conduit à la rédaction de notes de recherche qui avaient plus pour but d'attirer de juteux contrats à la société, que d'informer objectivement les investisseurs, a estimé en substance le responsable, William Galvin.

«Ces pratiques ont eu pour effet d'influencer les avis et la recherche qui étaient présentés et donnés», a déclaré M. Galvin, au cours d'une conférence de presse. «Ces avis et la recherche étaient biaisés et corrompus par le désir de la banque d'investissement de faire du profit.»

Il a expliqué que le Massachusetts avait décidé de faire cavalier seul et de porter plainte parce que selon lui le gendarme de la Bourse «n'a pas réussi à agir» jusqu'à présent et l'autodiscipline n'a pas fonctionné non plus.

Le spinning

L'État du Massachusetts accuse également le CSFB d'avoir fait du spinning, une pratique très répandue au plus haut de la vague de spéculation boursière à la fin des années 90. «Toutes ces pratiques sont inacceptables», a souligné M. Galvin, qui va maintenant essayer d'obtenir des dédommagements de la part de CSFB.

Le spinning consiste à allouer à des dirigeants d'entreprise de généreuses portions d'actions d'une société en passe d'être introduite en Bourse. Les coquets bénéfices ainsi réalisés devaient inciter les heureux bénéficiaires à signer des contrats avec la banque.

Merrill Lynch, la banque d'affaires et maison de courtage, avait accepté au printemps de payer 100 millions de dollars d'amende au ministre de la Justice de l'État de New York, qui l'accusait entre autres choses d'avoir publié des notes de recherche biaisées.

Salomon Smith Barney, la filiale banque d'affaires de Citigroup, a pour sa part été accusée de spinning, documents à l'appui, devant une commission du Congrès. Grâce aux généreuses allocations de Salomon, Bernie Ebbers, p.-d.g. de Worldcom a empoché au moins 11 millions de bénéfices, selon les documents en question.
 
 
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