Fonds d'investissement: Répartir
Dans le domaine de l'investissement, la diversification est l'un des concepts les plus à la mode des dernières années: c'est une mode à maintenir. Pour un investisseur qui utilise les fonds communs de placement comme véhicule de placement, la maxime de «ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier» est bien connue. Ce qui l'est moins, c'est de bien différencier chacun des produits et de simplifier son portefeuille au maximum, tout en limitant le nombre de produits qui le composent.
Diversifier par produits
Si nous savons que les actions ont procuré historiquement de meilleurs rendements que les obligations, nous savons aussi que les actions représentent un degré de risque plus élevé que les obligations. Ce qui est également connu, c'est la volatilité moindre, et le rendement plus faible, des produits à revenu fixe: obligations, liquidités, bons du Trésor, certificats de dépôt et fonds monétaires.
L'investisseur n'a donc pas le choix, et il doit trouver «sa» zone de confort, donc un équilibre entre un pourcentage de son portefeuille en actions et en obligations. L'objectif est d'optimiser un rendement potentiel intéressant pour ses besoins, tout en assumant un facteur de risque qui lui sera acceptable.
Diversifier par secteurs
La diversification par secteurs est un concept moins connu, mais avantageusement important pour l'investisseur. L'indice canadien, le S&P/TSX, est composé de 14 secteurs. Au 30 septembre 2002, cinq secteurs représentaient à eux seuls 69,6 % de l'indice: 29,2 % pour les services financiers, 16,2 % pour le pétrole et gaz, 10,6 % pour la production industrielle, 7,6 % pour les services publics et 6 % pour l'or et l'argent.
Il est primordial de comparer, au moment de la constitution de son portefeuille, la pondération de chacun de ces secteurs. Assurez-vous que votre portefeuille ne sera pas surpondéré ou sous-pondéré dans certains secteurs, ce qui en ferait augmenter la volatilité. Il est très facile pour votre conseiller de vérifier ces paramètres. Attention: même si vous avez diversifié votre portefeuille avec trois fonds d'actions canadiens de différentes familles de fonds, il peut arriver que les trois produits soient composés des mêmes titres. Diversifier par secteurs veut aussi dire s'assurer de la complémentarité entre les produits du même secteur.
Diversifier géographiquement
La diversification géographique est également un concept qui doit être considéré lors de la composition de votre portefeuille. L'indice de référence Salomon Bros. Actions mondiales est composé de neuf grandes régions géographiques. Trois grandes régions dominent cet indice avec 77,1 %: les États-Unis (56,6 %), le Royaume-Uni (10,7 %) et le Japon (9,8 %).
Le Canada, avec seulement 2,4 % de la capitalisation mondiale, fait office de parent pauvre. Si votre portefeuille est seulement investi au Canada, vous ne pourrez profiter des occasions qu'offre 97,6 % de la capitalisation mondiale. Compte tenu du risque associé aux taux de change des monnaies, il serait imprudent d'essayer de reproduire dans votre portefeuille l'indice mondial des capitalisations boursières, mais l'ignorer totalement est tout aussi imprudent.
Tenir compte de sa tolérance au risque
La composition d'un portefeuille et sa volatilité acceptable seront toujours des aspects très personnels, d'où ma difficulté avec les «recettes» déjà toutes prêtes qu'offrent de nombreuses institutions financières après que vous ayez répondu à trois ou quatre questions d'ordre financier. Votre portefeuille doit être à la mesure de vos besoins: il évoluera donc selon des paramètres qui pourraient et devraient être discutés avec votre conseiller financier.
D'autre part, certaines études nous ont permis de tracer et d'évaluer quantitativement les différents concepts de répartition. Un portefeuille 100 % canadien a été d'environ 11 % plus à risque qu'un portefeuille 100 % réparti géographiquement selon les indices mondiaux, mais un portefeuille à 60 % investi à l'étranger et à 40 % au Canada a été 30 % moins à risque que s'il avait été 100 % canadien. En plus, le rendement a été d'environ 22 % plus élevé.
La répartition d'un portefeuille conservateur devrait contenir environ 45 % en obligations, 40 % en liquidités, 10 % en actions canadiennes et 5 % en actions étrangères. À l'opposé, un portefeuille dit audacieux contiendra 50 % en actions étrangères, 40 % en actions canadiennes et seulement 10 % en obligations. Par contre, notre deuxième portefeuille sera environ deux fois plus volatil, mais pour un rendement de seulement 35 % plus élevé. Quelle sera la meilleure combinaison pour votre portefeuille? Le risque supplémentaire en vaut-il la peine? À vous de décider.
question@avantages.com
Michel Marcoux est conseiller en placement et président d'Avantages Services Financiers inc., une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement.
Diversifier par produits
Si nous savons que les actions ont procuré historiquement de meilleurs rendements que les obligations, nous savons aussi que les actions représentent un degré de risque plus élevé que les obligations. Ce qui est également connu, c'est la volatilité moindre, et le rendement plus faible, des produits à revenu fixe: obligations, liquidités, bons du Trésor, certificats de dépôt et fonds monétaires.
L'investisseur n'a donc pas le choix, et il doit trouver «sa» zone de confort, donc un équilibre entre un pourcentage de son portefeuille en actions et en obligations. L'objectif est d'optimiser un rendement potentiel intéressant pour ses besoins, tout en assumant un facteur de risque qui lui sera acceptable.
Diversifier par secteurs
La diversification par secteurs est un concept moins connu, mais avantageusement important pour l'investisseur. L'indice canadien, le S&P/TSX, est composé de 14 secteurs. Au 30 septembre 2002, cinq secteurs représentaient à eux seuls 69,6 % de l'indice: 29,2 % pour les services financiers, 16,2 % pour le pétrole et gaz, 10,6 % pour la production industrielle, 7,6 % pour les services publics et 6 % pour l'or et l'argent.
Il est primordial de comparer, au moment de la constitution de son portefeuille, la pondération de chacun de ces secteurs. Assurez-vous que votre portefeuille ne sera pas surpondéré ou sous-pondéré dans certains secteurs, ce qui en ferait augmenter la volatilité. Il est très facile pour votre conseiller de vérifier ces paramètres. Attention: même si vous avez diversifié votre portefeuille avec trois fonds d'actions canadiens de différentes familles de fonds, il peut arriver que les trois produits soient composés des mêmes titres. Diversifier par secteurs veut aussi dire s'assurer de la complémentarité entre les produits du même secteur.
Diversifier géographiquement
La diversification géographique est également un concept qui doit être considéré lors de la composition de votre portefeuille. L'indice de référence Salomon Bros. Actions mondiales est composé de neuf grandes régions géographiques. Trois grandes régions dominent cet indice avec 77,1 %: les États-Unis (56,6 %), le Royaume-Uni (10,7 %) et le Japon (9,8 %).
Le Canada, avec seulement 2,4 % de la capitalisation mondiale, fait office de parent pauvre. Si votre portefeuille est seulement investi au Canada, vous ne pourrez profiter des occasions qu'offre 97,6 % de la capitalisation mondiale. Compte tenu du risque associé aux taux de change des monnaies, il serait imprudent d'essayer de reproduire dans votre portefeuille l'indice mondial des capitalisations boursières, mais l'ignorer totalement est tout aussi imprudent.
Tenir compte de sa tolérance au risque
La composition d'un portefeuille et sa volatilité acceptable seront toujours des aspects très personnels, d'où ma difficulté avec les «recettes» déjà toutes prêtes qu'offrent de nombreuses institutions financières après que vous ayez répondu à trois ou quatre questions d'ordre financier. Votre portefeuille doit être à la mesure de vos besoins: il évoluera donc selon des paramètres qui pourraient et devraient être discutés avec votre conseiller financier.
D'autre part, certaines études nous ont permis de tracer et d'évaluer quantitativement les différents concepts de répartition. Un portefeuille 100 % canadien a été d'environ 11 % plus à risque qu'un portefeuille 100 % réparti géographiquement selon les indices mondiaux, mais un portefeuille à 60 % investi à l'étranger et à 40 % au Canada a été 30 % moins à risque que s'il avait été 100 % canadien. En plus, le rendement a été d'environ 22 % plus élevé.
La répartition d'un portefeuille conservateur devrait contenir environ 45 % en obligations, 40 % en liquidités, 10 % en actions canadiennes et 5 % en actions étrangères. À l'opposé, un portefeuille dit audacieux contiendra 50 % en actions étrangères, 40 % en actions canadiennes et seulement 10 % en obligations. Par contre, notre deuxième portefeuille sera environ deux fois plus volatil, mais pour un rendement de seulement 35 % plus élevé. Quelle sera la meilleure combinaison pour votre portefeuille? Le risque supplémentaire en vaut-il la peine? À vous de décider.
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Michel Marcoux est conseiller en placement et président d'Avantages Services Financiers inc., une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement.
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