Informatique - Les poids lourds résistent, les petits trinquent
19 octobre 2002
Actualités économiques
Photo : Agence Reuters
Microsoft a annoncé jeudi des ventes excédant de 700 millions ses prévisions initiales.
New York - Dans un secteur informatique à la santé toujours fragile, Microsoft ou IBM ont mieux résisté au troisième trimestre que leurs concurrents plus petits car ils ont su profiter de leur statut de poids lourds.
L'avenir ne ressemblera pas forcément à ce trimestre «unique», a dit Microsoft jeudi soir, après avoir annoncé des ventes excédant de 700 millions ses prévisions initiales, et un bénéfice plus que doublé à 2,73 milliards. «Les clients ont reconnu l'intérêt de signer des contrats de licence à long terme pour nos produits», et non plus simplement sur une année, a commenté le numéro un mondial des logiciels, qualifiant ses résultats d'«exceptionnellement forts».
Mais côté perspectives, prudence! La croissance des ventes de PC ne va peut-être pas durer, a ajouté Microsoft, ni d'ailleurs l'euro fort, qui a eu cet été un effet positif sur le montant des ventes européennes converties en dollars.
D'autres thèses ont été préférées pour expliquer ce trimestre «unique». Selon le Wall Street Journal, le groupe de Redmond a profité de sa position de monopole pour tordre le bras aux fabricants informatiques, en proposant des contrats de licence à des prix intéressants à condition d'obtenir un engagement avant le 31 juillet et pour plusieurs années.
Le risque pour les clients, selon le quotidien, était de se voir priver en cas de refus des dernières versions de Windows ou Office, produits vedettes de Microsoft. «C'est difficile de savoir si oui ou non ils auraient généré un tel différentiel de chiffre d'affaires s'ils n'avaient pas forcé quiconque à le faire», a déclaré un analyste de la maison de courtage SG Cowen. Sollicité par l'AFP, Microsoft n'avait pas réagi en milieu de journée.
Quoi qu'il en soit, «la délivrance des licences a conduit à un gros trimestre, mais les commandes devraient ralentir à partir de maintenant», selon SG Cowen. Ces résultats de Microsoft «ne sont pas le reflet d'un tournant dans la demande de logiciels en général», a-t-on ajouté chez Merrill Lynch.
Livraisons d'ordinateurs
Les livraisons mondiales d'ordinateurs personnels (PC) viennent de connaître leur premier trimestre de croissance en glissement annuel (+3,8 % à 32,6 millions d'unités) après cinq trimestres consécutifs de baisse, a révélé jeudi une étude de l'institut de recherche IDC. Toutefois le marché reste «prudent», la croissance séquentielle (d'un trimestre à l'autre) n'ayant atteint que 6 % alors qu'elle est habituellement de 9,2 % au troisième trimestre, a nuancé IDC.
Les bonnes performances d'IBM, premier fabricant informatique au monde, sont dues à «une stratégie et une gestion meilleures» que celles de ses concurrents, a expliqué Steven Milunovich, analyste de Merill Lynch. En excluant les pertes de son activité lecteurs de disques durs, en cours de cession, IBM a réalisé un bénéfice de 1,69 milliard, tirant profit de sa stratégie de diversification dans les services.
Ces bons résultats contrastent avec les pertes annoncées par Gateway et Apple, distancés sur le marché des PC par Dell et Hewlett-Packard, et surtout avec les difficultés de Sun Microsystems.
Sun a dû annoncer jeudi la suppression de plus de 4000 emplois pour faire face à une baisse de 20 % de son chiffre d'affaires d'un trimestre à l'autre.
Le fabricant de gros matériel informatique a réduit radicalement ses dépenses d'investissement depuis un an pour regonfler sa trésorerie, «mais malheureusement ses clients ont fait la même chose», a relevé Steven Milunovich.
L'avenir ne ressemblera pas forcément à ce trimestre «unique», a dit Microsoft jeudi soir, après avoir annoncé des ventes excédant de 700 millions ses prévisions initiales, et un bénéfice plus que doublé à 2,73 milliards. «Les clients ont reconnu l'intérêt de signer des contrats de licence à long terme pour nos produits», et non plus simplement sur une année, a commenté le numéro un mondial des logiciels, qualifiant ses résultats d'«exceptionnellement forts».
Mais côté perspectives, prudence! La croissance des ventes de PC ne va peut-être pas durer, a ajouté Microsoft, ni d'ailleurs l'euro fort, qui a eu cet été un effet positif sur le montant des ventes européennes converties en dollars.
D'autres thèses ont été préférées pour expliquer ce trimestre «unique». Selon le Wall Street Journal, le groupe de Redmond a profité de sa position de monopole pour tordre le bras aux fabricants informatiques, en proposant des contrats de licence à des prix intéressants à condition d'obtenir un engagement avant le 31 juillet et pour plusieurs années.
Le risque pour les clients, selon le quotidien, était de se voir priver en cas de refus des dernières versions de Windows ou Office, produits vedettes de Microsoft. «C'est difficile de savoir si oui ou non ils auraient généré un tel différentiel de chiffre d'affaires s'ils n'avaient pas forcé quiconque à le faire», a déclaré un analyste de la maison de courtage SG Cowen. Sollicité par l'AFP, Microsoft n'avait pas réagi en milieu de journée.
Quoi qu'il en soit, «la délivrance des licences a conduit à un gros trimestre, mais les commandes devraient ralentir à partir de maintenant», selon SG Cowen. Ces résultats de Microsoft «ne sont pas le reflet d'un tournant dans la demande de logiciels en général», a-t-on ajouté chez Merrill Lynch.
Livraisons d'ordinateurs
Les livraisons mondiales d'ordinateurs personnels (PC) viennent de connaître leur premier trimestre de croissance en glissement annuel (+3,8 % à 32,6 millions d'unités) après cinq trimestres consécutifs de baisse, a révélé jeudi une étude de l'institut de recherche IDC. Toutefois le marché reste «prudent», la croissance séquentielle (d'un trimestre à l'autre) n'ayant atteint que 6 % alors qu'elle est habituellement de 9,2 % au troisième trimestre, a nuancé IDC.
Les bonnes performances d'IBM, premier fabricant informatique au monde, sont dues à «une stratégie et une gestion meilleures» que celles de ses concurrents, a expliqué Steven Milunovich, analyste de Merill Lynch. En excluant les pertes de son activité lecteurs de disques durs, en cours de cession, IBM a réalisé un bénéfice de 1,69 milliard, tirant profit de sa stratégie de diversification dans les services.
Ces bons résultats contrastent avec les pertes annoncées par Gateway et Apple, distancés sur le marché des PC par Dell et Hewlett-Packard, et surtout avec les difficultés de Sun Microsystems.
Sun a dû annoncer jeudi la suppression de plus de 4000 emplois pour faire face à une baisse de 20 % de son chiffre d'affaires d'un trimestre à l'autre.
Le fabricant de gros matériel informatique a réduit radicalement ses dépenses d'investissement depuis un an pour regonfler sa trésorerie, «mais malheureusement ses clients ont fait la même chose», a relevé Steven Milunovich.
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