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Entreprises - L'appétit des fonds d'investissement ne cesse de grandir

25 juillet 2006  Actualités économiques
Sur la dizaine de candidats intéressés à l’origine par les PagesJaunes, Vivendi était le seul industriel. Il a jeté l’éponge dans la dernière ligne droite, laissant la voie libre à deux sociétés d’investissement.
Photo : Agence France-Presse
Sur la dizaine de candidats intéressés à l’origine par les PagesJaunes, Vivendi était le seul industriel. Il a jeté l’éponge dans la dernière ligne droite, laissant la voie libre à deux sociétés d’investissement.
Paris — La cession prochaine de PagesJaunes à l'américain KKR est un nouvel exemple de la vitalité des sociétés d'investissements qui se dressent systématiquement sur le chemin des industriels pour racheter des entreprises de plus en plus importantes.

Sur la dizaine de candidats intéressés à l'origine par les PagesJaunes, Vivendi était le seul industriel. Il a jeté l'éponge dans la dernière ligne droite, laissant la voie libre à deux sociétés d'investissement.

Toujours hier, un groupe hospitalier américain, Hospital Corporation of America (HCA), a été vendu à un consortium d'investisseurs pour 33 milliards de dollars, soit la plus importante acquisition jamais réalisée par des sociétés d'investissement.

Leur capacité financière «a crû en fonction de la taille des fonds levés» auprès des investisseurs, attirés par un taux de retour sur investissement (TRI) de l'ordre de 20 %, explique Eric Meyer, banquier-conseil spécialisé dans le capital-investissement à la Société Générale.

En 1996, le marché européen du capital-investissement (private equity) a «levé», c'est-à-dire collecté en vue de réinvestir, près de huit milliards d'euros. Neuf ans plus tard, les levées de fonds ont atteint 60 milliards, selon l'Association européenne du capital-investissement et du capital-risque (EVCA).

Début juillet, la société Permira, basée à Londres, a levé le plus important fonds de capital-investissement jamais lancé en Europe, soit plus de dix milliards d'euros.

Si le phénomène a gagné en visibilité à la faveur de quelques transactions médiatisées, comme la cession de Taittinger à Starwood Capital ou d'Afflelou à Bridgepoint, «ce n'est pas nouveau», explique Patrick Sayer, président de l'Association française des investisseurs en capital (AFIC).

Même le club de football PSG est passé en avril sous la coupe des fonds: il est détenu par les américains Colony Capital et Morgan Stanley, associés au français Butler Capital Partners.

«Dans les années 2002-04, les fonds et sociétés d'investissement représentaient pas loin de 30 %, voire un tiers des transactions», rappelle M. Sayer.

Souvent accusées par les industriels de vampiriser les entreprises, les sociétés d'investissement peinent à convaincre de leur rôle dans la mise en valeur des entreprises.

«Ce sont des vrais investisseurs, qui donnent aux entreprises les moyens de réaliser le meilleur d'elles-mêmes. Les filiales non stratégiques des entreprises, quand elles sont rachetées, ont toute l'attention de l'actionnaire et se retrouvent au centre du jeu», plaide Eric Meyer.

Parmi ces acquéreurs, «il y a de purs financiers, dont le seul propos est d'essayer d'acheter pas cher et de revendre plus cher, et d'autres qui ont une implication beaucoup plus forte dans la gestion de la société», fait valoir de son côté M. Sayer, également président du directoire de la société d'investissement Eurazeo.

«Alors que le patron d'une entreprise rachetée par un industriel devient le énième collaborateur du groupe industriel, nous le mettons systématiquement au centre», explique-t-il.

Ce dernier est intéressé aux résultats «de façon plus que proportionnelle par rapport aux actionnaires» et participe en général au schéma de reprise, mais «s'il échoue, il est pénalisé avant les autres actionnaires», ce qui constitue un puissant outil de motivation.

Mais les fonds pourraient perdre leur avantage quand les taux d'intérêt remonteront, leurs investissements étant financés aux deux tiers par de la dette bancaire, prévient M. Meyer.
 
 
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