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La construction résidentielle reprend sa glissade

Le nombre de mises en chantier sur l’île de Montréal a chuté de 64 % comparativement à l’an dernier.
Photo : Pascal Ratthé
Le nombre de mises en chantier sur l’île de Montréal a chuté de 64 % comparativement à l’an dernier.
Après un mois de mai stable, la cadence de la construction résidentielle au Québec a une fois de plus ralenti en juin, les mises en chantier affichant un recul de 11 % par rapport à la même période en 2005, a indiqué hier la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL).

L'île de Montréal, où est concentrée plus de la moitié de la construction résidentielle de la province, a connu l'un des plus forts reculs: le nombre de mises en chantier a chuté de 64 % comparativement à l'an dernier. Cette baisse s'explique surtout par le fait que seuls 11 logements locatifs ont été mis en chantier, contre 396 pendant la même période en 2005. Quant au nombre de copropriétés, il a diminué de 15 %, a précisé la SCHL.

Le ralentissement a été à peu près généralisé. Après la stabilité du mois de mai, qui recouvrait néanmoins des différentes notables selon les catégories, la baisse d'activité à l'échelle du Québec a touché les deux principaux types d'habitation — les maisons individuelles et les logements collectifs —, de même que la plupart des grands centres urbains.

«Le tableau est en effet assez homogène», écrit Kevin Hughes, économiste principal à la SCHL.

«Jusqu'à présent en 2006, la construction résidentielle a fait un bond uniquement lorsqu'un projet d'ensemble de logements collectifs a fait surface, comme c'était le cas à Sherbrooke le mois dernier.»

Le marché de la revente

Les mises en chantier de logements collectifs ont reculé de 6 % en juin par rapport à l'an dernier, et la baisse atteint 16 % pour les maisons individuelles, a précisé la SCHL. Selon l'agence fédérale, la conjoncture économique «modérée» et le marché de la revente font partie des facteurs expliquant le ralentissement. Plutôt que d'acheter un logement neuf, les ménages optent pour un logement existant, dont le prix se négocie plus aisément qu'avant en raison du grand nombre d'inscriptions sur le marché.

Sur les six premiers mois de l'année, la construction de logements collectifs accuse un retard de 2 % par rapport à celle observée l'an dernier. En ce qui concerne les maisons individuelles, le retard est de 9 %. Le bilan pour l'ensemble du Québec traduit une baisse d'activité de 5 % par rapport au premier semestre 2005.

La situation observée depuis le début de l'année est très contrastée selon les régions et les catégories de logements. Alors que les mises en chantier ont diminué de 13 % dans les agglomérations de Montréal et de Québec, elles ont bondi de 20 % à Trois-Rivières, de 21 % à Gatineau et de 47 % à Sherbrooke. Les chiffres de ces trois derniers centres urbains s'expliquent cependant par d'importants projets de logements collectifs.

La situation pourrait changer dans la grande région de Montréal dans les mois qui viennent. Trois projets importants de logements locatifs, dans le créneau des résidences pour personnes âgées, devraient en effet être mis en branle sous peu sur l'île et à Laval, selon Paul Cardinal, analyste principal de marché la SCHL. «Ça va un peu venir rétablir les pendules pour le segment locatif», a-t-il dit lors d'un entretien.

Hausse au Canada

À l'échelle canadienne, la SCHL a noté une hausse d'activité au mois de juin. Corrigées des variations saisonnières et projetées sur un an, les mises en chantier suivaient un rythme de croisière de 232 200 maisons et logements en juin, en hausse de 4,5 % par rapport au mois de mai. La SCHL a expliqué cette augmentation par une activité accrue dans le créneau des logements collectifs.

Cependant, les mises en chantier enregistrées au deuxième trimestre sont de 9 % inférieures à celles du premier trimestre. La descente n'est pas terminée, a ajouté l'agence gouvernementale. «Selon nos prévisions, le rythme de la construction résidentielle ralentira au deuxième semestre 2006, car la montée des prix et la légère élévation des taux hypothécaires modéreront la demande, tant sur le marché du neuf que sur celui de l'existant», a affirmé son économiste en chef, Bob Dugan.
 
 
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