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L'ONU redoute un «ralentissement sensible» de l'économie mondiale

11 juillet 2006  Actualités économiques
L’ONU craint l’effet conjugué du déficit commercial américain, des prix du pétrole et des risques de pandémie de grippe. «Des prix pétroliers beaucoup plus élevés associés à une pénurie de pétrole paralyseraient la croissance économique
Photo : Agence Reuters
L’ONU craint l’effet conjugué du déficit commercial américain, des prix du pétrole et des risques de pandémie de grippe. «Des prix pétroliers beaucoup plus élevés associés à une pénurie de pétrole paralyseraient la croissance économique
Genève — L'ONU table sur une croissance mondiale de 3,6 % en 2006 mais elle redoute un «ralentissement sensible» au second semestre, sous l'effet conjugué du déficit commercial américain, des prix du pétrole et des risques de pandémie de grippe, selon un rapport publié hier.

«On s'attend à un ralentissement sensible dans la deuxième moitié de 2006», écrivent les Nations unies dans le rapport semestriel Situation et perspectives de l'économie mondiale, publié à Genève.

L'ONU compte désormais sur une croissance mondiale de 3,6 % cette année, soit autant qu'en 2005. C'est un peu plus que dans sa prévision publiée début 2006, lorsque l'ONU disait tabler sur une hausse du PIB mondial de 3,3 % seulement. Mais les experts onusiens expliquent que si «l'économie mondiale a commencé l'année avec vigueur», «les nouveaux risques de baisse apparus récemment pèseront sur l'économie mondiale à brève ou moyenne échéance».

Parmi ces risques, le rapport désigne le déficit courant des États-Unis, qui devrait dépasser 900 milliards de dollars cette année. Ses auteurs mettent en garde contre une forte dévaluation du dollar, qui aurait pour but de corriger ce déficit, et s'alarment d'un éventuel «moindre empressement» des pays excédentaires comme la Chine ou le Japon «à détenir des actifs libellés en dollars et à continuer de financer ainsi le déficit des États-Unis».

Un tel scénario se traduirait par «une compression brutale des dépenses des ménages et des entreprises américaines», qui entraînerait une forte contraction économique mondiale et un bouleversement des marchés financiers, avertissent les économistes de l'ONU.

Ils s'inquiètent aussi de l'envolée des prix du pétrole, qui, aux alentours de 75 $US le baril, sont à leur plus haut niveau nominal jamais atteint et juste 10 % en dessous de leur record de 1980 en termes réels. Le rapport affirme que «différents facteurs imprévus tels que les tensions géopolitiques et les catastrophes naturelles pourraient causer de graves ruptures d'approvisionnement».

Dans ce cas, «des prix pétroliers beaucoup plus élevés associés à une pénurie de pétrole paralyseraient la croissance économique mondiale», s'inquiètent les auteurs du rapport.

Face au risque de pandémie de grippe, qui est au plus haut depuis 1968, l'ONU relève qu'elle pourrait coûter à la planète entre 0,1 % et 10 % de son PIB en une année, le nombre de morts variant selon les estimations de 5 à 150 millions. Une telle éventualité aurait cependant «un impact brutal mais temporaire» sur l'activité économique. Les pays en développement à forte densité de population seraient les plus touchés, mais les économies les plus ouvertes souffriraient le plus de la rupture des flux financiers et commerciaux.

L'ONU s'inquiète aussi d'un éclatement de la bulle immobilière dans plusieurs pays, notamment aux États-Unis, qui serait provoqué par la hausse des taux d'intérêt.

Au niveau des régions, l'ONU s'attend toujours à une croissance soutenue des pays en développement, dont certains bénéficient de la hausse des cours du pétrole et des matières premières en général. Ces pays devraient afficher un PIB en hausse de 6,2 % cette année après 6,1 % en 2005 (et une prévision de 5,6 % donnée en janvier).

La reprise est surtout nette en Asie orientale (7,3 % contre 6,5 % prévus en janvier) et dans les Pays les moins avancés (+7,3 % après 6,9 % en 2005).

Pour l'ensemble des pays développés, le taux de croissance atteindrait 2,7 % comme en 2005, soit un peu plus que dans la précédente estimation (2,5 %). La hausse atteindrait environ 3 % aux États-Unis et 2 % dans la zone euro.
 
 
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