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Bell Aliant est lancé

C'est maintenant chose faite. Depuis hier, le 10 juillet, les titres d'un nouveau géant de la téléphonie s'échangent à la Bourse du TSX. Il s'agit des unités du nouveau fonds de revenus Bell Aliant Communications régionales dont le symbole boursier est BA.UN.

Ce fonds de revenu est l'aboutissement du vaste plan de restructuration amorcé il y a quelques mois par BCE, le seul conglomérat des télécommunications au pays. Au terme de ce plan, toutes les actions d'Aliant — elle était la filiale de BCE dans les Maritimes — ont été échangées vendredi dernier contre une unité du nouveau fonds. C'est donc dire que les actions d'Aliant sont totalement disparues du paysage boursier.

Outre l'échange d'unités contre les actions d'Aliant, BCE a procédé à une consolidation de ses propres actions sur la base de .915 nouvelle action contre une ancienne. Les actionnaires de BCE ont également reçu 0,085 unité du nouveau fonds pour chacune de leurs anciennes actions. Ce ratio d'échange tient compte du fait que BCE cède à la nouvelle société de fiducie sa participation de 64 % dans Bell Nordiq, un autre fonds de revenus créé il y a quelques années.

BCE accouche ainsi d'un animal très rare en Amérique du Nord dont il détiendra près de 45 % des unités en circulation. Un animal au sein duquel sont regroupées toutes les activités liées à la téléphonie avec fil d'Aliant, de Bell Nordiq (anciennement Télébec) et de BCE. De par sa taille, le fonds de revenus Bell Aliant Communications régionales figure parmi les deux plus grandes firmes du genre en Amérique du Nord. Elle fera la desserte d'un vaste territoire de plus de 1,5 million de kilomètres carrés couvrant six provinces canadiennes, c'est-à-dire les provinces des Maritimes, le Québec et l'Ontario. La société comptera 2,2 millions de clients résidentiels et 160 000 clients commerciaux.

La particularité du territoire desservi: sa densité plus faible que celle des grands centres urbains. Du coup, la concurrence des câblodistributeurs et nouveaux arrivants dans la téléphonie est beaucoup moins intense sur ce vaste territoire que dans les grands centres urbains. La raison: il coûte beaucoup plus cher d'installer les réseaux de communications en région alors que la densité de population au kilomètre carré est beaucoup plus faible que celle des centres urbains. C'est pourquoi le territoire que desservira la nouvelle société de fiducie n'a subi entre 2003 et 2005 qu'une faible érosion de moins de 1 % par année de sa part du marché. Cette faible érosion assure donc la nouvelle société d'une grande stabilité de ses revenus, ce qui cadre parfaitement bien avec la mission d'une société de fiducie.

Une grande stabilité qui ne signifie pas pour autant l'absence de tout potentiel de croissance. Loin de là. Car, pour compenser l'érosion des appels interurbains et des lignes téléphoniques traditionnelles, il y a les services à plus forte croissance que sont Internet à haute vitesse et la transmission de données à haute vitesse pour les entreprises. Et, de constater les dirigeants d'Aliant dans le mémorandum distribué à leurs actionnaires, le potentiel de ces nouveaux services est loin d'être entièrement réalisé. Le taux de pénétration d'Internet à haute vitesse en région est de 50 % inférieur à celui des grandes villes. La nouvelle société de fiducie peut certainement accélérer la croissance de ce service en fermant cet écart.

De surcroît, le réseau de la société de fiducie rejoint 70 % des foyers alors que la moyenne nationale de couverture porte sur 89 % des foyers. Là aussi la société peut fermer cet écart, ce qui accélérera sa croissance.

Ce n'est pas tout. La société sera très bien outillée pour offrir à la clientèle des groupes de services attrayants et très concurrentiels. En effet, le fonds de revenus, en plus d'exploiter directement les services filaires, sera le distributeur exclusif sur son territoire des services sans fil de Bell Mobilité et d'Aliant Mobilité. Idem pour la télévision par satellite Bell ExpressVu. Le fonds de revenus bénéficiera de surcroît de tout nouveau service ou produit découlant des efforts de recherche et de développement de BCE. C'est ainsi que le fonds pourra offrir la téléphonie cellulaire ultra rapide EVDO et la TV Internet (déjà en service chez Aliant).

Enfin, vu sa taille, le fonds de revenus agira certainement en tant qu'agent consolidant du secteur en acquérant d'autres réseaux de lignes régionales et rurales.

À court terme, les revenus annuels du fonds — ils ont été pro forma de 3,3 milliards de dollars pour 2005 — devraient croître de 1 % à 2 % au cours des prochaines années. Grâce aux économies d'échelle que la société serait en mesure de réaliser, les distributions annuelles aux sociétaires devraient croître de 2 % à 3 %.

Parlant de distributions annuelles, selon les données pro forma, elles auraient totalisé 617 millions de dollars ou 2,74 $ l'unité (basé sur le nombre d'actions en circulation d'Aliant au 31 mars) en 2005. Voilà une distribution passablement supérieure au dividende de 1,24 $ l'action que versait Aliant et à celui de 1,32 $ l'action que verse BCE. À leur cours actuel de près de 33 $, les unités de fonds de revenus Bell Aliant Communications régionales s'échangent sur la base d'un rendement annuel de 8,3 %, ce qui est respectable.

Courriel: cchiasson@proplacement.qc.ca

Classe Internet: www.proplacement.qc.ca
 
 
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