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La téléphonie n'est plus la principale source de revenus de BCE

Les actionnaires se sont prononcés à plus de 99 % en faveur de la création d'un fonds de revenus regroupant entre autres Aliant

8 juin 2006  Actualités économiques
Les nouvelles technologies comme Internet et le téléphone sans fil profitent de plus en plus à BCE. En 2005, ce secteur représentait 42 % des revenus de l’entreprise.
Photo : Agence Reuters
Les nouvelles technologies comme Internet et le téléphone sans fil profitent de plus en plus à BCE. En 2005, ce secteur représentait 42 % des revenus de l’entreprise.
Pour la première fois en 2006, le conglomérat BCE tirera plus d'argent des nouvelles technologies comme Internet et le sans fil que des services de téléphonie traditionnelle sur lesquels s'est toujours appuyée sa richesse.

En 2005, les secteurs en croissance représentaient 42 % des revenus de l'entreprise qui chapeaute Bell Canada. On s'attend à ce que cette part atteigne 55 % d'ici la fin de l'année et 65 % en 2008-09, a indiqué hier le p.-d.g. Michael Sabia.

D'après lui, cela démontre que l'entreprise est en mesure de concurrencer les anciens monopoles de la câblodistribution comme Vidéotron et Rogers, qui ont récemment commencé à éroder son monopole dans la téléphonie résidentielle avec leurs services de transmission de voix par Internet.

«En fait, penser que Bell dépend de ses services traditionnels pour ses revenus, c'est comme penser que les cellulaires ne sont que des téléphones. C'est vrai jusqu'à un certain point, mais ça l'est de moins en moins», a insisté l'homme d'affaires de 52 ans.

Michael Sabia a profité de l'assemblée annuelle de la compagnie pour défendre son bilan et répondre aux critiques des actionnaires, dont plusieurs sont mécontents de la stagnation du titre en bourse.

Hier à la Bourse de Toronto, l'action a clôturé à 27,53 $, en hausse de 0,03 $. Elle valait plus de 40 $ il y a cinq ans.

D'autres investisseurs ont plutôt dénoncé la rémunération de M. Sabia qu'ils jugent excessive. Un actionnaire a souligné que le dirigeant avait touché un total de 6,7 millions au cours de la dernière année, ce qui est supérieur aux salaires combinés du président américain et des premiers ministres Jean Charest, Dalton McGuinty et Stephen Harper.

Contrairement à ce qui avait été prévu, le p.-d.g. de BCE n'a pas eu à justifier la structure légale actuelle de BCE, que certains souhaitent voir transformée en fiducie de revenu le plus rapidement possible.

L'investisseur qui avait fait une proposition en ce sens ne s'est pas présenté à la réunion d'hier. Il n'y a donc eu ni débat, ni scrutin officiel. Le président du conseil d'administration Richard Currie a indiqué que 84 % des actionnaires qui avaient déjà voté avant l'assemblée s'étaient prononcés contre l'idée.

Fiducie

BCE pourra toutefois procéder à la création d'un fonds de revenus regroupant le géant des maritimes Aliant ainsi que les activités de téléphonie filaire de Bell Canada dans les régions rurales et limitrophes du Québec et de l'Ontario.

Ses actionnaires se sont en effet prononcés à plus de 99 % en faveur de la transaction lors d'un vote tenu hier. Ceux d'Aliant avaient donné le feu vert au projet il y a deux semaines à Halifax.

La mise sur pied de cette entreprise baptisée Bell Aliant communications régionales a été annoncée en mars dernier. La société comptera 3,4 millions d'abonnés au service local et BCE en sera actionnaire à hauteur de 73,5 %.

En marge de l'assemblée annuelle, Michael Sabia a souligné qu'il restait «beaucoup de travail à faire» pour mettre cette organisation sur les rails afin qu'elle desserve bien sa clientèle.

Par ailleurs, le p.-d.g. a confirmé que Telesat ferait bientôt son entrée en bourse, plus d'un quart de siècle après avoir fait l'histoire en lançant son premier satellite commercial de télécommunications, Anik-A1. «Notre intention est de transformer l'entreprise en société ouverte, a répété M. Sabia à l'issue de la réunion. Nous croyons qu'il y a là des occasions pour Telesat et pour BCE.»

Telesat a été créée en 1969. Son siège social est situé à Ottawa. La compagnie exploite une demi-douzaine de satellites pour la radiodiffusion, la téléphonie et la transmission de données.

Pour l'exercice financier terminé le 31 décembre 2005, elle a déclaré un bénéfice net de 88,9 millions. Il s'agit d'une hausse de 6,6 % par rapport au bénéfice net sans précédent de 83,4 millions enregistré en 2004. Ses revenus ont atteint 474,7 millions pour l'année.
 
 
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