Conférence sur la gouvernance des sociétés d'État - Gomery croit que les Canadiens veulent plus de transparence
31 mai 2006
Actualités économiques
Photo : Jacques Nadeau
Le juge John H. Gomery, célèbre pour avoir présidé la commission qui a enquêté sur le scandale des commandites, et l’ancien premier ministre du Québec Jacques Parizeau ont pris la parole à l’occasion d’un colloque sur la gouvernance des soc
La population canadienne souhaite plus de transparence et de responsabilité, ainsi qu'une «dépolitisation» des sociétés d'État, estime le juge John H. Gomery.
Le juge, célèbre pour avoir présidé la commission qui a enquêté sur le scandale des commandites, a pris la parole à l'occasion d'un colloque sur la gouvernance des sociétés d'État, qui s'est tenu hier à l'école des Hautes études commerciales à Montréal.
«Cette tendance envers une meilleure imputabilité de la part des conseils d'administration des corporations publiques reçoit l'approbation inconditionnelle de la population en général», a dit le juge à son auditoire formé de dirigeants d'entreprises et de membres de conseils d'administration de différentes sociétés.
«Cette même population désire profondément une meilleure transparence et imputabilité et la dépolitisation des sociétés d'État. Le public favorisera toute réforme visant ces objectifs», a ajouté le juge Gomery, qui a admis retourner «avec soulagement» à son poste de juge à la Cour supérieure.
«Belle naïveté»
Prenant la parole au même colloque, l'ancien ministre fédéral des Transports Jean Lapierre a mis un bémol à ces propos sur la nécessaire distance entre le politique et la gestion des sociétés d'État, qu'il juge trop candides. «Les citoyens, leur seul recours, c'est auprès de leurs élus. Les seuls qui peuvent répondre devant la population et se faire mettre dehors par la population, ce sont les élus», a-t-il plaidé. «M. Gomery a une belle naïveté. [...] La réalité, c'est que si on forme une société de la Couronne, c'est pour poursuivre des objectifs politiques.»
Présent au même colloque, l'ancien premier ministre du Québec Jacques Parizeau a abondé dans ce sens, laissant entendre qu'une certaine présence politique demeurait inévitable, bien qu'elle n'ait pas à se mêler de la gestion quotidienne d'une société d'État. «Il ne faut pas un instant s'imaginer qu'on va sortir le gouvernement des sociétés d'État. Ce n'est pas vrai. On peut aménager les rapports entre les deux, entre la société d'État et le ministre de tutelle, mais on ne peut pas éliminer le rôle du ministre. Dans ce sens-là, la politique, c'est inévitable», a opiné M. Parizeau.
Quota de femmes
Jean Lapierre et Jacques Parizeau ont par ailleurs jugé irréaliste la volonté du gouvernement du Québec d'imposer une part égale de femmes et d'hommes au sein des conseils d'administration des sociétés d'État. Les candidates à de tels postes ne sont pas suffisamment nombreuses, a soutenu Jean Lapierre, et il faudrait donc «faire des concessions sur la compétence» pour atteindre le quota de femmes, a-t-il déploré. «Je ne suis pas d'accord avec le système des quotas parce que si on commence ça, il va falloir avoir des quotas aussi pour les représentants des communautés culturelles, après ça des représentants des communautés linguistiques et, à ce moment-là, ça ne finit plus.»
Jacques Parizeau a également manifesté de la réticence. «Ça, c'est des voeux pieux», a-t-il d'abord lancé. «Être capable d'appliquer dans chaque cas la parité hommes-femmes, moi ça me paraît... non, je trouve que c'est exagéré. Qu'on fasse un gros effort pour en recruter, oui, certainement. [...] Mais les quotas stricts moitié- moitié, dans toutes les sociétés d'État, je pense que c'est illusoire».
C'est le ministre des Finances Michel Audet qui a dévoilé, en avril dernier, un énoncé de politique sur les conseils d'administration des sociétés d'État qui traitait de critères comme la transparence, la responsabilité et l'indépendance. Le ministre Audet avait notamment souligné que la représentativité de la société québécoise devrait être respectée au sein de ces conseils d'administration, notamment par la présence d'une part égale d'hommes et de femmes. Un projet de loi pour traduire cet énoncé de politique doit être déposé cet automne.
Le juge, célèbre pour avoir présidé la commission qui a enquêté sur le scandale des commandites, a pris la parole à l'occasion d'un colloque sur la gouvernance des sociétés d'État, qui s'est tenu hier à l'école des Hautes études commerciales à Montréal.
«Cette tendance envers une meilleure imputabilité de la part des conseils d'administration des corporations publiques reçoit l'approbation inconditionnelle de la population en général», a dit le juge à son auditoire formé de dirigeants d'entreprises et de membres de conseils d'administration de différentes sociétés.
«Cette même population désire profondément une meilleure transparence et imputabilité et la dépolitisation des sociétés d'État. Le public favorisera toute réforme visant ces objectifs», a ajouté le juge Gomery, qui a admis retourner «avec soulagement» à son poste de juge à la Cour supérieure.
«Belle naïveté»
Prenant la parole au même colloque, l'ancien ministre fédéral des Transports Jean Lapierre a mis un bémol à ces propos sur la nécessaire distance entre le politique et la gestion des sociétés d'État, qu'il juge trop candides. «Les citoyens, leur seul recours, c'est auprès de leurs élus. Les seuls qui peuvent répondre devant la population et se faire mettre dehors par la population, ce sont les élus», a-t-il plaidé. «M. Gomery a une belle naïveté. [...] La réalité, c'est que si on forme une société de la Couronne, c'est pour poursuivre des objectifs politiques.»
Présent au même colloque, l'ancien premier ministre du Québec Jacques Parizeau a abondé dans ce sens, laissant entendre qu'une certaine présence politique demeurait inévitable, bien qu'elle n'ait pas à se mêler de la gestion quotidienne d'une société d'État. «Il ne faut pas un instant s'imaginer qu'on va sortir le gouvernement des sociétés d'État. Ce n'est pas vrai. On peut aménager les rapports entre les deux, entre la société d'État et le ministre de tutelle, mais on ne peut pas éliminer le rôle du ministre. Dans ce sens-là, la politique, c'est inévitable», a opiné M. Parizeau.
Quota de femmes
Jean Lapierre et Jacques Parizeau ont par ailleurs jugé irréaliste la volonté du gouvernement du Québec d'imposer une part égale de femmes et d'hommes au sein des conseils d'administration des sociétés d'État. Les candidates à de tels postes ne sont pas suffisamment nombreuses, a soutenu Jean Lapierre, et il faudrait donc «faire des concessions sur la compétence» pour atteindre le quota de femmes, a-t-il déploré. «Je ne suis pas d'accord avec le système des quotas parce que si on commence ça, il va falloir avoir des quotas aussi pour les représentants des communautés culturelles, après ça des représentants des communautés linguistiques et, à ce moment-là, ça ne finit plus.»
Jacques Parizeau a également manifesté de la réticence. «Ça, c'est des voeux pieux», a-t-il d'abord lancé. «Être capable d'appliquer dans chaque cas la parité hommes-femmes, moi ça me paraît... non, je trouve que c'est exagéré. Qu'on fasse un gros effort pour en recruter, oui, certainement. [...] Mais les quotas stricts moitié- moitié, dans toutes les sociétés d'État, je pense que c'est illusoire».
C'est le ministre des Finances Michel Audet qui a dévoilé, en avril dernier, un énoncé de politique sur les conseils d'administration des sociétés d'État qui traitait de critères comme la transparence, la responsabilité et l'indépendance. Le ministre Audet avait notamment souligné que la représentativité de la société québécoise devrait être respectée au sein de ces conseils d'administration, notamment par la présence d'une part égale d'hommes et de femmes. Un projet de loi pour traduire cet énoncé de politique doit être déposé cet automne.
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