Amérique latine: la fronde contre les compagnies pétrolières s'intensifie
2 mai 2006
Actualités économiques
Photo : Agence France-Presse
Une Bolivienne attend pour se procurer du gaz, à La Paz, plus tôt en 2005. La Bolivie qui produit 40 000 barils de pétrole par jour, est une des nations les plus pauvres du sous-continent, où la misère touche 70 % de la population.
La Paz — La nationalisation des hydrocarbures proclamée hier en Bolivie constitue un nouvel épisode de la contestation croissante à l'encontre des compagnies pétrolières étrangères en Amérique latine, où l'arrivée de gouvernements de gauche a imposé de nouvelles règles du jeu.
Le président bolivien Evo Morales, qui a toujours dénoncé le pillage de l'un des pays les plus pauvres du sous-continent malgré ses immenses ressources naturelles, a lancé un ultimatum en ordonnant aux multinationales de verser plus de 80 % des bénéfices à la compagnie pétrolière publique YPFB, désormais chargée de gérer tous les gisements boliviens.
Avec la décision annoncée hier, M. Morales remplit une promesse de sa campagne électorale. Il suit aussi l'exemple de son allié, le président vénézuélien Hugo Chavez, même s'il va plus loin en ordonnant dans un geste fort la prise de contrôle par l'armée de tous les gisements d'hydrocarbures en Bolivie.
Le Venezuela vient quant à lui d'imposer aux compagnies étrangères la stricte application d'une loi sur les hydrocarbures datant de 2001, en faisant passer les impôts sur les bénéfices de 34 % à 50 % et les royalties de 0 % à 30 %.
Le président Chavez a contraint les groupes étrangers à modifier des contrats signés dans les années 1990 et à s'associer systématiquement avec la compagnie publique PDVSA en lui réservant une participation de 60 %.
Une vingtaine de multinationales se sont pliés à cette exigence, dont les groupes américains Chevron et Harvest, l'anglo-hollandais Shell, le britannique BP, l'espagnol Repsol, le chinois CNP et le brésilien Petrobras, alors que la plus grande compagnie pétrolière du monde ExxonMobil a préféré vendre sa participation dans un gisement.
En revanche, l'intervention de l'armée ne s'était produite au Venezuela que sur des gisements contrôlés par le français Total et l'italien Eni pour les inciter à payer les arriérés fiscaux que Caracas leur réclamait pour avoir profité des précédents contrats. Petrobras et Shell notamment ont déjà réglé plus de 30 millions de dollars et Total a récemment cédé en remboursant des arriérés estimés à
108 millions de dollars.
En Équateur, cinquième producteur d'Amérique latine, avec 530 000 barils de brut par jour, le gouvernement a imposé en avril une nouvelle loi sur les gains des pétroliers étrangers.
Devant la flambée du prix du pétrole, Quito a décidé de répartir à égalité les bénéfices provenant de la différence entre le prix du marché du brut à l'exportation avec le prix fixé dans leur contrat.
Le Pérou pourrait suivre ce mouvement de fronde en cas d'élection du nationaliste Ollanta Humala, vainqueur du premier tour de la présidentielle. Ce dernier a du reste promis, en cas de victoire, des «nationalisations stratégiques» dans le domaine des hydrocarbures et des mines, et la révision des contrat des compagnies étrangères.
Plus symboliquement, le président argentin Nestor Kirchner avait de son côté lancé l'an dernier un boycottage des multinationales en raison de l'augmentation de leurs prix de l'essence sur le marché intérieur, faisant plier Esso puis Shell qui avaient vu leurs ventes diminuer de 50 %.
Le président bolivien Evo Morales, qui a toujours dénoncé le pillage de l'un des pays les plus pauvres du sous-continent malgré ses immenses ressources naturelles, a lancé un ultimatum en ordonnant aux multinationales de verser plus de 80 % des bénéfices à la compagnie pétrolière publique YPFB, désormais chargée de gérer tous les gisements boliviens.
Avec la décision annoncée hier, M. Morales remplit une promesse de sa campagne électorale. Il suit aussi l'exemple de son allié, le président vénézuélien Hugo Chavez, même s'il va plus loin en ordonnant dans un geste fort la prise de contrôle par l'armée de tous les gisements d'hydrocarbures en Bolivie.
Le Venezuela vient quant à lui d'imposer aux compagnies étrangères la stricte application d'une loi sur les hydrocarbures datant de 2001, en faisant passer les impôts sur les bénéfices de 34 % à 50 % et les royalties de 0 % à 30 %.
Le président Chavez a contraint les groupes étrangers à modifier des contrats signés dans les années 1990 et à s'associer systématiquement avec la compagnie publique PDVSA en lui réservant une participation de 60 %.
Une vingtaine de multinationales se sont pliés à cette exigence, dont les groupes américains Chevron et Harvest, l'anglo-hollandais Shell, le britannique BP, l'espagnol Repsol, le chinois CNP et le brésilien Petrobras, alors que la plus grande compagnie pétrolière du monde ExxonMobil a préféré vendre sa participation dans un gisement.
En revanche, l'intervention de l'armée ne s'était produite au Venezuela que sur des gisements contrôlés par le français Total et l'italien Eni pour les inciter à payer les arriérés fiscaux que Caracas leur réclamait pour avoir profité des précédents contrats. Petrobras et Shell notamment ont déjà réglé plus de 30 millions de dollars et Total a récemment cédé en remboursant des arriérés estimés à
108 millions de dollars.
En Équateur, cinquième producteur d'Amérique latine, avec 530 000 barils de brut par jour, le gouvernement a imposé en avril une nouvelle loi sur les gains des pétroliers étrangers.
Devant la flambée du prix du pétrole, Quito a décidé de répartir à égalité les bénéfices provenant de la différence entre le prix du marché du brut à l'exportation avec le prix fixé dans leur contrat.
Le Pérou pourrait suivre ce mouvement de fronde en cas d'élection du nationaliste Ollanta Humala, vainqueur du premier tour de la présidentielle. Ce dernier a du reste promis, en cas de victoire, des «nationalisations stratégiques» dans le domaine des hydrocarbures et des mines, et la révision des contrat des compagnies étrangères.
Plus symboliquement, le président argentin Nestor Kirchner avait de son côté lancé l'an dernier un boycottage des multinationales en raison de l'augmentation de leurs prix de l'essence sur le marché intérieur, faisant plier Esso puis Shell qui avaient vu leurs ventes diminuer de 50 %.
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