Forte croissance américaine au premier trimestre
29 avril 2006
Actualités économiques
Photo : Agence Reuters
Le président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, s’était dit confiant en ce qui concerne la croissance tout en avertissant qu’un ralentissement était probable.
Washington — La croissance américaine a vivement accéléré au premier trimestre, à 4,8 % en rythme annuel, et cette bonne santé devrait se maintenir même si un ralentissement est prévisible.
La hausse du PIB, annoncée hier par le département du Commerce, est à peu près conforme aux prévisions des analystes, qui tablaient sur 4,9 %. Il faut remonter au troisième trimestre 2003 pour trouver une croissance plus élevée.
«Il est clair qu'une grande partie de cette vigueur représente un rattrapage après un quatrième trimestre particulièrement faible», souligne Ethan Harris, chef économiste de Lehman Brothers pour les États-Unis. Mais «la dynamique reste forte pour l'avenir», ajoute-t-il.
Comme d'habitude, la croissance a été portée au premier trimestre par un formidable appétit de consommation (+5,5 %), les Américains achetant massivement des biens durables comme des voitures ou des réfrigérateurs par exemple.
Les dépenses publiques ont bondi à l'heure de la guerre en Irak et de la reconstruction post-Katrina, et les entreprises ont aussi apporté leur pierre à la croissance en investissant massivement (+14,3 %).
Un tel scénario est peu à même de se reproduire. «Je prévois une certaine modération de la croissance, même si elle va rester vigoureuse pendant un moment», a commenté le secrétaire au Trésor, John Snow, sur la chaîne de télévision CNBC.
Les consommateurs notamment risquent de s'essouffler avec la flambée des prix du pétrole et la hausse des taux d'intérêt. «Nous ne reverrons pas de sitôt un rythme de 4,8 %, il faut plutôt tabler sur 3,8 % pour le deuxième trimestre», souligne Ethan Harris.
Cela reste une croissance très vigoureuse, à faire pâlir d'envie la plupart des pays européens.
En effet, une conjonction de facteurs prépare le terrain à une expansion robuste. «L'investissement des entreprises rebondit et la vigueur des exportations est un signe du raffermissement de l'économie mondiale», note Sal Guatieri de BMO Financial Group.
Le faible niveau des stocks des entreprises aussi augure bien de la croissance à venir: il va falloir produire plus pour les regarnir, et c'est autant pour la hausse du PIB.
Jeudi, le président de la Réserve fédérale (Fed) Ben Bernanke s'était dit confiant en ce qui concerne la croissance tout en avertissant qu'un ralentissement était probable. Il avait aussi évoqué l'idée d'une pause dans le cycle de hausse du taux directeur, aujourd'hui fixé à 4,75 %, le temps pour la banque centrale de prendre un peu de recul sur l'effet de sa politique de resserrement monétaire.
Après son discours, les chiffres du PIB n'ont pas changé grand chose aux attentes des analystes, dont beaucoup prévoient une pause dès la réunion de la Fed en juin.
Sur le front de l'inflation ainsi, le rapport révèle un ralentissement de la hausse des prix «et c'est une bonne nouvelle, qui plaide pour une pause dans le cycle de resserrement monétaire», note John Lonski de Moody's Investors Service.
L'économiste s'attend à deux nouvelles hausses de taux en mai et en juin. D'autres économistes cependant vont plus loin, en soulignant qu'à 2 % le taux d'inflation le plus suivi de la Fed se rapproche dangereusement de la limite acceptable pour la banque centrale.
«Les marchés spéculent sur un arrêt en juin. C'est à mon avis improbable, surtout si nous avons de bons chiffres» par exemple sur le chômage, indique M. Harris. Lui table sur deux hausses en mai et juin, une pause en août et un nouveau tour de vis monétaire en septembre.
La hausse du PIB, annoncée hier par le département du Commerce, est à peu près conforme aux prévisions des analystes, qui tablaient sur 4,9 %. Il faut remonter au troisième trimestre 2003 pour trouver une croissance plus élevée.
«Il est clair qu'une grande partie de cette vigueur représente un rattrapage après un quatrième trimestre particulièrement faible», souligne Ethan Harris, chef économiste de Lehman Brothers pour les États-Unis. Mais «la dynamique reste forte pour l'avenir», ajoute-t-il.
Comme d'habitude, la croissance a été portée au premier trimestre par un formidable appétit de consommation (+5,5 %), les Américains achetant massivement des biens durables comme des voitures ou des réfrigérateurs par exemple.
Les dépenses publiques ont bondi à l'heure de la guerre en Irak et de la reconstruction post-Katrina, et les entreprises ont aussi apporté leur pierre à la croissance en investissant massivement (+14,3 %).
Un tel scénario est peu à même de se reproduire. «Je prévois une certaine modération de la croissance, même si elle va rester vigoureuse pendant un moment», a commenté le secrétaire au Trésor, John Snow, sur la chaîne de télévision CNBC.
Les consommateurs notamment risquent de s'essouffler avec la flambée des prix du pétrole et la hausse des taux d'intérêt. «Nous ne reverrons pas de sitôt un rythme de 4,8 %, il faut plutôt tabler sur 3,8 % pour le deuxième trimestre», souligne Ethan Harris.
Cela reste une croissance très vigoureuse, à faire pâlir d'envie la plupart des pays européens.
En effet, une conjonction de facteurs prépare le terrain à une expansion robuste. «L'investissement des entreprises rebondit et la vigueur des exportations est un signe du raffermissement de l'économie mondiale», note Sal Guatieri de BMO Financial Group.
Le faible niveau des stocks des entreprises aussi augure bien de la croissance à venir: il va falloir produire plus pour les regarnir, et c'est autant pour la hausse du PIB.
Jeudi, le président de la Réserve fédérale (Fed) Ben Bernanke s'était dit confiant en ce qui concerne la croissance tout en avertissant qu'un ralentissement était probable. Il avait aussi évoqué l'idée d'une pause dans le cycle de hausse du taux directeur, aujourd'hui fixé à 4,75 %, le temps pour la banque centrale de prendre un peu de recul sur l'effet de sa politique de resserrement monétaire.
Après son discours, les chiffres du PIB n'ont pas changé grand chose aux attentes des analystes, dont beaucoup prévoient une pause dès la réunion de la Fed en juin.
Sur le front de l'inflation ainsi, le rapport révèle un ralentissement de la hausse des prix «et c'est une bonne nouvelle, qui plaide pour une pause dans le cycle de resserrement monétaire», note John Lonski de Moody's Investors Service.
L'économiste s'attend à deux nouvelles hausses de taux en mai et en juin. D'autres économistes cependant vont plus loin, en soulignant qu'à 2 % le taux d'inflation le plus suivi de la Fed se rapproche dangereusement de la limite acceptable pour la banque centrale.
«Les marchés spéculent sur un arrêt en juin. C'est à mon avis improbable, surtout si nous avons de bons chiffres» par exemple sur le chômage, indique M. Harris. Lui table sur deux hausses en mai et juin, une pause en août et un nouveau tour de vis monétaire en septembre.
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