Le risque
Dans la vie de tous les jours, le risque est omniprésent, et le risque financier encore plus. Pour les travailleurs, le risque peut être la perte d'un emploi; pour les entreprises, le risque peut se traduire par l'échec du lancement d'un nouveau produit; enfin, pour les épargnants, il peut s'agir d'une baisse prononcée du marché. Généralement, les individus n'apprécient pas le risque et préfèrent la certitude à l'incertitude: les investisseurs ont pour la plupart une aversion pour le risque. Mais les mêmes investisseurs sont aussi bien conscients de la pertinence de la maxime «qui ne risque rien n'a rien».
Chaque investisseur possède sa propre définition du risque. Pour certains, le risque peut être conçu comme étant la probabilité d'obtenir un rendement négatif. Pour d'autres, le risque est la possibilité de perdre tout son argent ou d'obtenir un rendement inférieur à celui des bons du Trésor. Les définitions du risque sont donc nombreuses mais ont toutes en commun la notion de perte. En règle générale, le comportement de l'investisseur, surtout son aversion pour le risque, varie en fonction de ses états d'âme et des caprices du marché.
Pour mon plus grand malheur, les investisseurs ont tendance à prendre de gros risques lors de hausses importantes du marché. Ils croient à tort que le marché atteindra toujours des «sommets» inégalés. Le corollaire de cette attitude, c'est l'incapacité d'acheter quand le marché est bas, comme actuellement, alors que le risque est plus faible. Paradoxe: la Bourse est le seul endroit au monde où les investisseurs achètent quand les prix sont au maximum et délaissent l'achat quand les prix sont faibles.
Les trois dernières années ont mis en évidence la mauvaise perception du risque inhérent aux produits financiers. Beaucoup d'investisseurs ne s'attendaient pas à des mouvements prononcés de certains secteurs du marché: par conséquent, ils ne possédaient pas des portefeuilles qui correspondaient réellement à leur tolérance au risque.
Chaque développement technologique amène
inévitablement des excès spéculatifs, et le dernier boom financier n'a pas fait exception à cette règle. Les taux d'intérêt bas ainsi que l'accès facile au crédit ont créé un environnement propice à la fois à la formation de la bulle financière et aux manipulations comptables. Cette explosion du marché des années 90 a laissé peu de place à l'analyse du risque. En effet, les titres d'Internet, des technologies et des télécommunications ont formé une bulle financière qui a simplement volé la vedette.
La période actuelle est idéale pour tenter de connaître vos réactions par rapport au risque. Posez-vous les questions qui s'imposent afin de comprendre vos réactions lorsque le marché dégringole. Quelle a été votre réaction à la suite de la baisse des marchés? Que feriez-vous si la valeur de votre portefeuille continuait à diminuer au cours des six prochains mois? De quel montant doit diminuer votre portefeuille avant que vous n'exigiez de faire modifier vos placements? Discutez de vos réactions avec votre représentant pour être certain d'avoir le portefeuille qui vous convient.
Réponses à vos questions
Nos dernières chroniques sur les régimes d'épargne-études et les fonds de travailleurs ont soulevé de nombreux commentaires et questions de la part des lecteurs. Ainsi, en réponse à M. M. P., je tiens à souligner qu'en effet, plusieurs investisseurs croient à tort — certaines campagnes publicitaires renforcent d'ailleurs cette croyance — que l'avantage fiscal est une raison suffisante pour faire l'acquisition de parts de fonds de travailleurs. En effet, on n'acquiert jamais un produit financier pour l'avantage fiscal. Un produit financier doit d'abord répondre à des critères de rentabilité, et l'avantage fiscal n'est qu'un plus, intéressant j'en conviens, mais son effet est vraiment à court terme et ne se répète pas. Quand on veut investir sérieusement, on se place dans une optique à long terme, donc sur plusieurs années.
Mme D.S., au sujet du REEE, je voudrais vous rappeler que le concept d'études postsecondaires est très large: les cours professionnels au secondaire sont admissibles, et les cours techniques dans des institutions privées le sont également. Il faut aussi savoir que les parents et conjoints qui cotisent peuvent retrouver entièrement le capital investi puisqu'il n'a pas fait l'objet d'une déduction fiscale et transférer les gains accumulés dans leur REER; ils doivent cependant retourner la subvention au gouvernement fédéral. C'est pour cette raison que l'on conseille d'ajouter un nouveau bénéficiaire, qui pourrait être un étudiant de sa famille ou de son entourage.
questions@avantages.com
Michel Marcoux est président d'Avantages Services Financiers inc., une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement.
Chaque investisseur possède sa propre définition du risque. Pour certains, le risque peut être conçu comme étant la probabilité d'obtenir un rendement négatif. Pour d'autres, le risque est la possibilité de perdre tout son argent ou d'obtenir un rendement inférieur à celui des bons du Trésor. Les définitions du risque sont donc nombreuses mais ont toutes en commun la notion de perte. En règle générale, le comportement de l'investisseur, surtout son aversion pour le risque, varie en fonction de ses états d'âme et des caprices du marché.
Pour mon plus grand malheur, les investisseurs ont tendance à prendre de gros risques lors de hausses importantes du marché. Ils croient à tort que le marché atteindra toujours des «sommets» inégalés. Le corollaire de cette attitude, c'est l'incapacité d'acheter quand le marché est bas, comme actuellement, alors que le risque est plus faible. Paradoxe: la Bourse est le seul endroit au monde où les investisseurs achètent quand les prix sont au maximum et délaissent l'achat quand les prix sont faibles.
Les trois dernières années ont mis en évidence la mauvaise perception du risque inhérent aux produits financiers. Beaucoup d'investisseurs ne s'attendaient pas à des mouvements prononcés de certains secteurs du marché: par conséquent, ils ne possédaient pas des portefeuilles qui correspondaient réellement à leur tolérance au risque.
Chaque développement technologique amène
inévitablement des excès spéculatifs, et le dernier boom financier n'a pas fait exception à cette règle. Les taux d'intérêt bas ainsi que l'accès facile au crédit ont créé un environnement propice à la fois à la formation de la bulle financière et aux manipulations comptables. Cette explosion du marché des années 90 a laissé peu de place à l'analyse du risque. En effet, les titres d'Internet, des technologies et des télécommunications ont formé une bulle financière qui a simplement volé la vedette.
La période actuelle est idéale pour tenter de connaître vos réactions par rapport au risque. Posez-vous les questions qui s'imposent afin de comprendre vos réactions lorsque le marché dégringole. Quelle a été votre réaction à la suite de la baisse des marchés? Que feriez-vous si la valeur de votre portefeuille continuait à diminuer au cours des six prochains mois? De quel montant doit diminuer votre portefeuille avant que vous n'exigiez de faire modifier vos placements? Discutez de vos réactions avec votre représentant pour être certain d'avoir le portefeuille qui vous convient.
Réponses à vos questions
Nos dernières chroniques sur les régimes d'épargne-études et les fonds de travailleurs ont soulevé de nombreux commentaires et questions de la part des lecteurs. Ainsi, en réponse à M. M. P., je tiens à souligner qu'en effet, plusieurs investisseurs croient à tort — certaines campagnes publicitaires renforcent d'ailleurs cette croyance — que l'avantage fiscal est une raison suffisante pour faire l'acquisition de parts de fonds de travailleurs. En effet, on n'acquiert jamais un produit financier pour l'avantage fiscal. Un produit financier doit d'abord répondre à des critères de rentabilité, et l'avantage fiscal n'est qu'un plus, intéressant j'en conviens, mais son effet est vraiment à court terme et ne se répète pas. Quand on veut investir sérieusement, on se place dans une optique à long terme, donc sur plusieurs années.
Mme D.S., au sujet du REEE, je voudrais vous rappeler que le concept d'études postsecondaires est très large: les cours professionnels au secondaire sont admissibles, et les cours techniques dans des institutions privées le sont également. Il faut aussi savoir que les parents et conjoints qui cotisent peuvent retrouver entièrement le capital investi puisqu'il n'a pas fait l'objet d'une déduction fiscale et transférer les gains accumulés dans leur REER; ils doivent cependant retourner la subvention au gouvernement fédéral. C'est pour cette raison que l'on conseille d'ajouter un nouveau bénéficiaire, qui pourrait être un étudiant de sa famille ou de son entourage.
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Michel Marcoux est président d'Avantages Services Financiers inc., une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement.
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