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GM cède la majorité de sa filiale financière pour sauver les meubles

Un consortium paiera 14 milliards pour 51% de GMAC

4 avril 2006  Actualités économiques
La vente de GMAC «va doper significativement les liquidités de GM», a déclaré Robert Schultz, de l’agence de notation Standard and Poor’s.
Photo : Agence Reuters
La vente de GMAC «va doper significativement les liquidités de GM», a déclaré Robert Schultz, de l’agence de notation Standard and Poor’s.
New York — Le leader mondial de l'automobile General Motors, actuellement en grandes difficultés, va céder 51 % de sa filiale financière GMAC pour obtenir des liquidités cruciales pour la poursuite de ses opérations.

Après plusieurs mois de spéculations, GM a trouvé preneur pour cette majorité de contrôle dans GMAC. Un consortium mené par le fonds Cerberus et la banque Citigroup va payer 14 milliards de dollars, dont 10 milliards lors de la finalisation et 4 milliards sur les trois prochaines années, «ce qui va doper significativement les liquidités de GM», a déclaré Robert Schultz, de l'agence de notation Standard and Poor's (SP).

Cette manne va en effet alimenter une trésorerie relativement limitée, actuellement d'environ 20 milliards selon cet analyste, là où le groupe a accusé une perte nette de 10,6 milliards l'an passé avec un endettement de 32 milliards fin 2005. La vente d'une participation majoritaire de GMAC était cruciale pour GM, qui avait annoncé à l'automne dernier ce projet en même temps qu'un plan d'économies de 7 milliards de dollars par an, notamment au moyen de compressions dans les prestations santé. GM compte parallèlement fermer 12 usines et supprimer 30 000 emplois d'ici 2008.

GM est plombé par son activité automobile en Amérique du Nord, qui souffre de coûts fixes trop élevés et d'un déclin de ses parts de marché. Par contraste, GMAC a généré 2,4 milliards de bénéfice net en 2005.

«GM doit régler d'autres problèmes», juge toutefois Owen Fitzpatrick, un avis partagé par de nombreux analystes et qui se reflétait hier avec le recul à la Bourse de New York de 1,55 % de l'action GM à 20,94 dollars.

Si GM fait valoir que cette transaction devrait permettre de quitter la catégorie des investissements à risques chez les agences de notation pour renouer avec celle des investissements — qui rend le crédit plus accessible et moins cher —, les doutes demeurent.

Moody's et SP envisageaient ainsi toujours hier d'abaisser les notes de GM et de GMAC.

Pour Moody's, le consortium «n'est pas un investisseur stratégique». Par ailleurs, «GMAC continuera d'être exposé, à la fois directement et indirectement, à la santé de GM».

Selon Robert Schultz, «GM pourrait bénéficier à court terme de la stabilité issue des financements de GMAC pour ses activités automobiles», mais «GM s'expose aussi au risque que les nouveaux actionnaires de GMAC réduisent le montant du soutien financier».

Par ailleurs, rappelle-t-il, le sort de GM reste étroitement lié «aux futurs développements chez Delphi», son principal équipementier et ex-filiale.

Delphi, placé sous la protection de la loi sur les faillites, a dénoncé vendredi dernier les conventions collectives de ses employés faute d'un compromis sur des réductions de salaires, ce qui relance la menace d'une grève, qui serait lourde de conséquences pour GM.

Cette mauvaise nouvelle fait suite à un accord tripartite entre Delphi, GM et le syndicat automobile UAW sur des départs anticipés et en retraites, dont la facture pour GM n'est pas encore connue.

GM est déjà exposé à hauteur de 5,5 milliards pour la restructuration de Delphi, et une grève de 60 jours chez ce dernier causerait «une hémorragie de liquidités de

8 à 9 milliards» au constructeur, selon Merrill Lynch.

Toutefois, le risque de voir GM se placer sous la protection de la loi sur les faillites est jugé faible tant par les analystes de SP que de Bernstein Research.

Plusieurs analystes estiment que l'exposition à Delphi est à ce stade plus cruciale que le besoin de GM de reprendre des parts de marché aux États-Unis et que les problèmes comptables du groupe sur lesquels la Commission des opérations en Bourse américaine (SEC) mène actuellement plusieurs enquêtes.
 
 
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