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Bush persiste à vouloir céder le contrôle de ports à une compagnie arabe

1 mars 2006  Actualités économiques
Edward Bilkey, p.-d.g. de Dubai Ports World, témoignait hier devant le comité sénatorial sur la science, les transports et le commerce.
Photo : Agence Reuters
Edward Bilkey, p.-d.g. de Dubai Ports World, témoignait hier devant le comité sénatorial sur la science, les transports et le commerce.
Washington — Le président George W. Bush a déclaré hier rester convaincu que les États-Unis pouvaient sans souci céder à une compagnie arabe le contrôle des opérations dans six grands ports, malgré l'émoi provoqué chez les parlementaires inquiets pour la sécurité du pays.

«Ma position n'a pas changé par rapport au message envoyé au Congrès [parlement]», a déclaré M. Bush depuis le Bureau Ovale de la Maison Blanche. «S'il y avait le moindre doute dans mon esprit ou dans l'esprit des gens de mon administration sur la possibilité que nos ports soient moins sûrs et que le peuple américain soit menacé, cette affaire ne se réaliserait pas», a dit M. Bush, qui parlait à la presse à l'occasion de la visite du chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi.

La reprise par Dubai Ports World des terminaux opérés par la compagnie britannique P&O dans six des plus grands ports américains a provoqué une levée de boucliers et une fronde sans précédent contre le président. Des membres éminents de la majorité républicaine se sont alliés à l'opposition démocrate pour attaquer l'administration, qui a approuvé la transaction, sur sa priorité absolue: la protection des Américains.

Les protestataires s'inquiètent des dangers pour la sécurité nationale, en faisant valoir que deux des auteurs des attentats du 11 septembre étaient émiratis et que Dubai avait servi de base arrière pour mener les attaques.

Pour désamorcer une crise en année électorale, le Congrès a obtenu une enquête de 45 jours, prévue par la loi sur les investissements étrangers touchant à la sécurité nationale. M. Bush a insisté sur le fait que la sécurité dans les ports resterait la responsabilité de l'État fédéral. Il s'est inquiété du «signal» envoyé au monde si la transaction était annulée parce qu'elle avait été passée avec une compagnie arabe.

Risque «faible»

Le risque posé en matière de sécurité par le groupe émirati DP World qui veut prendre le contrôle de six ports américains est «faible» et il n'y a pas de raison de s'y opposer, a déclaré pour sa part le chef des services de renseignement américains, John Negroponte. «Selon notre enquête, nous estimons que la menace pour la sécurité nationale américaine posée par DP World est faible. En d'autres termes, il n'y a pas eu de voyants rouges au cours de notre enquête», a dit M. Negroponte lors d'une audition devant la commission des forces armées du Sénat.

Selon des documents publiés lundi, les Garde-côtes américains avaient averti qu'ils manquaient d'informations pour déterminer si la prise de contrôle des six ports américains par le groupe de Dubaï représentait un risque pour la sécurité nationale. «Il y a d'importantes et inquiétantes lacunes dans le renseignement» sur «les capacités de DPW ou P&O à se prémunir d'opérations terroristes», selon ces documents non datés.

Un porte-parole des Garde-Côtes, le commandant Jeff Carter, a affirmé lundi dans un communiqué que ces extraits avaient été «sortis de leur contexte» et «ne reflétaient pas l'analyse complète» qui conclut que «l'acquisition par DP World de P&O ne pose pas de menace significative pour les ports américains».

Le groupe émirati DP World a demandé ce week-end aux autorités américaines de se pencher à nouveau sur la transaction pour tenter d'apaiser les craintes de sénateurs américains qui s'opposent à la vente.
 
 
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