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Microsoft révèle le code-source de Windows

26 janvier 2006  Actualités économiques
«Nous allons émettre des licences pour le code-source de Windows lui-même», a annoncé le directeur des affaires juridiques de Microsoft, Brad Smith, lors d’une conférence de presse.
Photo : Agence Reuters
«Nous allons émettre des licences pour le code-source de Windows lui-même», a annoncé le directeur des affaires juridiques de Microsoft, Brad Smith, lors d’une conférence de presse.
Bruxelles — Tancé par la Commission européenne, le géant américain des logiciels Microsoft a créé la surprise hier à Bruxelles en ouvrant aux éditeurs de logiciels le sacro-saint code-source de Windows, véritable ADN de son système d'exploitation vedette.

«Nous allons émettre des licences pour le code-source de Windows lui-même», a annoncé le directeur des affaires juridiques de Microsoft, Brad Smith, lors d'une conférence de presse, expliquant que le groupe «faisait volontairement ce pas afin de répondre de manière catégorique aux problèmes soulevés par la Commission le 22 décembre».

Condamné en mars 2004 par la Commission pour abus de position dominante, le numéro un mondial des logiciels s'est déjà acquitté d'une amende record de 497 millions d'euros. Il a en outre été contraint de divulguer certains protocoles informatiques nécessaires au dialogue entre Windows et les produits concurrents.

Le 22 décembre, la commissaire à la Concurrence Neelie Kroes a haussé le ton, jugeant que la documentation fournie par Microsoft était aussi «inadéquate» qu'«incomplète». Lassée de ces incessants marchandages, elle a sommé par écrit le groupe américain de se conformer immédiatement à ses exigences, sous peine d'amendes journalières pouvant atteindre deux millions d'euros.

Le groupe avait jusqu'au 15 février pour se justifier, mais il a finalement devancé l'appel en allant «bien au-delà des exigences de la Commission», selon lui, en décidant d'ouvrir aux acquéreurs de licences Windows, sans supplément de prix, son précieux code-source.

Le code-source regroupe l'ensemble des informations à l'origine d'un programme informatique. Un informaticien peut modifier le programme grâce à ce code-source. «Ce code est l'ADN du système d'exploitation Windows [...], c'est la documentation ultime que nous pouvons fournir», a indiqué M. Smith, excluant toutefois de le communiquer aux éditeurs de logiciels libres, qui pourraient ensuite le diffuser librement.

«L'exigence d'une documentation claire et appropriée devrait être clairement satisfaite», considère le numéro trois de Microsoft.

Réaction prudente

Loin de se réjouir, la Commission s'est bornée à dire qu'elle «examinerait soigneusement» cette annonce. Plus tôt dans la journée, elle avait rappelé fermement qu'il lui revenait à elle et non à Microsoft de décider si ses exigences étaient remplies.

Pour Brad Smith, «écarter les questions de conformité technique» était un préalable indispensable avant «d'avancer sérieusement sur le fond du dossier».

En juin 2004, Microsoft a demandé à la justice européenne d'annuler la condamnation prononcée par la Commission. Les audiences auront lieu entre le 24 et le 28 avril à Luxembourg. M. Smith estime cette étape cruciale car les juges de Luxembourg vont «établir la loi qui déterminera si les entreprises détentrices de produits technologiques populaires peuvent y intégrer de nouvelles fonctionnalités» et quand elles doivent fournir à leurs concurrents des licences sur certains droits de propriété intellectuelle.

Alors qu'on aurait pu s'attendre à des cris de victoire chez les opposants de Microsoft, il en était hier tout autrement. Pour Me Thomas Vinje, qui représente plusieurs opposants de Microsoft, cette concession «n'a aucune valeur et ne résout rien». «Ces millions de lignes de code sont inutiles car incompréhensibles; c'est comme chercher une aiguille dans une botte de foin!», déplore-t-il.

«C'est comme si on nous donnait toutes les données techniques d'un Airbus, sans en fournir le plan», renchérit une source proche du dossier pour qui «c'est difficilement utilisable».

Surtout, relève-t-il, cela entache grandement la crédibilité de Microsoft qui durant deux ans a crié au loup, affirmant que la révélation de son code-source serait monstrueuse, voire techniquement impossible.
 
 
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