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Disney rachète Pixar

Le groupe américain veut se relancer dans l'animation

25 janvier 2006  Actualités économiques
Pixar, à l’origine de succès comme Finding Nemo, est un des deux grands noms américains du cinéma d’animation conçu par ordinateur.
Source: disney/pixar animation studios
Pixar, à l’origine de succès comme Finding Nemo, est un des deux grands noms américains du cinéma d’animation conçu par ordinateur. Source: disney/pixar animation studios
Los Angeles — Le groupe américain de médias et de divertissement Walt Disney a annoncé hier le rachat pour 7,4 milliards $US des studios d'animation Pixar, un nom synonyme d'innovation et de succès qui va redorer l'image un peu ternie du créateur de Mickey.

Pixar, à l'origine de succès comme Toy Story, Finding Nemo et The Incredibles est un des deux grands noms américains du cinéma d'animation conçu par ordinateur, avec Dreamworks (Shrek, Madagascar), racheté en décembre par Paramount Pictures.

Avec ce rachat, «nous épousons la culture unique de Pixar, qui depuis deux décennies a permis l'éclosion de certains des films les plus réussis et innovants de l'histoire», a commenté le p.-d.g. de Disney, Robert Iger, cité dans un communiqué.

«L'ajout de Pixar rehausse de manière significative [la division] Animation de Disney, qui est un moteur de créativité essentiel pour entraîner la croissance de nos activités», a ajouté le p.-d.g., soulignant aussi l'intérêt de bénéficier du savoir-faire de Pixar dans les nouvelles technologies.

Dans le dessin animé, sa marque de fabrique historique, Disney avait surtout enchaîné flops et semi-réussites ces dernières années. Le manque de créativité du groupe dans ce domaine avait en bonne partie motivé une violente fronde d'actionnaires contre l'ex-p.-d.g. Michael Eisner il y a deux ans.

L'accord de rachat annoncé hier, qui devrait être finalisé cet été, prévoit que 2,3 actions de Disney seront échangées pour chaque action de Pixar, ajoute le communiqué. Au prix de l'action Disney hier en clôture (25,99 $US), cela revient à offrir près de 60 $US pour chaque titre Pixar, soit une prime par rapport à sa valeur au moment de l'annonce.

Steve Jobs

Dans le cadre de cette fusion, Steve Jobs, p.-d.g. d'Apple mais aussi de Pixar, sera proposé comme administrateur du groupe Disney, un des onze administrateurs indépendants de la direction (sur 14 au total). Les actionnaires de Disney devront valider cette nomination lors de leur prochaine assemblée générale.

Disney était lié à Pixar depuis les années 1990 par des accords de coproduction et de distribution. Mais ceux-ci étaient censés prendre fin cette année après la sortie du dernier film de Pixar, Cars, attendu sur les écrans en juin. Les deux groupes avaient annoncé leur divorce en janvier 2004.

Toutefois, le remplacement de Michael Eisner par Robert Iger à la tête de Disney en octobre a facilité la reprise du dialogue avec Steve Jobs. Les deux groupes sont finalement allés au-delà d'un nouvel accord de distribution en décidant une fusion pure et simple.

Steve Jobs est le principal actionnaire de Pixar, avec environ 50,6 % des actions en circulation. Il dispose de droits de vote à hauteur de 40 %, une proportion de l'actionnariat de Pixar qui s'est donc déjà déclarée en faveur du rachat par Disney, est-il précisé.

Cette fusion avait fait l'objet de plusieurs fuites dans la presse américaine ce mois-ci. Le 19 janvier, commentant certaines de ces fuites, William Drewry, analyste de la banque Credit Suisse, avait estimé que ce rapprochement serait «un grand pas pour Disney».

«Pixar deviendrait de fait la division de cinéma d'animation de Disney et cela résoudrait instantanément la priorité numéro un sur la liste de M. Iger», à savoir revitaliser l'animation, avait souligné M. Drewry. Qui dit films à succès dit personnages populaires, que Disney pourra décliner encore à l'avenir, soit sur grand écran sous forme de suite soit en attractions dans ses parcs.
 
 
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