Votre portefeuille: Coup d'oeil sur H. J. Heinz
Sur le plan de l'analyse technique, on pourrait décrire la situation de H. J. Heinz comme étant celle d'une entreprise dont l'action, après avoir connu une phase de forte avancée (de 1985 à 1999, le cours de l'action est passé de 4 $ à 60 $), se retrouve depuis six ans dans une longue phase de consolidation durant laquelle elle n'a rien fait qui vaille pour enrichir l'investisseur.
Cette phase de consolidation, dite phase 3 dans le cycle de vie d'une action, cédera un jour ou l'autre sa place soit à une nouvelle période de forte avancée, soit à la phase 4, l'horrible phase, celle de la grande débandade que tout investisseur doit à tout prix éviter. Et le fait que l'action flirte actuellement avec son plancher des 52 dernières semaines n'a rien de rassurant.
Parmi les facteurs ayant stoppé net l'avancée du cours de l'action, deux retiennent davantage l'attention: les déboires en France et la prise de conscience de l'importance d'une meilleure alimentation.
Dans le premier cas, Heinz a eu fort à faire pour contrer la montée de la marque Amora dans les sauces et condiments. Cette compagnie française, qui appartient maintenant au géant européen Unilever, a su gagner le coeur des Français en introduisant la bouteille de plastique en forme de petit bonhomme (particulièrement attrayante pour les enfants). Le succès fut tel qu'à un moment donné, Amora a accaparé la grosse part du marché avec 20 millions de bouteilles vendues par année contre 12 millions pour Heinz. Il a fallu attendre jusqu'en 2000 avant que la compagnie Heinz ne réplique. L'entreprise a dû revoir l'emballage de son produit. Elle a introduit le contenant de plastique et, pour séduire les plus jeunes (un marché important pour le ketchup), elle a lancé la gamme Les P'tits Heinz avec les bouteilles petits formats en forme de bonhomme de neige. Pour les adultes, Heinz a introduit sa bouteille de plastique qui repose à l'envers sur son goulot, ce qui facilite l'écoulement de la sauce.
Pour renforcer sa division européenne, la compagnie y est aussi allée de quelques acquisitions dont, en 2005, HP Foods Group qui produit les sauces à steak HP.
Pour ce qui est de la qualité nutritive de son produit, Heinz a souffert de cette prise de conscience générale de l'importance d'une meilleure alimentation. Celle-ci a contribué à éloigner les gens de la restauration minute. Or ces chaînes de restaurants sont de gros acheteurs de ketchup et d'autres produits Heinz. Heureusement, ces chaînes ont corrigé leur menu pour en réduire les gras saturés et autres additifs jugés néfastes pour la santé. Ce faisant, la demande de ketchup a repris du tonus pour ce segment important du marché de Heinz.
Toujours côté nutritif, on découvre depuis quelques années les vertus de la tomate et en particulier des sauces et jus qui en sont dérivés pour prévenir les cancers de la prostate, du sein et du système digestif grâce au lycopène qu'ils contiennent. Or la compagnie Heinz est la reine de la culture de la tomate. La compagnie en supervise la qualité de la production depuis la semence jusqu'à sa complète transformation. Comment pourrait-il en être autrement? La compagnie exploite une cinquantaine d'usines dispersées dans plus de 200 pays. Chaque jour, ces usines sont capables de remplir l'équivalent d'une piscine olympique de ketchup. La compagnie est donc bien placée pour mettre en valeur ce côté bénéfique de ses produits (il y en a des centaines) sur la santé.
Une nouvelle dynamique semble donc vouloir favoriser Heinz. Une nouvelle dynamique capable de donner un nouvel élan aux ventes qui auront probablement franchi le cap des neuf milliards $US pour l'exercice en cours.
La magie du dividende
Avec un profit de près de 800 millions $US et des fonds autogénérés de l'ordre d'un milliard par année, l'entreprise couvre amplement son dividende de 1,20 $US l'action. Avec un tel dividende (au cours actuel de 33,53 $US l'action, cela représente un rendement annuel de 3,6 %), l'actionnaire peut être patient. L'actionnaire à long terme a d'ailleurs été bien servi par cette magie du dividende élevé et croissant. De 1985 à aujourd'hui, il a vu le cours de son action passer de près de 3,30 $US à plus de 33 $US (après avoir atteint une pointe de 60 $US environ). Quant au dividende, de 30 ¢US en 1985, il s'élève aujourd'hui à 1,20 $US l'action ce qui donne un rendement courant annuel de 36,4 % du capital initial investi.
- Pour une information plus complète sur l'entreprise (données et ratios financiers fournis par Stock Guide), rendez-vous sur le site de la classe Internet Pro-Placement (www.proplacement.qc.ca)
- Mise en garde: il ne s'agit pas ici d'une recommandation d'achat. Pour bien bâtir son portefeuille, il importe d'accumuler les actions au bon prix et de bien suivre l'évolution de l'entreprise.
cchiasson@proplacement.qc.ca
Cette phase de consolidation, dite phase 3 dans le cycle de vie d'une action, cédera un jour ou l'autre sa place soit à une nouvelle période de forte avancée, soit à la phase 4, l'horrible phase, celle de la grande débandade que tout investisseur doit à tout prix éviter. Et le fait que l'action flirte actuellement avec son plancher des 52 dernières semaines n'a rien de rassurant.
Parmi les facteurs ayant stoppé net l'avancée du cours de l'action, deux retiennent davantage l'attention: les déboires en France et la prise de conscience de l'importance d'une meilleure alimentation.
Dans le premier cas, Heinz a eu fort à faire pour contrer la montée de la marque Amora dans les sauces et condiments. Cette compagnie française, qui appartient maintenant au géant européen Unilever, a su gagner le coeur des Français en introduisant la bouteille de plastique en forme de petit bonhomme (particulièrement attrayante pour les enfants). Le succès fut tel qu'à un moment donné, Amora a accaparé la grosse part du marché avec 20 millions de bouteilles vendues par année contre 12 millions pour Heinz. Il a fallu attendre jusqu'en 2000 avant que la compagnie Heinz ne réplique. L'entreprise a dû revoir l'emballage de son produit. Elle a introduit le contenant de plastique et, pour séduire les plus jeunes (un marché important pour le ketchup), elle a lancé la gamme Les P'tits Heinz avec les bouteilles petits formats en forme de bonhomme de neige. Pour les adultes, Heinz a introduit sa bouteille de plastique qui repose à l'envers sur son goulot, ce qui facilite l'écoulement de la sauce.
Pour renforcer sa division européenne, la compagnie y est aussi allée de quelques acquisitions dont, en 2005, HP Foods Group qui produit les sauces à steak HP.
Pour ce qui est de la qualité nutritive de son produit, Heinz a souffert de cette prise de conscience générale de l'importance d'une meilleure alimentation. Celle-ci a contribué à éloigner les gens de la restauration minute. Or ces chaînes de restaurants sont de gros acheteurs de ketchup et d'autres produits Heinz. Heureusement, ces chaînes ont corrigé leur menu pour en réduire les gras saturés et autres additifs jugés néfastes pour la santé. Ce faisant, la demande de ketchup a repris du tonus pour ce segment important du marché de Heinz.
Toujours côté nutritif, on découvre depuis quelques années les vertus de la tomate et en particulier des sauces et jus qui en sont dérivés pour prévenir les cancers de la prostate, du sein et du système digestif grâce au lycopène qu'ils contiennent. Or la compagnie Heinz est la reine de la culture de la tomate. La compagnie en supervise la qualité de la production depuis la semence jusqu'à sa complète transformation. Comment pourrait-il en être autrement? La compagnie exploite une cinquantaine d'usines dispersées dans plus de 200 pays. Chaque jour, ces usines sont capables de remplir l'équivalent d'une piscine olympique de ketchup. La compagnie est donc bien placée pour mettre en valeur ce côté bénéfique de ses produits (il y en a des centaines) sur la santé.
Une nouvelle dynamique semble donc vouloir favoriser Heinz. Une nouvelle dynamique capable de donner un nouvel élan aux ventes qui auront probablement franchi le cap des neuf milliards $US pour l'exercice en cours.
La magie du dividende
Avec un profit de près de 800 millions $US et des fonds autogénérés de l'ordre d'un milliard par année, l'entreprise couvre amplement son dividende de 1,20 $US l'action. Avec un tel dividende (au cours actuel de 33,53 $US l'action, cela représente un rendement annuel de 3,6 %), l'actionnaire peut être patient. L'actionnaire à long terme a d'ailleurs été bien servi par cette magie du dividende élevé et croissant. De 1985 à aujourd'hui, il a vu le cours de son action passer de près de 3,30 $US à plus de 33 $US (après avoir atteint une pointe de 60 $US environ). Quant au dividende, de 30 ¢US en 1985, il s'élève aujourd'hui à 1,20 $US l'action ce qui donne un rendement courant annuel de 36,4 % du capital initial investi.
- Pour une information plus complète sur l'entreprise (données et ratios financiers fournis par Stock Guide), rendez-vous sur le site de la classe Internet Pro-Placement (www.proplacement.qc.ca)
- Mise en garde: il ne s'agit pas ici d'une recommandation d'achat. Pour bien bâtir son portefeuille, il importe d'accumuler les actions au bon prix et de bien suivre l'évolution de l'entreprise.
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