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Bernard Ebbers prendra sa retraite en prison

14 juillet 2005  Économie
Bernard Ebbers: «Toute peine inférieure ne refléterait pas la gravité du crime», a déclaré la juge en prononçant la sentence.
Photo : Agence Reuters
Bernard Ebbers: «Toute peine inférieure ne refléterait pas la gravité du crime», a déclaré la juge en prononçant la sentence.
New York — L'ex-p.-d.g. de l'opérateur télécoms américain WorldCom, Bernard Ebbers, qui avait été reconnu en mars coupable de fraude et de complot lors de la plus grande faillite de l'histoire des États-Unis en 2002, a été condamné hier à New York à 25 ans de prison.

«Toute peine inférieure ne refléterait pas la gravité du crime», a déclaré la juge Barbara Jones, qui a prononcé cette sentence. «Cela me semble assez clair que M. Ebbers est celui qui a dirigé l'activité criminelle dans cette affaire», a-t-elle ajouté.

Bernard Ebbers, qui aura 64 ans fin août, a été appelé à se présenter le 12 octobre dans une prison du Mississippi, l'État où il réside. Sa défense a immédiatement annoncé son intention de faire appel de la condamnation. L'ex-p.-d.g. de WorldCom pourrait passer sa retraite derrière les barreaux, comme le fondateur du câblo-opérateur Adelphia, John Rigas, 80 ans, condamné fin juin à 15 ans de prison dans un autre des grands scandales comptables de la période 2001-02 aux États-Unis.

Mais la juge Jones a semble-t-il voulu éviter une peine qui aurait signifié de fait que le sexagénaire termine sa vie en prison. «Trente ans aurait été excessif», a-t-elle dit, précisant avoir tenu compte de l'âge et des problèmes cardiaques de M. Ebbers.

«Un ange»

À l'énoncé de la peine, la femme de Bernie Ebbers est venue l'étreindre, des larmes aux yeux, et tous deux ont quitté le palais de justice sans faire de commentaires.

De son côté, le principal avocat, Reid Weingarten, a de nouveau insisté sur les arguments avancés début juin pour implorer la clémence. «M. Ebbers a de sérieux problèmes cardiaques qui doivent être suivis», a-t-il dit.

Il a souligné que son client, «un ange» selon lui, avait donné plus de 100 millions à des oeuvres de charité et reçu 169 lettres de soutien de ses amis et des bénéficiaires de ces dons.

Autodidacte en affaires, l'ancien professeur de gymnastique et gérant de motels méritait la clémence, selon M. Weingarten, car il a dit regretter les dommages subis par les actionnaires de WorldCom et ne s'est pas enrichi personnellement, bien au contraire.

Après six semaines de procès cet hiver, M. Ebbers avait été reconnu coupable par un jury populaire des neuf chefs d'accusation pour lesquels il était jugé: fraude, complot et sept fausses déclarations aux autorités boursières (SEC), correspondant à des présentations de rapports financiers falsifiés pendant sept trimestres d'affilée entre l'été 2000 et le printemps 2002.

Les bilans comptables avaient été falsifiés de manière à ce que les résultats correspondent aux attentes de Wall Street.

Bernie Ebbers, qui avait bâti sa fortune avec l'envol du prix de l'action WorldCom à la fin des années 90, voulait que le titre résiste en Bourse à un début de crise dans le secteur des télécoms, après l'éclatement de la bulle spéculative sur les valeurs technologiques au printemps 2000.

La faillite de WorldCom avait été déclarée en juillet 2002 après des malversations comptables qui ont été estimées depuis lors à 11 milliards de dollars. L'opérateur longue distance était sorti de la faillite en avril 2004 sous le nouveau nom de MCI afin de tourner la page sur le scandale.

Il y a deux semaines, dans le volet civil de l'affaire, Bernie Ebbers avait accepté de verser la quasi-intégralité de sa fortune aux actionnaires, soit jusqu'à 40 millions de dollars, gardant de quoi offrir à sa femme «une modeste indemnité de séjour».

Le couple doit avoir quitté avant le 31 octobre sa propriété de Clinton, dans le Mississippi, qui sera vendue.






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