Sans surprise, la Fed hausse son taux
Photo : Agence France-Presse
Le président de la Réserve fédérale américaine, Alan Greenspan, photographié lors d’un discours à Francfort. La Fed a redit hier que la hausse de son taux directeur devrait se poursuivre «à un rythme qui sera vraisemblablement mesuré».
La Réserve fédérale américaine (Fed) a relevé hier, comme prévu, les taux d'intérêt pour la sixième fois consécutive depuis juin dernier. Apparemment résolue à ne pas s'arrêter en si bon chemin, l'institution présidée par Alan Greenspan rejoint ainsi la Banque du Canada avec un taux directeur de 2,5 % et devrait la dépasser à la première occasion venue.
Connu pour ses communiqués répétitifs et laconiques, le comité de politique monétaire de la banque centrale américaine s'est dépassé hier en reprenant mot pour mot, sans déplacer la moindre virgule, le communiqué d'une demi-page émis au terme de sa précédente réunion du 14 décembre. Il a ainsi répété, dans une décision unanime de ses 11 membres, que «les risques sont à peu près équilibrés en ce qui concerne la croissance économique et la stabilité des prix». Estimant les perspectives à long terme d'inflation sous contrôle malgré la poussée des cours énergétiques, la Fed a redit que la hausse de son taux directeur devrait se poursuivre «à un rythme qui sera vraisemblablement mesuré».
Entreprise fin juin alors que le taux interbancaire au jour le jour de la banque centrale américaine était, à 1 %, à son plus bas niveau en 46 ans, cette première remontée en quatre ans du loyer de l'argent par la Réserve américaine s'est faite à petits pas à raison de 25 points de base à chacune de ses réunions. Elle ne s'arrêtera pas, pensent la plupart des observateurs, avant que le taux directeur ne soit revenu à un niveau qualifié de «neutre» pour l'économie, généralement fixé entre 3,5 et 4 %. La question est de savoir à quel rythme elle doit y parvenir.
Pour Beata Caranci, économiste au Groupe financier Banque TD, le communiqué d'hier indique que la Fed estime bien remplir sa principale mission, qui consiste à contenir la menace d'inflation. Dopé par la flambée des prix du pétrole, l'indice des prix à la consommation aux États-Unis a grimpé à un taux moyen de 3,3 % en 2004, comparativement à 1,9 % en 2003, soit la hausse la plus importante depuis 2000. Tout indique cependant que cette tendance s'atténuera cette année.
Cela n'empêchera pas la Fed de bientôt durcir le ton, pense Clément Gignac, économiste en chef et stratège à la Financière Banque Nationale. «La Réserve fédérale va finir par comprendre que ses petites hausses de 25 points ne vont nulle part. Personne ne l'écoute. La demande de crédit et le secteur immobilier roulent à plein. Les marchés boursiers continuent comme si de rien n'était. Cette économie ne veut tout simplement pas ralentir.»
La Fed va se rendre compte que des hausses de 50 points sont nécessaires pour ramener tout ce beau monde sur Terre, prédit M. Gignac. Le coup de barre ne viendra peut-être pas à sa prochaine réunion du mois de mars, mais ce ne sera que partie remise à la suivante, prévue début mai. «La Fed avait procédé de la même façon en 1994, rappelle l'analyste. On avait commencé tranquillement par de petites hausses de 25 points, puis on est passé à 50 points sans même attendre qu'il y ait de l'inflation.»
Déçus hier par le peu d'information à tirer du communiqué d'hier, les marchés financiers se sont donné rendez-vous le 16 février, date de l'une des deux comparutions annuelles d'Alan Greenspan devant le Congrès américain.
Bonne nouvelle pour le Canada
Pour une rare fois, la décision de la Fed a eu pour effet de placer les taux directeurs du Canada et des États-Unis sur un pied d'égalité, à 2,5 %. Habitué à avoir des taux d'intérêt plus élevés que ceux de son voisin, le Canada semble désormais destiné à accuser un retard négatif grandissant. La semaine dernière, la Banque du Canada laissait en effet entrevoir qu'elle n'avait pas l'intention de toucher à ses propres taux avant le printemps, voire l'automne.
Cet écart négatif ne manquera pas de rendre le dollar canadien moins intéressant aux yeux des investisseurs et donc d'en contenir l'appréciation, note Clément Gignac. «C'est une excellente nouvelle. Cela donnera une pause à nos exportateurs.»
Cet effet risque cependant de s'atténuer, craint François Dupuis, chef économiste adjoint et stratège au Mouvement Desjardins. «Les finances publiques américaines sont tellement mauvaises que le dollar américain va continuer à se déprécier.»
Connu pour ses communiqués répétitifs et laconiques, le comité de politique monétaire de la banque centrale américaine s'est dépassé hier en reprenant mot pour mot, sans déplacer la moindre virgule, le communiqué d'une demi-page émis au terme de sa précédente réunion du 14 décembre. Il a ainsi répété, dans une décision unanime de ses 11 membres, que «les risques sont à peu près équilibrés en ce qui concerne la croissance économique et la stabilité des prix». Estimant les perspectives à long terme d'inflation sous contrôle malgré la poussée des cours énergétiques, la Fed a redit que la hausse de son taux directeur devrait se poursuivre «à un rythme qui sera vraisemblablement mesuré».
Entreprise fin juin alors que le taux interbancaire au jour le jour de la banque centrale américaine était, à 1 %, à son plus bas niveau en 46 ans, cette première remontée en quatre ans du loyer de l'argent par la Réserve américaine s'est faite à petits pas à raison de 25 points de base à chacune de ses réunions. Elle ne s'arrêtera pas, pensent la plupart des observateurs, avant que le taux directeur ne soit revenu à un niveau qualifié de «neutre» pour l'économie, généralement fixé entre 3,5 et 4 %. La question est de savoir à quel rythme elle doit y parvenir.
Pour Beata Caranci, économiste au Groupe financier Banque TD, le communiqué d'hier indique que la Fed estime bien remplir sa principale mission, qui consiste à contenir la menace d'inflation. Dopé par la flambée des prix du pétrole, l'indice des prix à la consommation aux États-Unis a grimpé à un taux moyen de 3,3 % en 2004, comparativement à 1,9 % en 2003, soit la hausse la plus importante depuis 2000. Tout indique cependant que cette tendance s'atténuera cette année.
Cela n'empêchera pas la Fed de bientôt durcir le ton, pense Clément Gignac, économiste en chef et stratège à la Financière Banque Nationale. «La Réserve fédérale va finir par comprendre que ses petites hausses de 25 points ne vont nulle part. Personne ne l'écoute. La demande de crédit et le secteur immobilier roulent à plein. Les marchés boursiers continuent comme si de rien n'était. Cette économie ne veut tout simplement pas ralentir.»
La Fed va se rendre compte que des hausses de 50 points sont nécessaires pour ramener tout ce beau monde sur Terre, prédit M. Gignac. Le coup de barre ne viendra peut-être pas à sa prochaine réunion du mois de mars, mais ce ne sera que partie remise à la suivante, prévue début mai. «La Fed avait procédé de la même façon en 1994, rappelle l'analyste. On avait commencé tranquillement par de petites hausses de 25 points, puis on est passé à 50 points sans même attendre qu'il y ait de l'inflation.»
Déçus hier par le peu d'information à tirer du communiqué d'hier, les marchés financiers se sont donné rendez-vous le 16 février, date de l'une des deux comparutions annuelles d'Alan Greenspan devant le Congrès américain.
Bonne nouvelle pour le Canada
Pour une rare fois, la décision de la Fed a eu pour effet de placer les taux directeurs du Canada et des États-Unis sur un pied d'égalité, à 2,5 %. Habitué à avoir des taux d'intérêt plus élevés que ceux de son voisin, le Canada semble désormais destiné à accuser un retard négatif grandissant. La semaine dernière, la Banque du Canada laissait en effet entrevoir qu'elle n'avait pas l'intention de toucher à ses propres taux avant le printemps, voire l'automne.
Cet écart négatif ne manquera pas de rendre le dollar canadien moins intéressant aux yeux des investisseurs et donc d'en contenir l'appréciation, note Clément Gignac. «C'est une excellente nouvelle. Cela donnera une pause à nos exportateurs.»
Cet effet risque cependant de s'atténuer, craint François Dupuis, chef économiste adjoint et stratège au Mouvement Desjardins. «Les finances publiques américaines sont tellement mauvaises que le dollar américain va continuer à se déprécier.»
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