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Des espoirs pour Magnola et Gaspésia

3 septembre 2004  Économie
La Société générale de financement (SGF) et le groupe Noranda rencontrent des acheteurs potentiels de magnésium avec l'espoir de relancer dans trois ou quatre ans l'usine Magnola de Danville qui a fermé ses portes en 2003, a confirmé hier le p.-d.g. de la société d'État, Henri A. Roy.

À l'époque, la société d'État et son partenaire avaient attribué les problèmes de l'établissement pourtant tout neuf à l'abondance sur le marché mondial du magnésium à bas prix en provenance de Chine. D'après M. Roy, la situation s'est quelque peu stabilisée depuis et la croissance de la demande dans l'Empire du milieu laisse présager une remontée durable des cours de ce métal, utilisé dans l'industrie automobile, entre autres.

Il en coûte environ 1 $US à 1,10 $US la livre à Magnola pour couvrir ses frais. Or, le prix du métal sur le marché au comptant (ou «spot») oscille actuellement entre 1,25 $US et 1,50 $US, a fait valoir le p.-d.g. Si cette situation perdure, l'usine Magnola qui a coûté plus de un milliard de dollars — dont plus de 200 millions de fonds publics — pourrait donc réaliser des profits.

Après avoir radié la quasi-totalité de leur investissement, les deux partenaires hésitent cependant à se commettre. «On suit l'amélioration du marché, mais ce qui va déclencher la décision de repartir Magnola ça va être de mettre des contrats en place pour assurer la vente d'une partie importante de la production», a souligné Henri Roy lors d'un point de presse hier.

Maintenant qu'elle a réglé le différend qui l'opposait à Noranda au sujet des frais de fermeture de l'usine, la SGF a recommencé à s'intéresser à l'avenir de l'établissement dont elle détient toujours 20 %. Selon le p.-d.g., des acheteurs potentiels ont été abordés et des discussions qualifiées de «sérieuses» en ont découlé. «C'est la concrétisation de ces discussions qui nous donnerait le coup de pouce», a-t-il souligné.

Selon M. Roy il en coûterait moins de 100 millions pour relancer l'usine Magnola qui employait près de 400 personnes.

En avril dernier, Noranda disait conserver l'espoir de voir renaître cet établissement à la fine pointe de la technologie. Le ministre du Développement économique et régional du Québec, Michel Audet, s'est aussi dit prêt ouvert à l'idée.

Gaspésia

Dans un autre dossier impliquant la SGF, celui de Gaspésia, le contrôleur de Papiers Gaspésia, Pierre Laporte, a indiqué hier avoir convaincu la Cour supérieure du Québec de lui accorder un mois supplémentaire afin de dénicher un acheteur sérieux pour l'usine de Chandler. Le chantier de modernisation de l'établissement a été stoppé à la fin de l'année dernière à la suite de dépassements de coûts évalués à 265 millions. La firme Ernst & Young a été chargée par le tribunal de gérer l'entreprise et de solliciter des repreneurs potentiels.

Jusqu'à maintenant, trois firmes étrangères qui n'ont pas été identifiées auraient témoigné de l'intérêt pour le projet. L'une d'entre elles a même visité le chantier la semaine dernière mais aucun accord n'a été conclu. Les trois promoteurs du projet — Tembec, le Fonds de solidarité FTQ et la Société générale de financement (SGF) — appuient les efforts de M. Laporte mais ont refusé de lui fournir les sommes qu'il demandait afin de poursuivre ses démarches jusqu'à la fin de l'automne.

Le contrôleur a suffisamment d'argent pour tenir jusqu'à la fin du mois, après il faudra voir, a déclaré en substance le p.-d.g. de la SGF, Henri A. Roy. «Ce qu'on regarde, c'est que l'intérêt des repreneurs sérieux soit confirmé [...]. Et si notre jugement c'est que les chances sont là, on va réévaluer la situation.»

Une commission d'enquête présidée par l'ex-juge Robert Lesage a été chargée par le gouvernement du Québec de faire la lumière sur les dépassements de coûts qui ont forcé le projet à se placer sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC) en janvier dernier. Son rapport doit être déposé au plus tard le 30 novembre prochain.






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