Le contrat d’hélicoptères avec les Philippines est officiellement résilié

La valeur de la commande des Philippines s’élevait à environ 235 millions $US. Les hélicoptères devaient être assemblés à l’usine de Mirabel, qui emploie 900 personnes.
Photo: Bullit Marquez Associated Press La valeur de la commande des Philippines s’élevait à environ 235 millions $US. Les hélicoptères devaient être assemblés à l’usine de Mirabel, qui emploie 900 personnes.

Le gouvernement fédéral a reçu mardi une notification formelle que le contrat d’achat de 16 hélicoptères entre Bell Helicopter et le gouvernement des Philippines avait été annulé.

En faisant cette annonce, le ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne, a soutenu qu’Ottawa avait pris la bonne décision en demandant une révision de l’entente.

Les récentes « déclarations troublantes » sur l’utilisation finale de ces appareils qui devaient être assemblés dans une usine de Mirabel le justifiaient, a-t-il fait valoir.

« Les droits humains, les droits de la personne, font partie intégrante, évidemment, de notre politique étrangère et de notre politique commerciale », a-t-il dit en mêlée de presse.

Le ministre Champagne a mentionné qu’il avait nommé lundi un nouveau président pour le conseil d’administration de la Corporation commerciale canadienne (CCC), qui avait facilité cet accord.

Il a précisé que celui-ci « aura comme mandat, entre autres, de diversifier notre portfolio et d’avoir moins d’impact au niveau du secteur de la défense ».

Le ministre du Commerce international a ensuite fait part de son intention de s’entretenir avec les dirigeants de Bell Helicopter afin de saisir les impacts de la résiliation du contrat sur les emplois.

Duterte agacé

Le président philippin Rodrigo Duterte avait été agacé par la décision du Canada d’ordonner un nouvel examen de la transaction conclue en 2012.

Vendredi dernier, il a demandé à l’armée de déchirer l’entente et de s’approvisionner ailleurs à l’avenir, car avec les États-Unis ou le Canada, « il y a toujours une condition rattachée ».

Il a par le fait même confirmé, lors d’une conférence de presse télévisée, à quel dessein Manille avait passé une commande en vue de la livraison de 16 appareils Bell 412EPI.

« J’achète des hélicoptères parce que je veux les achever », a-t-il lâché en faisant référence aux rebelles musulmans et terroristes du sud du pays.

Le régime de Rodrigo Duterte, qui s’est déjà vanté d’avoir personnellement largué un homme du haut d’un hélicoptère, est accusé de se livrer à de multiples violations des droits humains.

La valeur de la commande des Philippines s’élevait à environ 235 millions $ US. Les hélicoptères devaient être assemblés à l’usine de Mirabel, qui emploie 900 personnes.