La direction de l'aluminerie ABI s'oppose à une reprise des négociations

Pas moins de 1030 travailleurs, membres du Syndicat des Métallos affilié à la FTQ, sont dans la rue en raison du conflit. 
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Pas moins de 1030 travailleurs, membres du Syndicat des Métallos affilié à la FTQ, sont dans la rue en raison du conflit. 

La ministre du Travail, Dominique Vien, a échoué dans sa tentative vendredi de faire reprendre les négociations pour régler le lockout à l’aluminerie ABI de Bécancour. La direction a fait savoir en fin de journée qu’elle n’a pas l’intention de se rasseoir formellement à la table, contrairement à ce que la ministre avait pu déduire.

Dans un communiqué diffusé en fin d’après-midi vendredi, l’entreprise dit apprécier l’aide que le gouvernement a offerte dans le cadre de ce processus, y compris la rencontre de vendredi pour discuter de l’état de la situation. Elle précise toutefois que son offre finale était « très compétitive, parmi les meilleures du secteur manufacturier au Québec ». De même, la direction dit être « ouverte à recevoir les idées du syndicat sur la façon d’améliorer fondamentalement la manière de travailler ensemble », mais elle ajoute qu’« ABI doit augmenter sa productivité afin d’être plus compétitive et de réussir à long terme ».

ABI a également justifié son recours au lockout en plaidant que « la condition de l’usine s’est considérablement détériorée. La direction d’ABI a pris les mesures nécessaires pour protéger ses gens et ses actifs après que le syndicat a rejeté son offre ».

Le syndicat des travailleurs d’ABI, affilié à la FTQ, a diffusé un communiqué pour répondre à l’entreprise. « Nous n’avons pas senti dans le communiqué du propriétaire majoritaire une volonté claire de négocier, a affirmé le président du syndicat, Clément Masse. Nous espérons qu’une fois rendus autour d’une même table, nos vis-à-vis seront dotés d’un mandat pour négocier les points restant en litige et trouver des solutions. »

Plus tôt en journée, la ministre avait rencontré tour à tour à son bureau de Québec les deux parties et avait jugé les rencontres « franchement satisfaisantes ». Elle avait aussi déclaré que les parties « sont prêtes à se rasseoir, nous mettons les dispositions en place pour qu’elles puissent se rasseoir et se parler ». Pas moins de 1030 syndiqués sont dans la rue en raison de ce conflit, dont un des enjeux semble être le respect de l’ancienneté dans les mouvements de main-d’oeuvre.