Héroux-Devtek croit pouvoir profiter d’une alliance entre Boeing et Embraer

La société établie à Longueuil est également un fournisseur d’Embraer pour ses jets d’affaires Legacy 400 et 500.
Photo: Alain Grosclaude Agence France-Presse La société établie à Longueuil est également un fournisseur d’Embraer pour ses jets d’affaires Legacy 400 et 500.

Alors que Boeing et Embraer semblent se diriger vers un accord dans le secteur des avions commerciaux, Héroux-Devtek s’estime bien positionnée pour tirer profit d’une éventuelle alliance entre ces deux avionneurs.

Le spécialiste québécois des trains d’atterrissage et de pièces d’aéronautique a déjà des relations d’affaires avec ces deux constructeurs, a souligné mercredi son président et chef de la direction, Gilles Labbé. « Si un accord était conclu, nous allons certainement trouver une façon de travailler avec la nouvelle entité qui sera créée », a-t-il expliqué, mercredi, au cours d’une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du troisième trimestre.

D’après divers médias, Boeing serait l’actionnaire majoritaire de la nouvelle coentreprise avec Embraer tandis que le constructeur brésilien conserverait le contrôle de ses activités militaires. Un tel partenariat permettrait au géant américain de riposter à Airbus — l’actionnaire majoritaire de la CSeries de Bombardier. Boeing mettrait la main sur la gamme d’appareils E-Jets d’Embraer, mieux outillée pour rivaliser avec la CSeries dans le segment des avions de 100 à 150 places.

Boeing est l’un des principaux clients de Héroux-Devtek, l’unique fournisseur des trains d’atterrissage des avions de ligne 777 et 777X et responsable de la fabrication de pièces de rechange vendues par le géant américain. En plus d’avoir des liens d’affaires avec Bombardier, la société établie à Longueuil est également un fournisseur d’Embraer pour ses jets d’affaires Legacy 400 et 500 ainsi que pour l’avion de transport militaire K-390.

Quant à sa performance au troisième trimestre terminé le 31 décembre, Héroux-Devtek a affiché un bénéfice net de 626 000 $, ou 2 ¢ par action, par rapport à 8,2 millions, ou 23 ¢ par action, il y a un an. Ce déclin est essentiellement attribuable à une charge d’impôt non récurrente de 4,9 millions liée à la réforme fiscale adoptée en décembre aux États-Unis et qui abaisse à 21 pour cent le taux d’imposition des sociétés. Abstraction faite des éléments non récurrents, le bénéfice ajusté s’est chiffré à 5,7 millions, ou 16 ¢ par action, en baisse de 5 %, alors que les revenus ont légèrement fléchi, à 97,5 millions.

L’entreprise poursuit par ailleurs ses discussions avec Dassault Aviation, qui a mis un terme en décembre au programme de jets d’affaires Falcon 5X dans le but de déployer un nouveau programme en 2022. Fournisseur du train d’atterrissage du Falcon 5X, Héroux-Devtek s’attend à conserver le même rôle avec le prochain avion de Dassault.