L’immobilier commercial de Montréal pourrait favoriser les propriétaires

Stimulé notamment par l’expansion dans certains créneaux, comme l’intelligence artificielle, l’immobilier du centre-ville a vu une baisse du taux d’inoccupation de même qu’une hausse générale des loyers.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Stimulé notamment par l’expansion dans certains créneaux, comme l’intelligence artificielle, l’immobilier du centre-ville a vu une baisse du taux d’inoccupation de même qu’une hausse générale des loyers.

La bonne tenue de l’économie montréalaise et l’effervescence de certains créneaux pourraient avoir pour effet de resserrer le marché de l’immobilier commercial à Montréal cette année, estime la firme de courtage CBRE.

Stimulé également par l’expansion dans certains créneaux, comme l’intelligence artificielle, l’immobilier du centre-ville a vu une baisse du taux d’inoccupation de même qu’une hausse générale des loyers.

« Il y a l’effet de base de l’offre et de la demande, et c’est la première fois en près de dix ans qu’on observe une augmentation des loyers », a dit le directeur général de CBRE Québec, Avi Krispine. « Au pied carré, c’est un dollar de plus que l’an dernier, en moyenne », dit-il en précisant toutefois que des locataires peuvent parfois amortir une hausse sur une certaine période.

Au quatrième trimestre, les locataires ont payé en moyenne 22,22 $ par pied carré pour de l’espace dans un immeuble de catégorie A et le taux d’inoccupation au centre-ville était de 9,7 %, selon CBRE. À la fin de 2016, le loyer moyen était de 21,21 $ et le taux d’inoccupation, 10,6 %.

L’automne dernier, une autre firme, NFK Devencore, a calculé que le « taux de disponibilité » était de 12,1 % au milieu de 2017, ce qui comprend toutefois les locaux vides, les espaces disponibles en sous-location et les locaux qui seront bientôt sur le marché. « Cependant, il est à noter que les grands blocs d’espace contigu — ceux de plus de 50 000 pieds carrés — sont toujours très demandés, et ils pourraient être de plus en plus difficiles à trouver, à brève et moyenne échéance », avait écrit Devencore.

Prendre un espace plus grand

Jusqu’à il y a un an environ, a dit M. Krispine, des locataires signaient un bail pour un espace « le plus compact possible » avec des options permettant de prendre de l’expansion au fil du temps. « Là, les sociétés prennent des espaces plus grands que nécessaire en tablant sur la croissance de leur recrutement. Et donc paient immédiatement pour des espaces qui ne sont pas occupés. »

Une analyse du Mouvement Desjardins, le mois dernier, a souligné que les investissements dans la grande région métropolitaine ont augmenté pour une troisième année de suite l’an dernier, et que son économie « poursuivra son expansion en 2018 » avec une « cadence plus soutenue qu’au niveau provincial ».

Le taux de chômage dans la grande région de Montréal devrait passer de 8,4 l’an dernier à 8 % cette année, selon Desjardins. Le produit intérieur brut nominal — lequel n’est pas corrigé pour tenir compte de l’inflation — devrait s’accroître de 3,8 %, comparativement à une augmentation de 3 % pour l’ensemble du Québec.

Parmi les créneaux qui contribuent au resserrement du marché figure l’intelligence artificielle, a précisé la firme CBRE. Une multitude d’annonces ont été faites depuis deux ans. Par exemple, le secteur s’appuiera bientôt sur « un centre d’excellence mondial nouveau modèle » disposant de plus « d’un demi-million de pieds carrés », selon ce qu’a récemment affirmé le coprésident du comité d’orientation pour la création de la grappe québécoise en intelligence artificielle, Pierre Boivin.

Plus concrètement, Microsoft et Facebook ont chacun de leur côté annoncé des visées sur Montréal l’an dernier. Plus récemment, le groupe français Thales, qui se spécialise dans l’aérospatiale, le transport et la défense, faisait de même.

Le gonflement de la confiance générale à l’égard de l’économie contribue à solidifier le marché immobilier, et les grands espaces se raréfient. « Tous les éléments sont en place pour que le marché des bureaux à Montréal devienne possiblement un marché « de propriétaires » pour la première fois en plus de 20 ans », selon CBRE. « Il y a 18 mois de cela, les généreux incitatifs à la location, comme des périodes de loyer gratuit, étaient la norme. Aujourd’hui, ces incitatifs sont moins importants et les loyers augmentent après des années de statu quo. »