Il y a de l’avenir pour les camions autonomes, croit le président du conseil du Groupe Robert

<p>Le déploiement graduel de ces camions et le développement de leurs caractéristiques semblent inévitables.</p>
Photo: iStock

Le déploiement graduel de ces camions et le développement de leurs caractéristiques semblent inévitables.

Les camions de transport à conduite autonome ou semi-assistée, sur lesquels travaillent déjà plusieurs constructeurs, ont « beaucoup d’avenir », mais pourraient commencer par des trajets prévisibles, estime le président du conseil du Groupe Robert.

Dans un contexte de pénurie de camionneurs qui ne semble montrer aucun signe d’amélioration, et compte tenu des tests auxquels procèdent des constructeurs aux États-Unis, le déploiement graduel de ces camions et le développement de leurs caractéristiques semblent inévitables.

« Je ne pense pas qu’ils vont devenir autonomes demain matin, mais avant, ils vont au moins offrir une conduite assistée », a dit Claude Robert lors d’une table ronde au colloque sur l’énergie organisé mercredi par Les Affaires.

La présence d’un humain à l’intérieur de la cabine permettra alors de superviser le camion si jamais un problème survenait, a-t-il ajouté. « Par exemple, être capable de le stationner au bon moment parce qu’il ne fonctionne plus. »

Connu pour ses camions jaunes, le Groupe Robert, dont Claude Robert est le président du conseil, compte 3500 employés et possède 1400 camions et 3200 remorques.

Selon l’Alliance canadienne du camionnage, 90 % de tous les produits de consommation, dont ceux vendus en épicerie, sont livrés par camion. Et dans ce que Transports Canada appelle le « corridor continental », qui relie la ville de Québec à Windsor et jusqu’aux États-Unis. « 52 % de la valeur totale des marchandises a été exportée par la route au cours des cinq dernières années. »

Grands commerçants

Depuis un an, les annonces d’avancées technologiques se sont multipliées. Des sociétés minières et des producteurs pétroliers, par exemple, s’affairent à des tests au sein de leurs opérations. Et alors que des détaillants à grande échelle comme Wal-Mart et Loblaw ont commencé à commander des camions chez Tesla, qui doivent être livrés en 2019, Daimler a déjà l’autorisation de faire rouler ses semi-remorques au Nevada.

Les camions autonomes vont commencer leur déploiement au sein de « compagnies structurées et organisées qui ont des points A et B », a affirmé M. Robert lors d’une entrevue en marge de la table ronde. « Si vous avez un point de chute A et un point de chute B, toujours la même route, c’est une route susceptible de devenir une route de camion autonome, possiblement électrique. »

Pour l’instant, toutefois, l’électricité est une énergie de « remplacement » et « avant d’avoir une énergie de remplacement viable, il faut s’assurer qu’on a un ravitaillement qui a du sens ». Pour les trajets de longue distance, l’électricité devra attendre, mais elle se concentrera d’abord sur des « trajets régionaux ou locaux, c’est-à-dire des rayons d’environ 200 à 250 kilomètres ». Quant aux camions autonomes ou à conduite semi-assistée, ils pourraient fonctionner au diesel ou être hybrides, par exemple.

« Il va y avoir une génération qui va durer 10 ou 15 ans, et ensuite ce sera autre chose. Il y aura d’autres formes d’énergies. Les gens disent que l’hydrogène coûte cher à produire, mais c’est un gaz de remplacement qu’on est capable d’accumuler à un endroit. »

Tesla, qui pour l’instant ne fait que prendre des commandes pour son modèle Semi, promet un rayon d’autonomie de 480 ou 800 kilomètres (150 000 $US et 180 000 $US respectivement), et une accélération de 0-100 km/h en 20 secondes. La production ne débutera qu’en 2019. D’autres constructeurs ont également annoncé des projets, notamment Cummins.

1 commentaire
  • Marc Davignon - Abonné 24 janvier 2018 08 h 32

    Comme la paix dans le monde

    Il y a aussi de l'avenir pour ça aussi!