Une industrie émergente avec des millions en jeu

L’industrie émergente qu’est celle de la marijuana médicale est si jeune que la rentabilité n’est pas encore au rendez-vous, affirme un regroupement pancanadien d’entreprises autorisées. Cela dit, le taux de croissance du nombre de patients a de quoi faire des jaloux dans d’autres créneaux : 10 % par mois.

« Les producteurs ont investi des millions », dit Colette Rivet, directrice générale de l’Association de l’industrie du cannabis médical du Canada, qui représente 65 % des producteurs. « Mais aucun d’entre eux n’a encore récupéré ses dépenses d’investissement. »

À peine 31 producteurs, qui ont reçu l’autorisation de Santé Canada pour produire du cannabis médical, se disputent le marché d’environ 50 000 patients actuels. En se basant sur les taux de pénétration de marchés bien établis comme la Californie et le Colorado, Dundee Capital Markets a estimé l’an dernier que le nombre d’usagers pourrait atteindre 1 % de la population canadienne d’ici 2024, donc 400 000 personnes, et 2 % d’ici 2034.

« Sur la base d’un prix de 5,50 $ à 7,50 $ le gramme, et la consommation moyenne d’un gramme par jour, nous entrevoyons un marché de 1,2 milliard en 2024 », a écrit l’an dernier l’analyste financier Aaron Salz, de Dundee, dans une analyse de 60 pages survolant plusieurs sociétés inscrites en Bourse. Oui, inscrites en Bourse. Des sociétés comme Canopy Growth, le plus gros du secteur au Canada, Aphria, PharmaCan, Mettrum Health, Organigram

D’ailleurs, les exigences réglementaires imposées aux sociétés à capital ouvert font en sorte que leurs données financières sont publiques. Tout comme leurs problèmes. Par exemple, le rapport de gestion trimestriel de Canopy Growth, publié à la fin du mois de février, est révélateur. La section dédiée aux principaux risques est explicite : son principal fournisseur de conseil financier l’a récemment avisé qu’il ne veut plus faire affaire avec lui ni avec le secteur dans son ensemble ; l’entreprise reconnaît qu’elle est vulnérable à la perception du public ; elle doit faire elle-même ses études de marché parce que l’industrie est encore jeune et les données sectorielles sont rares, etc.

Stratégies d’affaires

Canopy, dont la valeur boursière tourne autour de 260 millions, a deux divisions. Alors que Tweed se veut plus cool, avec des produits dérivés comme des casquettes, des t-shirts et des mélanges à muffin, Bedrocan met de l’avant une philosophie de compassion : depuis janvier 2016, toutes ses variétés de cannabis se vendent 5 $ le gramme.

Chez un joueur plus petit, Mettrum Health, une récente présentation faite aux investisseurs décrit noir sur blanc la stratégie financière. La compagnie compte environ 6000 clients et enregistre des ventes annualisées de 8 millions. « L’objectif est de stabiliser le coût des ventes dans une fourchette de 2 $ à 2,50 $ le gramme », peut-on lire. L’entreprise pèse aussi ses options dans l’optique d’une légalisation récréative, notamment en matière de ventes au détail. « D’ici là, le marché médical continuera de croître et va possiblement s’accélérer », indique la compagnie, « en raison d’une acceptation culturelle et politique plus grande ».

400 000
Nombre de Canadiens qui pourraient consommer du cannabis médical d’ici 2024
10 %
Taux de croissance du nombre de patients consommant de la marijuana thérapeutique
31
Nombre de producteurs qui ont reçu l’autorisation de Santé Canada pour produire du cannabis médical
1 commentaire

Consultez la suite du dossier

  • Denis Paquette - Abonné 30 avril 2016 08 h 40

    Un petit joint, pour dormir

    Vous parlez du pote, une industrie trop rustique pour être intéressante, le moindre petit mec peut faire poussé du p'tit québec sur le rebord de sa fenetre, pour être rentable, il faudrait produire différents THC qui ne donnent pas mal a la têtes, distribués par la régis des alcools , ne dit on pas que certains pays, le font, que l'on en retrouve de petits sachets sous les oreillers, on dit que ca aide a dormir et que ca donne de beaux rêves, enfin, un jour, quand, nous serons devenus adultes