Le Canada, ce faux leader

Andrée-Lise Méthot, fondatrice et associée directrice de Cycle Capital Management, un fonds d’investissement dans le secteur des technologies propres. 
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Andrée-Lise Méthot, fondatrice et associée directrice de Cycle Capital Management, un fonds d’investissement dans le secteur des technologies propres. 

Le Canada n’est pas le meneur qu’on imagine en matière de technologies propres. Et pour rattraper le retard accumulé, ses entreprises ont besoin d’investissements massifs, à la fois publics et privés.

 

Cet appel a été lancé lundi par Andrée-Lise Méthot, fondatrice et associée directrice de Cycle Capital Management, un fonds d’investissement dans le secteur des technologies propres. Elle a pris la parole lors du 5e Sommet de Montréal sur l’innovation, consacré cette année aux changements climatiques, alors que débute à Paris la conférence sur le climat.

 

S’appuyant sur les plus récents chiffres dévoilés par la firme Analytica Advisors, Mme Méthot a souligné que le Canada ne cesse de perdre du terrain depuis 2005 sur la scène internationale en matière de biens et services en technologies propres. « Nous avons perdu 1 % des parts de marché mondiales en technologies propres [passant de 2,2 % à 1,3 %], ce qui fait de moins en moins de nous des exportateurs de technologies propres, avec notre propriété intellectuelle d’ici, mais beaucoup plus des acheteurs de technologies propres développées ailleurs. »

 

« Ces dix dernières années, il est clair que nous avons pris du retard quand on se compare à l’Angleterre, la Norvège, la Corée du Sud, Singapour, la Chine et les États-Unis, a-t-elle poursuivi. Nous n’avons pas fait du surplace, nous avons régressé dans nos positons de parts de marché. »

 

Cette femme d’affaires, qui a également cofondé en 2008 Écotech Québec, la grappe des technologies propres, réclame donc une intervention rapide. « Il faut choisir nos créneaux, accepter d’y mettre des millions de dollars et soutenir nos entrepreneurs dans leurs difficultés », a-t-elle fait valoir, en espérant que le privé et le public poussent à la roue.

 

Virage obligé

 

Présente sur scène aux côtés de Mme Méthot, la chef de l’environnement au Groupe Banque TD, Karen Clarke-Whistler, a en quelque sorte défendu les institutions financières. Toutes les entreprises qui se qualifient obtiennent les sommes réclamées, a-t-elle expliqué.

 

Le problème, a-t-elle ajouté, vient parfois de l’entrepreneur lui-même. Elle ne compte plus le nombre de personnes qui sont venues lui présenter un projet intéressant, une technologie prometteuse, mais sans plan d’affaires crédible.

 

Mme Clarke-Whistler demeure néanmoins optimiste de voir les institutions financières comme la sienne prendre le virage vert. En 2014, la TD a par exemple émis pour 500 millions de dollars d’obligations vertes, dont les fonds doivent servir à financer des projets bénéfiques pour l’environnement. « Je crois que nous arrivons à un tournant où nous réalisons l’ampleur du problème auquel nous faisons face », a-t-elle admis.

 

De passage au Palais des congrès de Montréal pour clore le sommet, le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, a pour sa part soutenu que le Québec apporte sa contribution.

 

« Au cours des 15 dernières années, plus de 1,5 milliard de dollars ont été investis pour des mesures qui visent directement à réduire nos émissions de gaz à effet de serre et à nous adapter aux changements climatiques », a-t-il précisé lors de son allocution. Il a par ailleurs promis une « suite » québécoise à la conférence de Paris, avec des projets de recherche et des « budgets accélérés en matière de nouvelles technologies », dans le but d’atteindre la cible que s’est fixée le gouvernement : réduire de 37,5 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, par rapport à 1990.

 

Créer un mouvement

 

Le Sommet de Montréal sur l’innovation, un événement organisé conjointement par le Quartier de l’innovation de Montréal et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), a permis de constater l’ampleur des défis à relever pour lutter contre les changements climatiques, de comprendre l’urgence d’agir, mais aussi d’envisager des solutions.

 

Le président de la CCMM, Michel Leblanc, se réjouit de voir des entreprises montréalaises faire preuve de leadership en matière de technologies propres, mais il reconnaît qu’il reste du travail à faire. « Pour l’instant, on observe des actions isolées, entreprise par entreprise, et notre but est que ça devienne un mouvement collectif », a-t-il indiqué avant de s’envoler pour Paris, où il discutera d’environnement, mais aussi de terrorisme avec ses homologues français.

 

Le directeur général du Quartier de l’innovation, Damien Silès, est pour sa part convaincu que Montréal constitue un terreau fertile pour innover au service de l’environnement. « Tout le monde a une responsabilité à différents niveaux, a-t-il noté, en pensant aux entreprises, mais aussi aux villes, aux élus et aux citoyens. Il ne faut pas seulement le dire pendant les dix jours de la COP 21, il faut intégrer ça dans notre façon de penser et d’agir. »

«Nous avons perdu 1% des parts de marché mondiales en technologies propres [passant de 2,2% à 1,3%], ce qui fait de moins en moins de nous des exportateurs de technologies propres, mais beaucoup plus des acheteurs de technologies propres.»

Andrée-Lise Méthot, fondatrice et associée directrice de Cycle Capital Management
3 commentaires
  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 1 décembre 2015 13 h 03

    Le ministre Arcand et la CdeC

    encourage les pétrolieres a percer partout le sol québecois a la recherche de l'or noire et oléoducs de creuser ou ils veulent pour nous polluer avec le transport du pétrole des sables bitumineux.Dur a suivre notre ministre?Non? J-P.Grisé

  • Yves Corbeil - Inscrit 1 décembre 2015 21 h 13

    On le sait ça Mme que nos dirigeants gouvernent pour le cash, comme tous les bouffons qui sont rendu au 21e COP avec même pas un semblant d'entente pour la maudite planète. Pourquoi, bien c'est pas compliqué, y savent pu quoi faire pour faire dépenser le monde et faire de l'argent alors le réchauffement...y va probablement y avoir un smatte qui va inventé le climatiseur planétaire et chaque maudite place ou çs réchauffe trop y vont être obligé d'en acheter un avec vos taxes et impôts Mme.

  • Yves Corbeil - Inscrit 1 décembre 2015 21 h 15

    Vendez des condos comme tous le monde et faites nous pas suer avec votre compagnie plus propre que propre.