Annonce-surprise à Davos - Alcan devance l'arrêt de production de l'usine d'Arvida
23 janvier 2004
Économie
Davos et Montréal - La compagnie Alcan devance d'une dizaine d'années l'arrêt de production des vieilles cuves Soderberg de son complexe industriel d'Arvida, à Saguenay, une décision qui entraînera la perte de quelque 560 emplois d'ici avril.
Quelque 500 personnes continueront cependant à travailler à l'usine qui fabrique aussi de l'aluminium dans des cuves d'électrolyse à anodes précuites.
Cette annonce, faite hier, représente un dur coup pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean, déjà éprouvé par la fermeture de l'usine d'Abitibi-Consol de Port-Alfred, accompagnée de la perte de 500 emplois. L'an dernier, plus de 6500 personnes travaillaient pour Alcan dans cette région. C'est environ 30 % de moins qu'il y a 20 ans.
Curieusement, l'annonce a été faite à Davos, en Suisse, par le premier ministre Jean Charest, après sa rencontre avec le président d'Alcan, Travis Engen. Quelques heures plus tôt, devant les journalistes québécois qui accompagnent le premier ministre durant sa mission en Europe, M. Engen annonçait la création d'un prix Alcan pour le développement durable mais s'est bien gardé d'aborder ce dossier.
Les salles de cuves Soderberg de l'usine Arvida, dans le secteur Jonquière, étaient devenues désuètes, non rentables et ne répondaient plus aux normes environnementales. On savait déjà que la compagnie voulait en cesser l'exploitation mais l'échéance avait été fixée à 2014 ou 2015.
Hier, dans le cadre du Forum économique mondial — qui sert normalement à annoncer des investissements, pas des fermetures d'usines —, M. Charest a cependant appris de la bouche de M. Engen que les plans étaient changés et que les installations fermeraient «d'ici quelques mois». D'après la direction d'Alcan, la décision n'entraînera aucun licenciement, l'entreprise ayant prévu un programme de retraites anticipées et de formation pour aider les employés à se replacer ailleurs.
Un groupe de travail sera formé, dirigé par Yvon D'Anjou (vice-président d'Alcan Métal primaire), en vue de favoriser les projets d'investissements dans la région pour la deuxième et troisième transformation de l'aluminium. «Il y a des projets en gestation», a assuré M. Charest, qui a cependant refusé d'en dire davantage sur le sujet.
Colère
La Fédération des syndicats du secteur de l'aluminium (FSSA-TCA) qui représente les travailleurs de l'usine Arvida n'a pas caché sa colère hier. «Cette usine-là devait être remplacée par une plus moderne. Mais ils n'ont pas investi et aujourd'hui ils ferment les quatre salles de cuves en nous disant qu'elles ne sont plus productives», a fait valoir le président de l'association, Alain Proulx. «On les voyait venir. Dans le contexte de la fusion avec Pechiney, on se sentait menacés. On avait demandé à être rassurés. Aujourd'hui, on a la réponse.»
Pour sa part, le maire de Saguenay, Jean Tremblay a une nouvelle fois exhorté Québec à se doter d'une politique de répartition de l'emploi en région à l'image de ce qui se fait dans d'autres provinces, notamment l'Ontario et le Nouveau-Brunswick.
Par ailleurs, Alcan a confirmé hier son intention de conserver à Montréal son siège social, malgré l'achat récent de l'autre géant de l'aluminium, Péchiney.
Soucieux de donner un message d'espoir aux gens du Saguenay-Lac-Saint-Jean, M. Charest a indiqué, dans un autre ordre d'idées, que l'élargissement de la route 175 demeurait une priorité de son gouvernement.
Quelque 500 personnes continueront cependant à travailler à l'usine qui fabrique aussi de l'aluminium dans des cuves d'électrolyse à anodes précuites.
Cette annonce, faite hier, représente un dur coup pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean, déjà éprouvé par la fermeture de l'usine d'Abitibi-Consol de Port-Alfred, accompagnée de la perte de 500 emplois. L'an dernier, plus de 6500 personnes travaillaient pour Alcan dans cette région. C'est environ 30 % de moins qu'il y a 20 ans.
Curieusement, l'annonce a été faite à Davos, en Suisse, par le premier ministre Jean Charest, après sa rencontre avec le président d'Alcan, Travis Engen. Quelques heures plus tôt, devant les journalistes québécois qui accompagnent le premier ministre durant sa mission en Europe, M. Engen annonçait la création d'un prix Alcan pour le développement durable mais s'est bien gardé d'aborder ce dossier.
Les salles de cuves Soderberg de l'usine Arvida, dans le secteur Jonquière, étaient devenues désuètes, non rentables et ne répondaient plus aux normes environnementales. On savait déjà que la compagnie voulait en cesser l'exploitation mais l'échéance avait été fixée à 2014 ou 2015.
Hier, dans le cadre du Forum économique mondial — qui sert normalement à annoncer des investissements, pas des fermetures d'usines —, M. Charest a cependant appris de la bouche de M. Engen que les plans étaient changés et que les installations fermeraient «d'ici quelques mois». D'après la direction d'Alcan, la décision n'entraînera aucun licenciement, l'entreprise ayant prévu un programme de retraites anticipées et de formation pour aider les employés à se replacer ailleurs.
Un groupe de travail sera formé, dirigé par Yvon D'Anjou (vice-président d'Alcan Métal primaire), en vue de favoriser les projets d'investissements dans la région pour la deuxième et troisième transformation de l'aluminium. «Il y a des projets en gestation», a assuré M. Charest, qui a cependant refusé d'en dire davantage sur le sujet.
Colère
La Fédération des syndicats du secteur de l'aluminium (FSSA-TCA) qui représente les travailleurs de l'usine Arvida n'a pas caché sa colère hier. «Cette usine-là devait être remplacée par une plus moderne. Mais ils n'ont pas investi et aujourd'hui ils ferment les quatre salles de cuves en nous disant qu'elles ne sont plus productives», a fait valoir le président de l'association, Alain Proulx. «On les voyait venir. Dans le contexte de la fusion avec Pechiney, on se sentait menacés. On avait demandé à être rassurés. Aujourd'hui, on a la réponse.»
Pour sa part, le maire de Saguenay, Jean Tremblay a une nouvelle fois exhorté Québec à se doter d'une politique de répartition de l'emploi en région à l'image de ce qui se fait dans d'autres provinces, notamment l'Ontario et le Nouveau-Brunswick.
Par ailleurs, Alcan a confirmé hier son intention de conserver à Montréal son siège social, malgré l'achat récent de l'autre géant de l'aluminium, Péchiney.
Soucieux de donner un message d'espoir aux gens du Saguenay-Lac-Saint-Jean, M. Charest a indiqué, dans un autre ordre d'idées, que l'élargissement de la route 175 demeurait une priorité de son gouvernement.
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